Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 48-49. (Budapest, 1977)
GERSZI, THÉRESE: Le probleme de l'influence réciproque des paysagistes rodolphins
que, rarement présente chez Stevens, soit également due à l'influence des oeuvres de son collègue orfèvre. Stevens s'inspira aussi de l'art de Savery: il lui a emprunté certains motifs, et à quelques occasions il a utilisé ses solutions de composition. Nous avons signalé, déjà à propos du ,,Paysage forestier" de Dresde de Stevens, que le motif d'un ou de l'autre arbre au premier plan, avec la forme stylisée fantaisiste des branches et des racines, a apparu dans ses compositions sous l'influence de Savery. C'est probablement d'après ces motifs évoquant Savery qu'on attribue à Savery une feuille représentant un détail de forêt qui, autrefois, appartenait à la collection Lugt (Paris, Fondation Custodia, fig. 83). 17 Or, le dessin des feuillages dénote incontestablement Stevens, de même que le motif typiquement „saveryen", malgré le tronc d'arbre zoomorphique qui, du reste, est visible aussi sur un autre dessin de Stevens conservé à la Bibliothèque Nationale de Vienne (Handschriftensammlung, Atlas Bleu). 18 Nous mentionnerons encore, en tant que variantes des motifs du dessin de Paris, et en même temps qu'analogie de cette feuille, un dessin de Stevens qui se trouve à Rotterdam, d'après lequel Egidius Sadeler fit une gravure sur cuivre, 19 et une pièce d'une série de quatre feuilles, conservée dans le Ferdinandeum d'Innsbruck (fig. 84).-"' L'un des motifs favoris de Savery était le rocher figurant à l'avant-plan qui, avec sa structure intéressante, lui a fourni l'occasion de représenter des formes poussées à la bizarrerie. Le motif du rocher a, dans l'oeuvre de Stevens, joué un rôle moins important, or sur les deux feuilles de Budapest de Stevens il figure, sous l'influence des compositions de Savery comme thème principal. 21 Parmi les deux lavis c'est particulièrement la plume ici publiée (fig. 85) qui rappelle — non seulement quant au motif, mais aussi au point de vue de la découpure et de la composition —- les représentations de rochers de Savery (dans les collections de Berlin, de Dresde, de Hambourg, de Leningrad et de Paris), ou à côté des formes fantaisistes on observe aussi la recherche du réalisme en accentuant la plasticité et représentant suggestivement les surfaces de cassure. Nous pourrions continuer à énumérer les impulsions reçues des oeuvres de Savery et de Van Vianen et les motifs que Stevens leur a empruntés, mais tout ce que nous venons de dire suffit pour montrer nettement dans quelle mesure et dans quel sens les oeuvres de ces deux artistes ont influencé l'évolution de Stevens. Ce sont surtout les dessins de Van Vianen qui devaient jouer un grand rôle dans le fait que l'intérêt du maître, dont la conception était unilatéralement maniériste, se rapprochait, dès la première décennie du XVII e siècle, de plus en plus vigoureusement vers la réalité de la nature. Cet intérêt l'a conduit d'une part à la simplification de ses compositions, et d'autre part, par l'emploi des „Nahlandschaft", vers la représentation des motifs plus matérielle et plus fidèle à la nature. On peut supposer qu'il ait exécuté ses dessins 17 Détail de forêt. Plume, brun, aquarelle. 143 x 187 mm. N° d'inv. 1990. (comme l'oeuvre de Roelandt Savery). Paris, Fondation Custodia (collection Lugt) Institut Néerlandais. 18 F r a n z, H. G.: Meister der spätmanieristischen Landschaftsmalerei in den Niederländen. Jahrbuch des Kunsthistorischen Institutes der Universität Graz, 3—4. Graz, 1968 69. Pl. XXXV. fig. 51. 19 Z w o 11 o, A.: op. cit., 1968, fig. 214—215. L '" Paysage lacustre. Plume, brun, 141 x 189 mm. N° d'inv. 206. Innsbruck, Ferdinandeum. Tiroler Landesmuseum. 21 G e r s z i. T. : op. cit., nos du cat. 251, 252.