Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 28. (Budapest,1966)

GARAS, CLAIRE: Giorgione et giorgionisme au XVIIe siecle. III.

comme un peintre de grande importance, l'un des disciples les plus illustres de Gior­gione et l'auteur de nombreux tableaux giorgionesques de grande valeur. 24 Pourtant, les peu de données qui subsistent sur lui et son seule oeuvre authentique, le tableau d'autel de Lendinara, signé de 1511 (fig. 58), ne justifient aucunement cette supposition. Mancini était un maître de talent modeste, et comme le témoigne le tableau de Lendinara, un faible dessinateur et un imitateur du style conservateur de Bellini. On ne peut donc nullement lui attribuer les chefs-d'oeuvre comme le Portrait de Leningrad ou le Portrait d'homme au manteau de fourrure de Munich, figurant également comme l'oeuvre de Giorgione et parfois aussi comme celle de Palma. Rien ne prouve mieux l'absurdité de la fiction Mancini que le fait que les tableaux attribués à lui par les diffé­rents auteurs — par exemple le Couple amoureux (Dresde, Budapest : fig. 59), existant en plusieurs versions, les «Buffons» de la collection Borghese, la «Sainte Conversation») du Louvre etc. — sont de style, de caractère et de date tellement divergeants qu'ils ne peuvent nullement être intégrés dans l'oeuvre du même peintre, oeuvre que même les divers auteurs ont établi différamment l'un de l'autre. Et, une fois constaté que le portrait de Muselli et ses variantes ne sont pas des autoportraits, et que par conséquent ils ne sont pas les créations d'un peintre appelé Dominicus, voilà qu'un pilier de base de l'attribution à Mancini s'écroule et nous n'avons pas la moindre raison de la considé­rer comme le maître des portraits giorgionesques du début du XVI e siècle. 25 Après avoir réussi à éclaircir les malentendus, notamment que le portrait de Muselli n'est pas un autoportrait, qu'il n'est pas l'oeuvre de Domenico Mancini, ni de Domenico Capriolo, et pas nécessairement celle d'un peintre dont le prénom est Domenico, nous tenterons de résoudre ce problème et d'identifier le maître du tableau et la personne qu'il représente. En dehors de l'erreur fondamentale, le fait que personne ne s'est occupé d'une manière approfondie des divers exemplaires et que la version de Leningrad était connue avant d'être restaurée, dans son état relativement mauvais et surtout par une mauvaise reproduction, ont rendu cette tâche assez difficile. 215 Toutefois sa haute qualité artistique, la richesse et la modernité de sa composition, la vigueur de l'expression, la vivacité du coloris doivent convaincre le spectateur qu'il est en présence 24 Ven tu ri, L. : Saggio sulle opère d'arte italiane a Pietroburgo. L'Arte XV, 1912. p. 137; Vent u ri, A.: Storia dell'arte italiana. Milano, 1928. IX/III. p. 482 ; Wilde, J.: Probleme um Domenico Mancini. Jahrbücher der Kunsthistorischen Sammlungen in Wien. 1933. VII. pp. 97, 113; Gamba, C. : Contributi alla conoscenza di Domenico Mancini. Critica d'Arte VIII, 1950. p. 211. 2r> On peut attribuer à Mancini la Sainte Conversation de la collection de C. Gamba à Florence dont le style est identique à celui du tableau d'autel de Lendinara. Par ses formes molles et sa manière effacée elle diffère sensiblement des autres tableaux qu'on supposait d'être les oeuvres de Mancini. G a m b a, C. : op. cit. p. 212, attribue à Mancini le portrait des Muselli, le couple de Budapest —Dresde —Motta di Livenza, le Joueur de violon de Vienne et le Double portrait du Pal. Venezia. F i o c c o (op. cit. p. 122, fig. 27—40) donne à Mancini le Couple, le Couple d'amoureux avec une lyre de Motta di Livenza, le Double portrait de Rome, le Joueur de violon de Vienne, à Capriolo le Portrait des Muselli et le Berger de la collection Borghese. Par contre 1 R. L o n g h i (Vita Artistica. 1927. II. p. 14) classe dans l'ensemble Mancini aussi les Bergers de la collection Borghese (Buffon). Berenson, qui considère le Portrait de Muselli comme l'oeuvre de Capriolo (op. cit. p. 107), cite comme les oeuvres de Mancini, en dehors de ceux que nous venons d'énumérer, par exemple la Sainte Conversation du Louvre (auparavant Giorgione ou Sebastiano del Piombo), la Femme adultère de Chantilly, le Portrait d'un jeune homme daté de 1510 du Palazzo Borghese, etc. A l'encontre de ces opinions Wilde, J. (op. cit. p. 116) écrit: «Als Ergebnis der Analyse des Jünglingsporträts darf wohl ausgesprochen werden, dass sein Maler nicht mit Domenico Mancini identisch sein kann». 26 La reproduction du tableau de Leningrad donne chez Wilde et chez Gamba (op. cit. fig. 93 et 163) une idée absolument fausse. En écrivant leurs études, ni Wilde, ni Gamba, ni Gombosi, etc. n'ont vu le tableau.

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