Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 51. (Budapest, 1978)

GERSZI, THÉRESE: Les antécédents du tableau de Jan Brueghel, Paysage rocheux avec saint Antoine, et son influence

(Francfort, Städelsches Institut), exécuté en 1561 (fig. 85)/* Du côté gauche des deux oeuvres on retrouve, avec quelque différence seulement, la cabane bâclée de bois et de paille, acculée au rocher, l'échelle adossée contre la cabane et devant elle, les troncs de bois et les instruments de bûcheron dispersés par terre. L'échafaudage en bois s'enfonce sur le dessin dans une cavité du rocher, sur le tableau, un peu transformé, il s'élève à partir d'une cavité souterraine. 5 A l'encontre du dessin, le côté droit du tableau est occupé d'une grotte creusée dans le flanc du rocher, et le paysage lointain ne s'ouvre devant le spectateur qu'à travers un « arco naturale ». La grotte rocheuse du côté droit est, elle aussi, un emprunt modifié de la cavité rocheuse du dessin de Dalem avec les motifs de la table ronde et des deux chaises basses et avec le personnage du moine qui cuisine près du feu, servant simplement à « étoffer » le tableau. L'art de Cornells van Dalem avait exercé une influence sur le jeune Jan Brueghel, ce qui ne se manifeste pas seulement dans des motifs empruntés mais aussi dans la volonté de créer le type de tableau reproduisant un frag­ment découpé du paysage vu de plus près. Ce type avait joué un rôle impor­tant dans les paysages du XVII e siècle, donc ses apparitions précoces méritent une attention particulière. Nous trouvons les premiers exemples du « Nah­landschaft » à la fin du XV e siècle chez les maîtres néerlandais du Nord (Geert­gen). Dans l'art flamand, à côté de Pieter Bruegel, Cornelis van Dalem eut des succès considérables dans ce domaine. Ses compositions représentant des paysages rocheux ou des cours paysannes ne sont pas closes du côté du spec­tateur, et les motifs lui sont rapprochés. Ses oeuvres auxquelles le spectateur est intégré plus qu'à celles de ses contemporains, ont un caractère de pionnier du point de vue de la présentation des différents motifs aussi, car elles sont d'un réalisme et d'une matérialité plus prononcés. Dans son art, Cornelis van Dalem s'appuyait fortement sur les performan­ces des paysagistes néerlandais du Nord. Déjà C. Sterling a avancé l'idée que son dessin précis et ses couleurs froides témoignent de l'influence des traditions hollandaises. Il a indiqué en outre que Jan Mostaert était le prédécesseur de Dalem dans la représentation des conditions primitives de la vie. 6 Outre les rapports formulés en général, on peut remarquer des rapports concrets entre les motifs dans le dessin de Francfort et dans le tableau de Bussum de Cor­nelis van Dalem d'une part et le tableau de Haarlem de Jan Mostaert de l'au­tre (fig. 84). Dans sa biographie de l'artiste, déjà Karel van Mander se réfère à ce tableau connu sous le titre de Scène de la conquête de l'Amérique (Haar­4 Cornelis van Dalem: Paysage rocheux avec la tentation de saint Antoine, des­sin au pinceau, parchemin. 275 x 419 mm. Francfort sur le Main, Städelsches Insti­tut. No d'inv.: 763. — Wink 1er, F.: Nachtrag zu Cornelis van Dalem. Jahrbuch der Preussischen Kunstsammlungen. 45, 1925. p. 255. 5 Le motif de la cave souterraine est présent, comme M. Klaus Ertz y a attiré mon attention, sur maintes oeuvres de Jan Brueghel, exécutées avant 1600, telles que: Orphée chante devant Pluton et Proserpine (Florence, Galleria Pitti, 1594), la va­riante de Dresde (1596) et de Budapest (1600) de l'Énée à l'Enfer, et le Christ aux Limbes (La Haye, Mauritshuis, 1597) qui témoignent également de l'influence de Dalem. 6 Sterling, C. : Cornelis van Dalem et Jan Wechelen. Studies in the History of Art. Londres. 1959. pp. 281—283.

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