Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 39. (Budapest, 1972)
GARAS, CLAIRE: Les oeuvres de Gianbettino Cignaroli et de Pietro Rotari en Hongrie
les comtes Esterházy, plus exactement József Esterházy (-1-1754) et son fils ( + 1762). La notice de Cignaroli parlant de la commande «per il conte Estherasi» indique nettement la lignée des comtes de la famille, et non celle des princes, mieux connus en tant que mécènes et collectionneurs d'oeuvres d'art. Nous n'avons jusqu'à présent pas encore réussi à retrouver dans les documents aucune donnée relative à la date de l'exécution du tableau, toutefois les marques du style nous invitent à penser à la période tardive de Cignaroli, donc à la fin des années 1750 ou au début des années 1700. La composition est inusitée et la représentation est assez différente des types de l'Immaculée bien connus. Dans le champ étroit se terminant par un cintre on voit en haut la Vierge assise sur un nuage, inclinée en avant avec une douce humilité et tournée vers la colombe du Saint-Esprit qui se pose sur sa main. Au-dessus de sa tête un chérubin aux ailes déployées tient une couronne d'étoiles, à droite deux autres anges tiennent hautement levé le manteau bleu de la Vierge. A gauche, sous l'énorme disque solaire luisant un génie au torse nu tient vers la Vierge un miroir, à l'avant plan en bas un ange représenté de dos dans un vigoureux raccourci tient un drap blanc.5 A droite le globe terrestre, le croissant de la lune et le serpent écrasé par la Vierge et tenant dans sa bouche la pomme du péché originel terminent la représentation riche en motifs allégorico-symboliques. Bien que quelques éléments de détail figurent dans une manière semblable sur d'autres compositions de l'Immaculée de Cignaroli, nous n'avons trouvé les analogies de la composition ni dans son oeuvre ni dans celui de ses contemporains. Sur le tableau de l'Immaculée peint par Cignaroli en 1754 pour Leno près de Brescia et en 1702 pour Bologne (passé plus tard à Madrid) ; la scène est représentée dans une manière en l'essence traditionnelle, sans les personnages allégoriques et sans la colombe du Saint-Esprit. 26 Il n'y a que l'énorme croissant, la niasse des nuages de laquelle pend, comme d'une barre, le bord du manteau de la Vierge, et les angelots aux formes rondes, qui montrent une certaine ressemblance avec le tableau d'autel de Tata (fig. 71 et 73). Les types de visages et les figures se répètent par ailleurs, aussi sur d'autres tableaux de Cignaroli, par exemple, sur le tableau d'autel de Montegaldella, représentant le Martyre de Sainte Eurosie et de Sainte Irène, où nous rencontrons le type de la Vierge de l'Immaculée (fig. 09 et 72). Une autre oeuvre qui, à notre avis, peut être attribuée à Cignaroli, se trouve dans la collection Bedő de Budapest (fig. 74). Le tableau représentant la Mort de SaintJoseph, et provenant du legs de Miklós Széchenyi, évêque de Győr et de Nagyvárad, n'est pas inconnu dans la littérature d'art. A la vente de Budapest, ayant eu lieu en 1924, il a figuré sous le nom de Tiepolo. Andor Bigler l'a catalogisé comme l'oeuvre d'un maître de l'Italie septentrionale ou tyrolien, mais il a été attribué aussi à Giovanni Battista Pittoni.7 Le tableau qui présente les marques du style apparentées à celles de la peinture vénitienne, mais qui ne peut pourtant pas être intégré 25 Selon la communication orale de M. Andor Bigler, le drap cpie tient le génie dans la partie inférieure du tableau est éventuellement la toison de Gideon . Ce motif", tout comme le miroir, le serpent, etc. est un élément traditionnel de la symbolique mariale. 26 Dans l'album de croquis de Milan de Cignaroli (Bibliothèque Ambrosiana), l'esquisse N° 321 est faite pour le tableau de l'Immaculée de l'autel de Leno, le N° 375 pour Bologne, «poi portato a Madrid», et le N° 162 est l'esquisse d'un tableau d'autel de location non déterminée. 27 Budapest, collection de Rudolf Bedő, huile, escpiisse, 54x69 cm. Auparavant dans le legs de Miklós Széchenyi, évêque de Győr et de Nagyvárad. Vendu aux enchères à Budapest, Vente du Musée Ernst, 1 924, XXVII, N° 979 ; P i g 1 e r, A. : Barockthemen, op. cit., 1, p. 438. — Régi mesterek magyar magántulajdonból. Kiállítás katalógusa (Maîtres anciens dans les collections jjrivées en Hongrie. Catalogue). Budapest, 1946, p. 17, X TO 74. Fenyő; L: Zur Kunst Giovanni Battista Pittonis. Acta Históriáé Artium 1, 1954, p. 294, fig. 21 (d'un peintre vénitien, mais non Pittoni).