Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 23. (Budapest 1963)
GARAS, CLAIRE: Quelques oeuvres inconnues de Gaspare Diziani a Budapest
rites du style et une comparaison entre celle-ci et la fresque authentique de Crosato dans la Salle de Bal de la Cà Rezzonico, montrent nettement que nous avons affaire à une manière et à des formes par trop différentes, et après un examen attentif, il n'est pas difficile d'y reconnaître la manière et les formes propres à Gaspare Diziani. Les figures de femmes plus sveltes et plus gracieuses différant des figures aux visages ronds plus trapues et plus plastiques de Crosato, les fronts plats avec les nez curieux, un peu retroussés, les angelots avec leurs mèches charmants sont caractéristiques de Diziani : ils accusent une parenté la plus proche avec le plafond, récemment publié, du Palais Contarini de Venise, avec l'esquisse de Rovigo figurant le Triomphe de Diane, et c'est Diziani, ses oeuvres tardives, qu'évoquent la structure rendant à peine sensible la profondeur, ainsi que l'éclairage rasant la surface. 11 ressort des données relatives à la construction du Palais Rezzonico que le plafond de la Sala dei Pastell i a dû être exécuté dans la période tardive de Diziani, autour de 1750. Les particularités du style, caractéristiques de Diziani, permettent d'identifier avec une assez grande sûreté ses fresques, ses tableaux de chevalet religieux, allégoriques ou mythologiques, ainsi que ses esquisses, et son oeuvre pictural peut être assez exactement délimité et distingué de l'oeuvre des maîtres vénitiens ses contemporains. La situation, cependant, est plus incertaine en ce qui concerne son oeuvre dessiné. Ses contemporains ont tenu à jour Diziani comme un dessinateur excellent, et Vincenzo Da Canal signale déjà en 1732 que «Erano cosi distinti il di lui disegni, che innamoratone il X. H.Zaccaria Sagredo ne Seppe e voile unire un grande volume».3 Mariette, l'un des plus illustres collectionneurs et connaisseurs de dessins du XVIII e siècle, tenait particulièrement à posséder des dessins de Diziani. Dans sa collection cinq dessins avaient représenté le maître vénitien. 24 Or, au cour des temps le souvenir de Diziani dessinateur s'est effacé, et dans la masse de dessins vénitiens du XVIIP siècle, non déterminés, attribués tantôt à l'un tantôt à l'autre maître, il n'est pas chose aisée de distinguer ses oeuvres. Ce qui est actuellement effacé et incertain, c'est la limite qui sépare ses dessins de ceux attribués à Giovanni Antonio Pellegrini. Aussi attribue-t-on souvent les dessins de Diziani à Sebastiano Ricci ou à Francesco Fontebasso. 2 ' 5 Evidemment, pour les déterminer et retracer l'évolution de leur style, ce sont en premier lieu les escpiisses se rattachant aux oeuvres signées ou authentiques qui peuvent nous fournir un point de repère solide. 2 " Toutefois, le nombre de celles23 Can ill. V. Da: op. cit. pl. XXXV. 21 Bottari, G. — T i c o z z i, J. : Raccolta di lettere di pittura, seul t ura ed architettura. Milano, 1825. VIII. p. 391. — Y. la lettre de Mariette à T. Temenza, ainsi, que B a s a n, F. : Catalogue raisonné des différents objets de curiosités . . . qui composoient le Cabinet de feu M. Mariette. Paris, 1775. 25 Dans le catalogue de l'exposition Pellegrini (B e t t a g n o, A. : Disegni e dipinti di Giovanni Antonio Pellegrini. Yenezia, 1959) on trouve parmi les dessins figurant comme les oeuvres de Pellegrini pas mal de feuilles dont l'auteur est probablement Diziani : v. entre autres par exemple le n° 63, intitulée Allégorie, faisant partie du fonds du Musée Correr, le n° 82, projets de frontispice, etc. L'esquisse de l'Annonciation de l'Albertina, attribuée auparavant à Sebastiano Ricci et récemment à Francesco Fontebasso (Benés eh, O. : Disegni veneti dell'Albertina di Yienna. Venezia, 1961. p. 65, n° 86), est également l'oeuvre de Diziani (V. F i o c c o, G. : Arte Veneta XV, 1961. p. 320). Elle accuse, en même temps que la feuille de Wroclaw, figurant Saint Antoine, (M r o z i n s k a, M. : Disegni Veneti in Polonia. Venezia, 1958) une proche parenté avec le dessin d'Udine récemment publié de Diziani. La date 1718 du dessin d'Udine nous invite à supposer que ce sont justement ces feuilles-là qui portent le style des dessins de la première période de Diziani. 26 II est incontestable que le groupe de collection du Musée Correr, provenant du legs d'Alvise Mol in, a sous ce rapport une très grande importance. Les dessins cohérents et attribués traditionnellement à Diziani, proviennent probablement du fonds d'esquisses