Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 50. (Budapest, 1978)

MRAVIK, LADISLAS: Trois peintures de Paolo da Caylina

Il est bien plus malaisé d'élucider les rapports historiques de la troisième peinture que nous atrribuons également à Paolo da Caylina. Cette oeuvre se trouve dans un état fort déprimant, les déficiences de la couche des couleurs montrent que pendant un certain temps elle a été gardée d'une façon dilet­tante, pliée. Son thème est la Lamentation sur le corps du Christ,* 8 exécuté selon un schéma iconographique extrêmement rare (fig. 49 et 51). En général, les personnages permanents des Pietà sont, outre le Christ mort et la Vierge, Joseph d'Arimathie, Nicodème, Saint Jean l'Evangéliste et Marie Madeleine qui est aux pieds du Christ. Il va sans dire que les désirs du commanditaire, ainsi que les schémas compositionnels adoptés par les différentes écoles per­mettent certaines modifications, comme l'omission ou l'ajout de tel ou tel per­sonnage. Cependant, notre tableau montre de si grands écarts par rapport à l'arrangement généralement adopté que force nous est d'attribuer à cette pein­ture une fonction spéciale, différent de celle qui était généralement courante. L'examen des peintures de Brescia, contemporaines et ayant un thème ana­logue, offre la possibilité d'élucier cette question. Avant de procéder à cette analyse il faut s'arrêter sur la technique spéciale dont cette oeuvre est exécutée. Le maître a travaillé ici avec de la détrempe, sur une toile fine. Andor Pigler 19 en est arrivé à la conclusion que, à l'instar de l'oeuvre sur le même thème de Lorenzo Lotto, conservée à la sacristie de San Alessandro à Bergame et exécutée avec la même technique, 20 elle devait servir de bannière pour une confrérie. Cette constatation est corroborée par plusieurs peintures destinées aux mêmes fins et exécutées à la même technique; la plus célèbre parmi elles est peut-être la bannière, datée des alentours de 1514, de Vincenzo Foppa, peinte des deux côtés, conservée jadis à la Chiesa dei Morti d'Orzinuovi et à présent à la Pinaco­teca Tosio e Martinengo de Brescia. 21 Au début du XVI e siècle, à Brescia et ses environs, on n'utilisait la détrempe que rarement, à des fins déterminées, comme sur des orgues, des bannières, plus rarement sur des panneaux qui imi­taient l'effet des fresques. De ce point de vue il est intéressant de parcourir les oeuvres de Moretto da Brescia. 22 Dans la composition de Budapest, le centre compositionnel est nécessaire­ment le Christ avec la Vierge. Pour la conception de cette partie, l'auteur eut comme modèle la peinture de Vincenzo Foppa, la Lamentation (fig. 50) qui se trouva auparavant dans la chapelle Rossi de San Pietro in Gessate de Milan. 23 La figure du Christ sur chacune des deux oeuvres est caratérisée par le mouve­ment de son buste qui est tourné un peu plus que de coutume vers le spec­tateur, son bras droit retombe immobile, la tête s'incline en arrière, et la posi­tion des jambes, voire la solution des détails du corps sont presque entièrement identiques. Les différences sont très nettement qualitatives, l'oeuvre de Foppa a bien plus de valeur picturale. 19 Pigler, A. : op. cit. 95. 20 B a n t i, A. — B o s c h e 11 o, A. : Lorenzo Lotto. Firenze, s. d. 73. (vers 1517). — Ca nova, G.: L'opéra compléta del Lotto. Milano, 1975. 96. (Se fondant sur Pal­lucchini, il le date des environs de 1521). 21 W i 11 g e n s, F. : Vincenzo Foppa. Milano, s. d. 108. 22 Par exemple Gombosi, G. : op. cit. Verzeichnis nr 23, 29, 30, 42—45, 62 etc. 23 Sur cette oeuvre de Vincenzo Foppa l'étude qui reste encore la plus détaillée et la meilleure est Ffoulkes — Majocchi: op. cit. 195—202. Voir en outre Witt­gens, F.: op. cit. 105—106. L'autel date probablement des environs de 1495. Il est fait en peuplier, à la détrempe, 204 x 165 cm. Détruit en 1945.

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