Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 48-49. (Budapest, 1977)

KAPOSY, VÉRONIQUE: Dessins d'André Le Brun au Musée des Beaux-Arts

sée de Naples et représentant Dyonise qui rentre, enivré, accompagné de bacchants (fig. 124). Comme on voit, en copiant cette oeuvre, Le Brun n'était pas intéressé par le sujet, mais uniquement par un détail, un motif que, le cas échéant, il pouvait utiliser pour sa propre oeuvre. En effet, en espaçant les personnages qui se suivent, il a allongé le motif qu'il a entouré de plus d'air et qui, dans cette réinterprétation par notre artiste, pouvait bien se prêter à la décoration dans le goût classicisant d'un palais de la fin du XVIII e siècle. Il y a une certaine différence dans la reproduction des personnages aussi (par exemple, chez lui il y en a un de plus, et la ménade placée à la fin de la file se tient en face sur le relief). C'est que Le Brun avait vu le bas-relief en forme fragmentaire, avant d'être complété (fig. 123). 10 L'inventaire de la ., Fabrica di porcellana di Napoli", dressé en 1796. comporte une remarque à propos de ce relief: ,,fu ristaurato in Roma..." Selon d'autres sources, plus anciennes, depuis 1568 il était propriété de la famille Farnese, et se trouvait à la bibliothè­que du palais Farnese à Rome. 11 L'état fragmentaire du bas-relief avait donc offert une certaine liberté d'imagination à Le Brun, mais en outre, sa manière a plus de légèreté. Les mouvements des personnages sont plus vifs sur le dessin, et l'artiste les rend encore plus pittoresques en soulignant les plis des vêtements et ajoutant des manteaux flottants. Son tracé typiquement sculptural, la hachure à la sanguine de certaines parties des corps, les taches laissées en blanc, les ombres des personnages en mouvement, projetées en arrière, tout cela fait sentir non seulement le jeu du clair-obscur et la plasticité des figures, mais renforce aussi l'illusion du mouvement. C'est cette méthode qui, malgré la copie presqu'entièrement fidèle, transpose la scène antique au XVIII e siècle. A la Bibliothèque de l'Université de Varsovie, une des feuilles d'esquisse de Le Brun avait été exécutée, selon son inscription, à la „Villa dell'imperato o Lorti farneziane".' 2 Cela confirme que la copie conservée à Budapest y a été également faite, avant que, à la fin du XVIII e siècle, entre 1779 et 1796, le bas-relief fût complété et transféré à Naples. Sur le dessin de Varsovie nous voyons également le nom de Monaldi, ce qui montre que son intention était de lui donner les dessins faits à la collection Farnese, mais qu'ensuite il garda le nôtre. La grande tête faite à la sanguine, provenant de la collection Delhaes, rap­pelle les dessins typiquement académiques. Il représente le caudataire du pape pris au bas-relief d'Alessandro Algardi représentant Le Pape Léon F convain­quant Attila à se retirer, 13 se trouvant à la basilique Saint Pierre de Rome (fig. 126). Les statues d'Algardi étaient fort appréciées non seulement à Rome, quelques unes parvinrent jusqu'en France où son nom était si bien connu que le cardinal Mazarin l'invita à Paris. Il est par conséquent naturel que l'artiste français du XVIII e siècle, ancien boursier de l'Académie de France à Rome, étudiât profondément ce bas-relief célèbre dont il prit un détail, en guise de modèle académique, pour le copier. Notre dessin a pour ainsi dire un pendant 10 Schreiber, Th.: Die hellenistischen Reliefbilder. Leipzig, 1894. t. XXXIX. " H a u s e r, F.: Die neu-attischen reliefé. Stuttgart, 1889. 148, 191—192. 12 Sawicka, S. : op. cit. 93. Nr. 2. 13 No d'inv.: 2955, 559 x 427 mm. Hoffmann, E. : op. cit. No 38. Sur le dos, écrit par Le Brun: ,,Le Porte queu du Pape dans un bas relief fait par l'Algarde dessiné par André Le Brun sculpteur". La filigrane est identique à celle de la feuille précédente et à celle du dessin représentant une tête de Poseidon conservé à Varsovie. Sawicka, S.: op. cit. 93, II. 43 b.

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