Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie

Dans le catalogue alphabétique de la Galerie de Lukács Enyedi, rédigé par Gábor Térey, le panneau figure sous le titre: «Prédelle avec quatre saints». Sainte Lucie et Nicolas de Lyra sont correctement identifiés, du deuxième personnage il écrit que c'est un saint moine et du quatrième qu'il est le pape Alexandre IV. 11 re­marque que le tableau fut acheté à Madrid et note l'opinion du professeur Aug. L. Mayer (Munich): «Sehr massige Arbeit, vielleicht Valencianer Arbeit».­4 Dans l'Annuaire de l'année 1920 du Musée des Beaux-Arts il est mentionné parmi les nouvelles acquisitions de 1919 comme «Artiste primitif espagnol: Diptyque avec quatre saints». 25 Dans le catalogue récent, paru en 19(57, il figure avec la mention: «Peintre espagnol, vers 1500: Quatre saints». Les personnages représentés sont là Sainte Lucie, Nicolas de Lyra, un moine et le pape Alexandre V. 26 La raison pour laquelle nous avons parlé si amplement des personnages du tableau est que l'identification des trois hommes figurant sur la prédelle n'est de loin pas unanime, malgré que le peintre, en ajoutant son attribut, ait nettement indiqué la personne de Sainte Lucie, et que le phylactère nomme le deuxième et le quatrième personnage NICOL AUS DE LIRA et PPA ALEYANDE. Tout d'abord, Nicolas de Lira, auteur ecclésiastique, dont le nom devint célèbre par ses exégèses («der berühmte Exeget und Postillenverfasser») 27 n'était pas un saint, par consé­quent la gloire formée de rayons qui entoure sa tète ne lui était pas due. Selon cer­tains auteurs, ses exégèses déviaient de la conception orthodoxe, et il existe un pro­verbe 28 qui indique que les exégètes et réformateurs protestants se sont, tout comme Luther, conformés à ses doctrines. Par contre, le moine franciscain Gemelli, dans une autre rédaction du proverbe insiste sur l'importance de ses tendances réformatri­ces: Si Lyranus non lyrasset, totus mundus délirasse!. 29 Nicolas de Lyra naquit dans le seconde moitié du XIII e siècle à Lyra, en Nor­mandie, et entra dans l'ordre des Franciscains en 1291 ou 1292. Il est mentionné comme commentateur de l'Ecriture Sainte et comme professeur à la Sorbonne, car son ouvrage (Postillae perpetuae in universam Sacram Scripturam et Repertórium super Bibiliam) a un caractère de vulgarisation et d'information. Son habillement justifie lui aussi qu'il était un moine franciscain. Le personnage suivant, représenté également avec une gloire rayonnante incisée, porte un costume de moine identique à celui de Nicolas de Lira. L'inscription ESCO du phylactère qu'il tient est sans doute un fragment : le fin décor floral et les contours remaniés des doigts indiquent que lors d'une restauration très ancienne les restaurateurs ne purent déchiffrer le texte entier. Le personnage représenté porte un bonnet curieux dont on ne ren­contre les analogies que dans le dernier quart du XV e siècle, en Castille (sans doute aussi dans d'autres régions de l'Espagne habitées par des chrétiens). Mme Carmen Bernis appelle ce bonnet carmenola et publie le document daté de 1489, selon le­quel dans le programme du monument funéraire de Don Alvaro de Luna, enterré dans la cathédrale de Tolède, a figuré «... una carmenola en la cabeza e un rico 24 T c r e y, (L: Az Enyedi Lukács féle képtár leíró lajstroma ( Catalogue de la ga­lerie de Lukács Enyedi). Manuscrit conservé dans la bibliothèque du Musée des Beaux­Arts, n° H 165, p. 66. Rédigé en 1922 — 23. Selon le catalogue de l'exposition de 1902, 69 X 33 cm, dans l'inventaire 41 x62 cm. N d'inv. 5421. 25 Az O. M. Szépművészeti Múzeum Evkönyvei (Annuaires du Musée Hongrois des Beaux-Arts). Budapest, II. 1920, p. 81. 2,; L i g 1 e r, A . : Katalog der Galerie Alter Meist er. Budapest, 1967, p. 655. Détrempe. «Lärchenholz ; mit dem ursprünglich, teilweise ergänzten Kähmen 42x83 cm; jede der beiden Bildflächen 36x32,5 cm.» 27 Cl. W e t z e r und Weite's Kirchenlexikon. Freiburg in Breisgau, IV, 1886. 28 «Sc Nicola us non lyrasset, Lut herus non salt asset ». 29 G e m e 1 1 i, P. : Franciskanizmus. Budapest, 1 933, p. 1 24.

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