Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)

LEVÁRDY, FRANÇOIS: Abraham et les trois anges

Kalocsa. 3 Selon Foerk, c'est de Pées que la sculpture dut passer dans la collection de l'archevêque Kunszt. Radocsay détache la sculpture des ateliers de Kalocsa, il la considère comme une oeuvre importée, mais c'est justement par son caractère de fragment de monument funéraire qu'il désire expliquer son origine étrangère. Le relief est le fragment d'une sculpture oblongue de format allongé (fig. 28). Le champ de sa partie centrale, reposant sur des colonnes et se terminant en haut par une ligne cintrée, est occupé d'une composition figurée. Le champ pictural con­stitue les trois cinquièmes de toute la sculpture. Le caractère symétrique de la sculpture ne fait point de doute et nous permet de constater que le champ se ter­minant par un plein cintre et limité de colonnes a été encadré des deux côtés d'une plaque ornée de rinceaux enrichis de figures animales, et que se sont également des motifs végétaux et animaux qui ont rempli aussi les espaces triangulaires se trou­vant à droite et à gâche au-dessus du tympan. Sur la dalle de pierre fragmentaire sont visibles deux figures: une figure d'homme barbu sans auréole, un peu incliné se tenant dans une attitude humble, et à côté de lui, dans une position frontale, un homme barbu auréolé. Derrière l'épaule droite de l'homme vêtu d'une robe richement drapée et se tenant tout droit on voit une aile droite, et c'est également le fragment d'une aile droite qu'on voit derrière le bras gauche de la figure d'homme. Le visage barbu est ceint d'un nimbe lisse (fig. 29). Si, à partir de la naissance de l'arc, nous reconstituons correctement le cintre limitant en haut le champ pictural, nous obtenons un champ un peu plus étroit que celui de la reconstitution de Radocsay, et sur lequel il y a place pour quatre figures. Le point cardinal de l'interprétation de la scène constitue la figure ailée et auréolée de l'homme barbu. 4 Pour commencer, il faut préciser que la figure ne peut représenter le Christ. Le Christ ailé n'était représenté que dans des cas tout à fait spéciaux et dans un cercle iconographique absolument particulier. Le personnage se tenant sur le côté gauche de la scène n'étant pas auréolé, rien ne nous invite à songer à l'apôtre Saint Thomas. A part cela y manquent le geste du Christ montrant ses plaies et le geste de main caractéristique de «Thomas l'incrédule» qui veut s'assurer de ses doutes au toucher. Nous exluerons donc de nos examens l'explication iconographique qui indiquerait l'apôtre incrédule. Pourrait-on voir dans la scène la rencontre de l'apôtre Pierre libéré de sa pri­son et de l'ange? Le visage barbu de l'homme ailé représenté sans auréole contredit à cette interprétation. La scène ne pourrait être identifiée avec la charmante lé­gende de «Quo vadis» pas non plus. Du reste, cette scène n'apparaît qu'au XIII e siècle, dans les représentations religieuses à la suite d'une oraison de Saint Ambroi­se dans laquelle il évoquait la légende d'origine gnostique. Notre sculpture ne peut donc être identifiée avec cette scène pas non plus, car l'ange conduit de la prison l'apôtre libéré de sa captivité à Jérusalem, dans chaque cas en le tenant par la main. 5 3 E n t z, G. : Les pierres sculptées de la cathédrale de Kalocsa. Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts, n° 28, 1966, pp. 31-56. 4 Sur les représentations d'anges barbus, mettant en relief leur caractère masculin v. D o e r i n g, O. — LI a r t i g, M.: Christliche Symbole. Freiburg i. B., 1940, p. 94. Cf. en plus M e n a c c i, G.: Gli angeli nelParte. Firenze, 1902. — Schreyer, L. : Bildnis der Engel. Freiburg i. B., 1939. 5 R é a u, L. : Iconographie de l'art chrétien, Paris, 1958.

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