Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie

panneaux de Solibes ayant été vendus aux enchères, en 1939, à Budapest, on peut présumer que le retable d'r^spalargues fut vendu lui aussi avant la deuxième guerre mondiale. Le panneau a depuis disjjaru, et malheureusement nous ignorons son sort ultérieur. En 1946, cependant, a apparu une prédelle très caractéristique d'Espalargues (fig. 25), qui fut acquise en 1933 à Vienne, à la vente du Dorotheum, et qui se trouve depuis dans une collection privée de Budapest, 84 où elle fut exposée pour la première fois en 1946, à l'exposition intitulée «Maîtres anciens en propriété privée hongroise», organisée au Musée des Beaux-Arts. 85 Sur le petit panneau ce sont en premier lieu les types de l'Enfant et de la Vierge qui accusent une parenté avec les tableaux d'Espalargues. Tout comme la «Vierge en Majesté», ce tableau se rattache lui aussi intimement au grand retable qui a passé de la collection Cuvas de Barcelone à la Hispanic Society de New York et qui, primitivement, se trouvait à Enviny. 86 Le visage de l'Enfant de la «Nativité du Christ» sa coiffure, le geste maladroit de sa main levée, le dessin de l'édifice en briques dans le fond, les carreaux à l'avant-plan et la vue s'ouvrant derrière la tête de Saint Joseph sur un paysage rocheux, sont tellement apparentés aux oeuvres da ce peintre que si le panneau de la Hispanic Society, figurant l'«Adoration des Rois Mages» n'était pas plus riche en détails que les panneaux de la prédelle de Budapest, nous pourrions supposer que nous ayons affaire aux parties du même retable. Par contre, si nous comparons le panneau provenant du couvent de Sijena aux scènes de la «Nativité du Christ» et de la «Mort de la Vierge», on pourrait bien s'imaginer — surtout d'après la ressemblance des cadres d'un riche décor gothique — que les deux tableaux aient fait partie du même retable disparu. Puisque le panneau central haut de 121 cm qui, sans aucun doute, était encadré de chaque côté d'au moins de deux panneaux, le retable sans cadre devait être haut d'environ 240 cm. Prenant en considération que la prédelle est large de 110 cm, il est vraisemblable qu'elle ait occupé la moitié du retable, et qu'au centre ait appartenu un tabernacle large d'environ 56 cm. Ces dimensions étaient habituelles dans l'atelier d'Espalargues, étant donné que la pré­delle du retable provenant d'Enviny mesure 55 cm, et les portes du tabernacle 25 -{-26 cm, 87 donc les proportions sont analogues à celles de la prédelle de Budapest constituée de deux parties. En dehors de celui de New York, on peut reconstituer le retable en prenant pour modèle le polyptique datant de la seconde moitié du XV e siè­cle que nous attribuons à Espalargues (fig. 26) et qui se trouve dans une église de Le­rida et dont le panneau central représente également la Vierge en Majesté tenant l'Enfant. Devant elle se tient agenouillée sur un pavement carrelé la donatrice, une religieuse. De la main de l'Enfant part un phylactère qui encadre la religieuse. La partie supérieure du retable se termine par le «Calvaire», à gauche on voit l'«Annon­ciation», et sous elle la «Visitation» ; à droite en haut, 1'« Adoration des Rois mages», en bas la «Nativité du Christ», et sur la partie inférieure différents saints masculins et 84 «La Nativité du Christ et la Mort de la Vierge». Bois, 69 X 110 cm. Acquise à Vienne, à la vente du Dorotheum, le 30 no v., I —2 Dec, 1933. N° 33, pl. i. Il fut vendu avec la mention «Nordspanischer Maler um 1480: Die Geburt Christi und der Tod Mariae. Laut Expertise von Wilhelm Saida dem Kreise der Künstlerfamilie Vergos zugeschrieben». 85 «Peintre espagnol, vers 1480, avec référence au catalogue de la vente du Dorotheum, sous le n° 89. Mme Claire Garas a, déjà ajorès l'exposition, soulevé (oralement) l'identité de son maître avec Espalargues. 86 Cf. G a y a Nu n o, J. A. : op. cit., n° 674. Les autres parties du retable (la prédelle et les portes extérieures du tabernacle) sont au musée de Philadelphie. 87 Ibid., n ÜS 675-680.

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