Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 51. (Budapest, 1978)

SZIGETHI, AGNES: Un tableau inédit de Wouter Crabeth

n'est pas un caravagesque espagnol, mais français. Autant que l'on puisse ju­ger d'après les photos, sa manière renvoie nettement à Renieri. Le tableau à Amsterdam était tout certainement exécuté après le retour de Crabeth en Hol­lande, probablement dans les années qui suivirent son retour, vu que les sou­venirs d'Italie y sont encore très vivaces. La Scène pastorale à Anvers est marquée par un style tout à fait différent, par les scènes de genre décoratives de Honthorst. Toutefois, l'analogie des ty­pes avec ceux de Budapest, l'identité de certains détails, comme les mains d'une couleur brunâtre caractéristique, rendent probable la datation de ce tableau du début des années trente. Le peintre rentré, imbu de souvenirs italiens, s'ou­vre-t-il aux nouveautés et apporte-t-il son obole au style à la mode dans son pays? Cela se conçoit aisément à propos d'un maître d'esprit aussi ouvert qu' était Crabeth. Les Tricheurs (fig. 114) de Varsovie et de Berlin 3 * 5 figurent comme pendant dans la littérature, depuis Wurzbach, bien que les proportions qui ne sont pas absolument identiques et certaines différences dans le style des deux tableaux contredisent cette hypothèse. C'est à ce double caractère que se réfère Chud­zykowski qui voit dans le tableau de Varsovie une anticipation de Jan Steen. 37 Le tableau de Berlin montre nettement l'ascendant des oeuvres d'Utrecht de Baburen, comme en témoignent les types plus grossiers, plus populaires, le ton vulgaire, le maniement dynamique et sensuel des drapés, qui évoquent tous le style des oeuvres analogues au Fils prodigue du Musée de Mainz (fig. 115). Entre les deux Tricheurs, c'est le tableau de Varsovie qui doit être postérieur à l'autre, mais si en effet ce sont des pendants, la datation des années quarante me pa­raît trop tardive, car le tableau de Berlin est exécuté nettement dans le style des années vingt, d'une manière un peu tardive, certes, ce genre étant à la mode, au moment du retour de Crabeth, depuis presque une dizaine d'années. La pu­blication du Portrait de Groupe (Musée de Gouda) daté de 1644, aiderait à bien connaître le style de Crabeth dans les années quarante et sous cet aspect il se­rait également important de découvrir le tableau daté de 1641, au sujet inso­lite, représentant un guerrier mourant. Pour la chronologie, assez incertaine pour le moment, des oeuvres de Cra­beth, l'unique point certain, point de clôture, était le Portrait de Groupe de Gouda; nous en avons trouvé le pôle opposé avec le tableau de Budapest, un représentant du style de jeunesse, mais dont la datation ne peut pas être pareillement précise. La possibilité n'est pas exclue, sans pouvoir être dé­montrée, que Crabeth l'avait peint pendant son séjour en Italie. Les éléments artistiques qui s'y fondent permettent en tout cas de supposer que, si tant est que l'oeuvre fut exécutée après son retour en Hollande, c'était à la fin des années vingt, tout au plus à la charnière des troisième et quatrième décennies du siècle. Les conceptions chronologiques relatives à ses oeuvres sont modifiées par notre tableau dans le sens qu'il est impossible de délimiter chronologique­ment les compositions religieuses monumentales et les scènes de genre, 38 non ;>G Holläandische und flämische Gemälde des 17. Jahrhunderts. Staatliche Mu­seen zu Berlin. Berlin 1976. p. 25—26. :17 C h u d z y k o w s k i : op. cit. p. 374. 38 C h u d z y k o w s k i : op. cit. p. 379.

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