Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)

SZILÁGYI, JEAN GEORGES: Un probleme iconographique

du I er siècle av. n. è. Ce type montre la déesse sans manteau, vêtue seulement du chiton descendant jusqu'aux chevilles. Bruneau a conclu de l'absence du manteau que le motif original, conservé sur ce type, selon lui le plus ancien, était Isis qui s'en sert de son propre manteau comme voile, exprimant par cela qu'elle apparaît ici comme l'inventeur de la voile. D'après cela le manteau ne serait qu'une adjonc­tion dépourvue de sens des copistes. L'une des difficultés à laquelle se heurte cette conception est que sur le bas­relief en marbre de Thasos 31 — la représentation peut-être la plus fine du type d'Isis en question — on distingue nettement le manteau de la déesse, et que le manteau existe également sur les monnaies alexandrines. Si l'interprétation proposée pouvait être considérée comme absolument justifiée, l'autre argument opposé serait fourni par la statue même de Budapest. Il est de toute façon incontestable que sur les monnaies les représentations du manteau montrent de grandes différences: cette incertitude, le manque d'une tradition rigoureuse, pourrait être bien expliquée si elle était due au motif de la statue originale servant de modèle. Mais, pour le moment il est difficile de décider quel était ce motif: l'absence du manteau sur la figure de femme ou éventuellement la manière de le rendre collé au corps et ne laissant libre qu'un coin de celui-ci, tel que le montre la statue de Budapest. Ce n'est que la découverte d'autres pièces analogues qui pourrait apporter une certitude et donner une réponse à la question de savoir en quoi la statue de Budapest peut être considérée comme une copie précise, et quelles étaient les modifications eventuelles effectuées par le copiste pour conformer la composition originale au goût de son client romain, ou bien à quelque demande pratique. Si on pouvait en quelque sorte rendre probable que la statue de Budapest re­présente en effet Isis — pour le moment on ne pourrait guère dire davantage — on doit attribuer une certaine importance aussi aux données relatives à sa découverte. C'est d'une villa de Posillipo, près de Naples, eme la statue a passé dans la collec­tion Hartwig, il est donc assez vraisemblable qu'elle ait été mise au jour à Naples ou dans les environs de Naples. Le culte d'Isis Pelagia se rattachait par sa nature, en premier lieu à des ports, 32 mais ce culte eut un fond politique et religieux, aujour­d'hui déjà clairement retracé, auquel il devait son appui officiel à l'époque impériale. 33 Il est cependant indiscutable que dans la réception en Italie des dieux égyptiens, et tout particulièrement d'Isis, ce sont, en dehors de Rome, Naples et les villes envi­ronnantes (Pompéi, Herculaneum, Puteoli, Stabiae) qui durent avoir un rôle do­minant. 34 Si quelque part, à côté de Rome et d'Ostie, c'est à cet endroit que nous 31 Bruneau II, pp. 301-302 et fig. 1. Cl. Rolle y (BCH 92, 19G8, p. 198 et note 1) date le relief conditionnellement duII e siècle de n. è., mais cette datation repose, à ce qu'il paraît, en premier lieu sur la reconstitution, supposée par Bruneau, de l'histoire du type. 32 B r u n e a u I, p. 445 33 V. sur ce sujet la synthèse récente des recherches poursuivies pendant plusieurs dizaines d'années par A. Alföldi: Die alexandrinischen Götter und die vota publica am Jahresbeginn. Jahrb. f. Antike u. Christentum 8-9 (1965 — 66) pp. 53 et suiv. (sur Isis Pharia surtout pp. 64—65). 34 V. sur ce sujet récemment la monographie de V. Tran Tarn T i n h : Essai sur le culte d'Isis à Pompéi. Paris, 1964 (sur le rôle dominant des villes des environs de Naples: pp. 25 — 29); sur les représentations de Pompéi: K. S c h e f o 1 d : Vergessenes Pompeii. Bern-München, 1962, en particulier pp. 28-33 et 197 — 202. Sur les rapports entre le culte d'Isis de Délos et de Campanie, particulièrement importants du point de vue de ce que nous venons de dire v. Tran Tam T i n h, op. cit., pp. 17—18. Malheureusement, je n'ai pu obtenir les livres de J. B a e c h 1 e r (Recherches sur la diffusion des cultes Isiaques en Italie, Diss. Strasbourg, 1960) et de P. F. T s c h u d i n (Isis in Rom, Diss. Aarau, 1962).

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