Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 30. (Budapest,1967)
CSATKAI, ANDRÉ: L'enseigne viennoise de Leopold Kupelwieser
L'ENSEIGNE VIENNOISE DE LEOPOLD KUPELWIESER A la physionomie des rues appartenaient autrefois aussi les enseignes des boutiques. D'excellents artistes s'occupaient volontiers à les peindre, et on connaît la splendide enseigne que Watteau peignit pour le marchand d'art Gersaint. La mode d'attirer l'attention des clients par une enseigne peinte est arrivée à Vienne en 1820 et les maîtres viennois de grande renommée ne se gênèrent eux non plus pour faire des essais dans ce genre : ainsi Höfel, Lampi, Daffinger, Geiger, Gauermann, N. J. Mayer, même Waldmüller. 1 Quelques-uns des ces artistes travaillèrent aussi pour la capitale hongroise et déjà dans les années 1830, on voit apparaître dans les rues de Pest des enseignes peintes. Même, un contemporain, le fabuliste Andersen, était d'opinion que Pest était à cet égard inégalé parmi les autres grandes villes de l'Europe. Au milieu du XIX e siècle la seule resource de nombreux peintres était la peinture d'enseignes, cette branche spécifique de l'art.- Aussi à Pest, dans les ateliers des meilleurs peintres hongrois furent exécutées des enseignes, ainsi dans les ateliers de Barabás, de Borsos et de Than. L'importation de Vienne prit ainsi fin. Siegris écrit en 1924, qu'aussi l'enseigne de Kupelwieser, figurant Cupidon, est passée autrefois dans le commerce d'art, mais a disparu sans laisser de traces. 3 Ce tableau, cependant, n'est pas perdu, il est conservé au Musée des Beaux-Arts de Budapest (fig. 52). La boutique de «Cupidon» se trouvait, au millieu du siècle passé, dans un quartier des affaires très distingué de Vienne, dans la Kärntner Strasse, et on y vendait des articles de mode. Le quartier même exigeait que le propriétaire de la boutique, Mihály Erny, un commerçant hongrois vivant à Vienne, fasse exécuter, en 1843, l'enseigne par un bon peintre. Il la commenda donc à Kupelwieser, 4 et, plus tard, la fit transformer en gardefeu. Le tableau représente dans un paysage Cupidon, le petit dieu de l'amour, qui avec son charmant sourir menace le spectateur de tirer l'arc dans son coeur. Mihály Erny était un collectionneur zélé ; il acheta surtout des tableaux de genre viennois de l'époque, mais, quant à la qualité, il n'était pas trop exigeant. En 1871, il légua sa collection comprenant 55 tableaux au Musée National Hongrois. La première imformation, parue dans le quotidien Fővárosi Lapok, a déjà relevé que «le garde-feu vaut 1000 florins, alors que la collection entière est appréciée à 20 000 florins». Selon le reportage suivant la collection renfermait plusieurs tableaux maniérés et de faible 1 S i e g r i s, E. : Wiener Hauszeichen. Wien, 1924, pp. 65—66. 2 S c h o e n, A.: Pesti cégérek (Enseignes de Pest). Műbarát, 1921. 3 S i e g r i s, E. : op. cit. p. 64: «Dagegen gelangten wertvolle Bilder in den Handel, wie der Amor von Kupelwieser . . . und sind spurlos verschwunden». 4 Pressburger Zeitung, 1843, pp. 391 et 1093.