Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 34-35. (Budapest, 1970)
POGÁNY — BALÁS, EDITH: Remarquessur la question des antécédents et de la survivance des motifs de quelques gravures de Marcantonio Raimondi
REMARQUES SUR LA QUESTION DES ANTÉCÉDENTS ET DE LA SURVIVANCE DES MOTIFS DE QUELQUES GRAVURES DE M ARC ANTONIO RAIMONDI L'influence que les gravures de Marcantonio Raimondi avaient exercée jusqu'à l'époque contemporaine sur nombreuses peintures et sculptures, était connue déjà à Thode. 1 Cette influence, cependant, n'est pas encore précisée d'une manière satisfaisante. Par ces gravures amalgamant les éléments de l'art antique et les tendances de l'art de l'époque le maître devint l'intermédiaire du nouvel idéal de la forme. Une feuille typique de ce genre est l'«Allégorie» une oeuvre de jeunesse exécutée dans sa période bolonaise (Bartsch 300, - fig. 93). 2 Cette gravure fut exécutée à Bologne, dans l'atelier de Francesco Francia, et considéré son paysage de fond, encore avant la gravure représentant Pyrame et Thisbé et portant la date de 1505, sur laquelle le paysage présont o déjà des traits dû reriens. L'«Allégorie» ne porto pas les caractéristiques de la technique que Raymondi a apprise des feuilles de Dürer. Les traits du burin sont plats, sans rondeur, et on y découvre ici et là même des fautes de dessin. Au centre de la gravure en question se tient sur un socle rond un jeune homme nu, tenant dans sa main droite levée une torche allumée. Un examen approfondie de la femme debout à sa gauche et tenant un miroir (fig. 95) permet de voir en elle la figure de la Femme nue (Venus?) du tableau de Lorenzo Costa conservé au Musée des Beaux-Arts de Budapest (fig. 96). 3 Le type de tête caractéristique, le visage encadré de cheveux lisses partagés au milieu et retombant en boucles sur les épaules accusent non seulement une parenté entre les deux figures, mais attestent aussi que c'est le môme dessin fait d'après la même figure qui dut servir de modèle à tous deux artistes, et qui sur la gravure est représentée en contre-partie. L'attitude droite et tranquille, le geste de la main tenant la draperie, la disposition du mince voile, la forme du buste et la statique de l'attitude lourde — l'essence de la forme de toutes deux figures — témoignent indubitablement que c'est à Costa que Raimondi avait emprunté la composition. 4 Néanmoins, quelques différences dans les 1 T h o d o, H.: Die Antiken in den Stieben Marcanton's. Leipzig, 1881, p. 25. 2 Allégorie (Allégorie de la vie humaine. Jeune homme au brandon.) Bartseh (XIV) 360. - Deiaborde 160. - N° d'inv. 5591, 272 X 375 mm. Signé d'initiales. ;i Lorenzo Costa: Femme nue (Vénus ?). Peuplier, 174X 76 cm. N° d'inv. 1257/124. P i g 1 e r, A.: Katalog der Galerie Alter Meister. Budapest, 1967, p. 156. 4 Oberheide mentionne, d'après Jebens, Botticelli en tant qu'antécédent de la figure de foi nme tenant on miroir, ce qui correspond à la const ation de l'iglor relative a la Vénus de Costa ( P i g 1 e r, A. : op. cit., p. 156). Les historiens qui s'occupent de la gravure relèvent en premier lieu l'influence de Francesco Francia, et c'est l'influence de Ercole Robert i et de Signorelli que démontre Ober h e i d o, A.: Der Ein f loss Marcantonio Raimondis auf die nordische Kunst des 16. Jahrhunderts. Hamburg, 1933, p. 88; Bernoulli et Schmidt insistent sur l'influence de Lorenzo Costa, sans toutefois signaler la liaison de la feuille avec la Vénus de Costa. Bernoulli, R.: Die Kupferstiche von Marcantonio Raimondi. Zürich, 1933; S c h m i d t, H. W. : Thieme-Becker, Künstlerlexikon, XVII, p. 575; — Outre l'influence de Francia, P e t r u e c i (Bollettino d'Arte, XXXI, 1937, p. 38) relève celles de Mantegna, de Timote Viti et de Jacopo Ripanda.