Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 44. (Budapest, 1975)

KAPOSY, VÉRONIQUE: Une feuille de croquis de Pierre Bonnard

régulièrement dès 1891. C'est de ces dessins à l'encre de Chine qu'écrit John Kewald — qui, dans son livre, s'occupe en détails de l'art du dessin du maître — que Bonnard «est arrivé dans ses dessins à une telle fraîcheur et connaissance du métier, qu'on ne peut comparer qu'à la sûreté des lignes, exprimant l'essentiel, des Chinois et des Japonais». 6 Notre feuille de croquis est, même parmi les dessins exécutés au commencement des années 1890, digne d'attention. La feuille de Budapest joue un rôle particulier dans l'art de Bonnard. Parmi les motifs y visibles l'artiste a utilisé deux dans des tableaux à l'huile. Le petit tableau peint d'après le troisième croquis visible sur la feuille appartient à la Ga­lerie Pétridès de Paris (fig. 99). 7 Il a effectué sur le tableau certaines modifications ; par exemple il a rapproché un peu les jambes, et le bas que sur le dessin la femme tient dans sa main est posé sur le lit. Bien que les mains soient occupées à enfiler les bas, le geste du bras droit est le même. Il a conservé sur le tableau l'attitude du corps penché en avant, les mèches tombant dans les yeux, et la jambe au bas noir avec le pied tourné en dedans sont également identiques. Selon la signature le tableau fut peint en 1893. On rencontre le dernier motif inchangé sur le petit tableau, peint à l'huile sur carton, également en 1893, qui est conservé dans la collection d'Anette Vaillant )fig. 100). 8 Le modèle monte le genou un peu plus haut, et aussi ses bras se font-ils mieux valoir que sur le dessin. La peinture des draps du lit desquels s'élève la figure de femme avec les cheveux retombant dans ses yeux sont analogues à ceux qui sont visibles sur le cinquième croquis de la feuille. Anette Vaillant — fille d'Alfred Natanson — dans son livre mentionne que des souvenirs d'enfance la rattachent à ce tableau, 9 par conséquent il devait toujours être en la propriété de la famille. La connexion entre ces deux tableaux datés et la feuille de Budapest atteste qu'ils furent exécutés dans la même année. Pourtant, un tableau se trouvant dans une collection inconnue, que publie le catalogue raisonné des œuvres de Bonnard, nous amène à des conclusions supplémentaires. Le tableau publié sous le titre «Femme enfilant ses bas» (fig. 102), 10 a été peint également en 1893 et se rattache étroitement aux petits tableaux ci-haut étudiés. Il représente une femme s'appu­yant contre le lit et, penchée un peu de côté, lève un peu sa jambe en arrangeant son bas. Près du lit se trouve une petite commode surmontée d'une lampe; l'arrière­plan est mis en valeur par le papier peint de la pièce. Le modèle aux longs cheveux, le sujet du tableau, l'ambiance et la parenté des mouvements prouvent que Bon­nard désirait réaliser dans des tableaux l'idée de la femme faisant sa toilette dans plusieurs poses esquissées sur notre feuille. Sur les deux premiers tableaux il s'est tenu à l'esquisse, sur le troixième, cependant, il a créé une nouvelle pose. Une version plus récente du thème est visible dans le N° 2 de la deuxième année de l'Escaramouche, un hebdomadeire paraissant en 1893—94 — donc en janvier 1894 — est visible sur la litho intitulée «Femme en chemise» (fig. 103). 11 La femme en bas noir se préparant à faire sa toilette se tient debout devant le lit ; le geste de 6 R e w a 1 d, J. : Pierre Bonnard. New York, 1948. p. 29. 7 D a u b e r v i 11 e, J. et H. : op. cit., n° 44. 35 X 27 cm. 8 D a u b c r v i 1 1 e, J. et H.: op. cit., n° 46. 24 X 17 cm. "Vaillant, A,: Bonnard ou le bonheur de voir. Paris, 1965. p. 30., reproduit sur la p. 187. 10 D a u b e r v i 1 1 e, J. et H.: op. cit., n° 45; les dimensions ne sont pas publiées. 11 R o g e r - M a r X, Cl.: Bonnard lithographe. Monte-Carlo, 1952. n° 27.

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