Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 46-47. (Budapest, 1976)

PASSUTH, CHRISTINE: Oeuvres de János Mattis-Teutsch au Musée des Beaux-Arts

leur douceur, sont étroitement liées aux dessins exécutés par Mattis-Teutsch à son ouevre théorique, la Kunstideologie parue en 1931 (fig. 90). 61 Les figures minces, mais tracées d'une seule ligne énergique reflètent au fond la construc­tion des statues, tout comme les silhouettes, tout juste indiquées par quelques taches blanches lâches, par des bandes de lumière blanches, qui illustrent ce livre et dont quelques unes'' 2 montrent une parenté très nette avec notre statue, la Figure féminine. La Kunstideologie parut en 1931, à Potsdam, chez l'éditeur avant-gardiste Kiepenhauer. Le livre offre, avec les idées qui y sont exprimées et les dessins, un genre de synthèse de l'oeuvre de Mattis-Teutsch. Tant pour le contenu que pour la présentation, c'est un livre de haut niveau. Il est passablement unique dans son genre, c'est que le texte et les illustrations sont accentués à titre égale, mais, autant que c'est possible, la partie artistique est encore davantage mise en relief. Son thème est la théorie de l'art, mais de point de vue ni didactique ni philosophique. Tout le livre est pénétré plutôt d'un humanisme tout particulier, d'origine expressioniste. Son thème presqu'exclusif est l'homme, le mouvement de l'homme, son évolution menant de la passivité à l'activité, de l'horizontal au vertical. C'est probablement l'oeuvre de Worringer: Abstraktion und Einfühlung' 13 qui a fondamentalement déterminé les vues de Mattis-Teutsch. Il devait égale­ment subir l'influence du livre de Herwarth Waiden, principal représentant de Sturm, paru en hongrois aussi, ,,La nouvelle peinture: l'Expressionisme".' 1 ' 1 Waiden a formulé les idées organiques, homo-centriques, de l'art moderne qui ont eu de l'ascendant à tant d'artistes. G;> L'homme, ses mouvements, son activité, sa force créatrice, en tant que sens suprême de l'art, est une idée centrale chez Mattis-Teutsch également. La Kunstideologie montre, peut-être, encore plus d'analogies avec les oeuvres théoriques des artistes du Sturm et du Bauhaus, de Paul Klee et de Kandinsky. Pour les deux, Mattis-Teutsch éprouvait une profonde sympathie. Les études de Klee „Pädagogisches Skizzenbuch" 111 ' et de Kandinsky „Punkt und Linie zu Fläche", devaient également influencer notre artiste. Klee part des éléments du dessin, tandis que Mattis-Teutsch de l'opposition de l'horizontal et du vertical ce qui, dans son interprétation, correspond à la position passive, de repos, et à la position active. Ce que Klee désigne comme mouvement, Mattis-Teutsch l'appelle activité. Dès le début du livre il illustre de figures son message en s'éloignant de plus en plus des principes didactiques vers l'idéal du salut de l'homme, du nouvel homme. Pour Kandinsky 1 ' 7 également, le but principal est 11 Mattis-Teutsch: Kunstideologie. 1931. Potsdam, Müller und Kiepen­hauer Verlag. 62 Op. cit. illustrations 36, 37, 44 et 49. 63 Worringer, W. : Abstraktion und Einfühlung. Munich, 1918. 11/1 Waiden, H. : Az új festőművészet: Expresszionizmus (La nouvelle peinture: Expressionisme). Budapest, 1924. 65 „Nous regrettons de causer du mal aux romantiques, mais l'art: c'est de l'ordre! L'art est aussi bien quelque chose d'organiquement ordonnée que n'importe quel être vivant de la nature. La circulation du sang signifie la vie de l'homme. Le mouvement articulé, le rythme est la vie de l'art. C'est le mouvement qui exprime la vie et l'art. La vie et l'art s'enracinent dans le mouvement intérieur." Waiden, H.: op. cit. pp. 13—14. Klee, P.: Pädagogisches Skizzenbuch, Bauhausbuch, Passau, 1925. (17 Kandinsky, W. : Punkt und Linie zu Fläche. Bauhausbuch, Passau, 1926.

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