Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 40. (Budapest, 1973)
KAPOSY, VÉRONIQUE: Dessins français du XVIIIe siecle au Musée des Beaux-Arts
nymphes. Les bacchanales étaient les thèmes favoris de l'artiste et on retrouve plusieurs de ces sortes de représentations dans la collection du Louvre également. 6La Rue les a composées comme des frises rappelant les bas-reliefs antiques, ce qui révèle sa conception sculpturale due à l'effet de son court séjour romain. 7 Parmi nos feuilles françaises du XVIII e siècle un lavis à l'encre de Chine figurant une statue de «Deux bacchantes» attire notre attention (fig. 63). 8 Les minces lignes de contour délimitant nettement les devrx figures, le lavis soulignant l'effet de la lumière et de l'ombre et rendant en môme temps les formes plastiques, le dessin précis du socle, et non en dernier lieu la projection de l'ombre du groupe de statue — bien visible à l'arrière plan — révèlent que ce n'est pas d'un projet de statue que nous sommes en présence, mais de la représentation peinte d'après une oeuvre exécutée. A côté du socle on lit la signature jusqu'à présent ignorée «J. M. Mo. 17(34». Jean-Michel Moreau, alias Moreau le Jeune (1741 — 1814) écrite avec la même couleur que le lavis, qui est sa signature caractéristique. On rencontre aussi sur d'autres oeuvres de l'artiste les deux types de la lettre M, l'abréviation individuelle du nom de famille (Mo.), les mêmes lettres et chiffres (fig. 64). 9 Notre feuille n'appartient pas aux dessins virtuoses si caractéristiques de l'ère de gloire de l'artiste rococo portait le titre donné par le roi : «dessinateur des menus plaisirs». Il dénonce plutôt une observation objective et un effort de reproduire précisément l'objet, ce qui découle nécessairement du caractère du dessin fait d'après la statue ou en vue d'être une copie. Pourtant, les minces lignes de contour, le froid lavis gris, la manière de dessiner les plis de la robe tantôt flottante, tantôt moulant les formes du corps, sont apparentés aux oeuvres tardives classicisantes de Moreau. 10 Les figures sveltes aux mouvements légers, les charmants visages piquants ne rappellent pas les personnages de Moreau, mais ceux de Claude Michel alias Clodion (1738—1814), sculpteur français très populaire. Le fait que c'est une oeuvre de Clodion qui servit de modèle au dessin de Moreau exécuté en 1704, se trouve justifié par sa confrontation avec une statue analogue sculptée presque dans le même temps. Le groupe en terre cuite intitulé «Satyre avec deux bacchantes» conservé dans la collection Frick de New York, est l'oeuvre de Clodion exécutée en 1766 à Rome (fig. 62). 11 Non seulement les proportions des figures, les formes tendres des corps, 6 G u i f f r e y, J. — M a r c e 1, P. : Inventaire général des dessins du Musée du Louvre et du Musée de Versailles. École française, VII. Paris, 1912, N° 5665 — 95. 7 T h i e m e, LT. — Becker, F.: Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler. XXII. Leipzig, 1928, p. 401. Il était élève du sculpteur L. S. Adam, en 1749 et 1750 il remporta un prix, pendant un temps bref il fut à Rome, sous la direction de Nat cire, boursier de l'Académie Française de Rome, mais tombé malade il retourna, en 1755 à Paris. L a p a u z e, H. : Histoire de l'Académie de France à Rome. Tome I, Paris, 1924, pp 257 272. 8 N d'inv. 2988, 212 X 145 mm. Dans la collection Esterházy il était attribué à Bcuchardon, et au Musée il a figuré comme un projet de statue de L. F. de La Bue. 9 Le costume de Thoas dans l'opéra de Gluck, 1' Iphigenie en Tauride, datant de 1 7S1. Plume et aquarelle, 220x 115 mm. Dans une collection particulière en France. Signé à gauche en haut. Malgré les couleurs en aquarelle, le style du dessin est apparenté à celui du dessin de Budapest. H u i s m a n, H'.: L'aquarelle française au XVIII e siècle. Fribourg, 1968, pp. 70-71. 10 Par exemple, Le départ des Athéniens, plume et lavis datant de 1796. Alençon, Musée des Beaux-Arts. V i a t t e, F.: Alençon, dessins du musée des Beaux-Arts. Bévue de l'art, 1971. N° 14, pp. 96- 97, N° 8. 11 P o p e - H e n n e s s y, J. - Bad c l i f f e, A. F. : The Frick Collection. Vol. IV. Scuplture. New York, 1970, pp. 98- 101. Signé: «Clodion. M. in Borna. 1766».