Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 31. (Budapest,1968)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Nouvelles données relatives a la vie et a l'oeuvre de Sofonisba Anguissola

deux fillettes ont passé trois ans dans la maison du peintre. 37 Il faut cependant savoir que la coutume de commencer les études d'art à l'âge très jeune était dans ces temps-là générale. Il est à présumer que ce ne soit pas seulement grâce à son talent et à ses dons multiples, mais aussi à son âge précoce, que le Duc d'Albe, avisé par Sessa, le gouverneur de Milan, avait appelé sur la peintresse l'attention de la cour espagnole. Invitée par Phi­lippe II, elle se rendit, en 1559, à Madrid, escortée d'une riche suite. A la suite de Baldi­nucci, ses biographes rendent compte en détails des succès éclatants qu'elle connut dans la cour espagnole. Malheureusement, à peine une ou deux subsistent des oeuvres qu'elle exécuta à Madrid et qui sont mentionnées par les sources, et pas une seule oeuvre authentique n'en a jusqu'ici apparu. 38 A la demande du pape Pie IV, elle lui envoya, en 1561, un portrait de la reine accompagné d'une lettre que publie aussi Vasari ; 39 on sait qu'un autre portrait figurait dans les inventaires de Madrid, encore en 1582, mais qui, plus tard, fut détruit par l'incendie. La charmante femme peintre, très instruite, connaisseur en musique et de fine allure, a gagné l'affection de la famille royale si bien quelle devint l'une des douze dames d'honneur de l'Infante Isabella Clara Eugenia. C'est le roi d'Espagne qui l'a donnée en mariage au noble et riche gentilhomme de Sicile. 40 Si nous acceptons la date de naissance précédemment établie, il semble tout au moins curieux que ce fusse le premier mariage de la peintresse, âgée en 1580 de 52 ou de 53 ans mais ceci est encore plus curieux si nous lisons avec attention le texte qui acompagnait l'apanage annuel que le roi lui avait accordé outre la riche dot, les cadeaux de noce, les bijoux, les tentures et les robes brodées de perles. A savoir, on lit dans la lettre de dona­tion accordant à la fiancée 1000 ducats annuellement, pris sur la douane de Palerme, que la peintresse était autorisée de léguer l'apanage à n'importe lequel de ses fils. 41 A côté de la dot de 12.000 ducats, l'apanage prouve non seulement que la femme peintre avait joui de la faveur particulière du roi d'Espagne, mais il est bizarre que le texte parle des fils à naître d'une «virgo» étant alors dans ses années cinquante. Si la lettre de donation n'est pas une formule schématique, nous devons présumer soit que la peintresse eût déjà un ou plusieurs fils, soit que les sources jusqu'ici connues ont incorrectement établi son âge, car il est absolument inimaginable que la femme peintre vivant dès sa jeunesse à Madrid dame d'honneur et peintre de la famille royale, qui vit dans le château royal et qui fait 37 Morelli écrit qu'elle avait sept ans lorsqu'elle commença ses études chez Campi. Édition allemande, 1890, p. 234. 38 Le tableau représentant une grande dame richement vêtue, appelé erronément le portrait de Catherine Cornaro et conservé à l'Ermitage de Leningrad (provenant de la collection Leuchten­berg) est peut-être le portrait d'une princesse espagnole. Cf. N e o s t r a e f f, A. : I quadri italiani nella collezione Leuchtenberg. L'Arte VI, 1903, p. 342. C'est également le portrait d'une infante que pourrait être le tableau de la Galerie Ephron de New York, si nous acceptons l'attribution à Sophonisba Anguissola (cf. Apollo, V, 1967, XXIII-icifig. 41). J.C.H o 1 m e s a,encoreen 1914 attribué à Sophonisba un portrait représentant Philippe II, roi d'Espagne, et conservé à la National Portrait Gallery de Londres (Cf. H o I mes, J, C. : S. Anguissola and Philip II. The Burlington Maga­Iine XXVI, 1914—15, pp. 181 et suiv.). S a c c h i (op. cit., p, 16) parle d'un portrait de la reine zsabelle qui fut vendu, le 20 mai 1869, chez Christie. 39 Vasari — Milanesi : op. cit., VI. p. 499. 40 Ibid, note 1, et dans nombreuses autres sources. 41 «... e cosi diedela per Isposa ad un Nobile, e ricco Cavalière Siciliano chiamato Don Fab­briziodi Moncadacon dote 12000 scudi incontantanti, e le consegno un annuale pensione di mille ducati sopra la Dogana di Palermo per se, e per quello de suoi figlivoli ai quale ella avesse voluto lasciare per testamento». B a 1 d i n u c c i: op. cit., p. 161.

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