Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)
GARAS, CLAIRE: La collection de tableaux du Château Royal de Buda au XVIIIe siecle
La collection de tableaux d'Ambras a été fondée au XVII e siècle par Ferdinand-Charles archiduc du Tyrol qui avait acquis la plupart des tableaux à Florence où il séjourna avec son épouse Anne de Médicis, à la cour toscane. Après sa mort survenue en 1062, la collection passa en la possession de l'archiduc SigismondFrançois, en 1663 elle fut transférée d'Innsbruck à Ambras, et c'est alors que fut dressé un inventaire détaillé des tableaux. La liste manuscrite jusqu'ici inédite est dans l'essentiel conforme aux inventaires de 1719 et en partie à celui de 1773, aussi contient-t-elle les mêmes désignations : 34 N° 193 «Ein langelete Landtschaft in einer vergulten Ram, darinnen ein zerfallenes Gebey, und kleinen Schiffen samt etlichen Figuren von Salvator Rosa Xeapolitaner. N°. 195 Mehr ein Landtschafft in einer langeleten vergulten Ram, darinnen ein grosser Felsen, darbey zween Hirten mit etliche Rindern, original von Salvator Rosa». L'inventaire fut dressé du vivant de Salvator Rosa, et les tableaux sont mentionnés par Baldinucci dans sa biographie de Rosa. Il relate que le peintre avait exécuté un «Adonis» pour son ami Francesco Cordini, ainsi que «in un tondo di mezze figure quanto il naturale, un Eraclito e Democrito; ancora pel medesimo due con veduta di marine: e finalmente altri cinque quadri piccoli parte di paesi, e parte di teste, fatte ad imitazione di manière di pittori antichi: le quali tutte opère dopo averle molti anni godute, venendo chieste alio stesso Cordini dalla gloriosa memoria del serenissimo Arciduca Ferdinande- Carlo d , Austria, furono del medesimo concedute in vendita a quella Altezza per prezzo di ottocento scudi, che tanto furono da Monsu Giusto Subtermans, e da Mario Balassi stimate». 35 Rosa lui même parle de cette transaction, ainsi il n'est guère douteux que les tableaux achetés à Florence par l'archiduc Ferdinand-Charles et enregistrés dans l'inventaire d'Ambras; l'«Héraclite et Démocrite», les deux marines, et les petits tableaux qui, aujourd'hui, ne sont plus identifiables, soient en effet les œuvres de Salvator Rosa. Le tondo des deux philosophes a passé à Vienne en 1806, et von Sacken 36 le mentionne, encore en 1855, dans la collection d'Ambras installée au Belvedere inférieur. Il se trouve dès ce temps dans le dépôt du Kunsthistorisches Museum. (n°d'inv. 5765). Les deux marines sont passées à Vienne en 1770—1780, et de là à Pozsony, puis à Buda, en même temps que le tableau qui, dans les inventaires d'Ambras, est depuis 1663, enregistré comme l'œuvre d'Alto Gravo (Aldegrever) : «No. 218 Ain Prustbild von unsern lieben Herrn und unser lieben Frauen in der Mitte mit einem verguldten strich abgetrennt auf Holz gemahlen» (fig. 80), ainsi que la scène de Tancrede et d'Erminie. Le premier est le tableau de Jakob Eisner à 34 Vienne, Nationalbibliothek, Ms. Mr. 8014 «Inventarium über die Contrafaict und Gemäl so aus Bevel. . . Sigismundi Francisci Erzherzogen von Oesterreich. . . von Insprugg in Schloss Ambras Anno 1663 transferiert worden.» 35 B a 1 d i n u e c i, F.: La vita di Salvatore Rosa. Vonezia, 1830, p. 54. *f9 36 P r i m i s s e r, A.: Die kaiserlich-königliche Ambraser Sammlung. Wien, 1819. Sacken, E. von: Die Ambraser Sammlung. Wien, 1885, pp. 64, 72 «Demokrit und Heraklit welche einen Globus betrachten, rund.» L'un et l'autre auteurs citent à Ambras deux paysages attribués à Rosa (Mercur et Argus, Ruines d'une église) mais ceux-ci étaient des tableaux en hauteur, par conséquent ils ne purent être identiques aux tableaux de Rosa de format allongé. Après 1772, plusieurs douzaines de tableaux furent envoyées à Ambras pour remplacer ceux qui furent transportés à Vienne, et c'est ce qui explique que dans le matériel renvoyé à Vienne après 1806, on retrouve nombreuses oeuvres qui avaient originairement appartenu à la galerie du Stallburg, donc à la collection de l'archiduc Léopold-Guillaume, et non à la galerie d'Ambras du XVII e siècle (par exemple, les panneaux du retable de Hugo van der Goes, deux tableaux de Scbiavone, etc.).