Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 23. (Budapest 1963)

CZOBOR, AGNES: Recherches faites dans le fonds hollandais et flamand de la Galerie des Maîtres Anciens

rocher, en éliminant avec cette composition échelonnée la monotonie de la structure trop horizontale, si fréquente dans les natures mortes, et qui est, même chez Snyders. souvent gênant. Le tableau de Budapest témoigne du sens exquis des couleurs de l'artiste, qui emploie à la place des couleurs locales criardes des couleurs plus discrè­tes — roses saumon, gris et verts — harmonisant parfaitement l'une avec l'autre. Les couleurs rappellent celles aussi de Fyt, or l'exécution des tableaux de Kerckhoven est beaucoup plus sèche et sobre, et bien inférieure au pittoresque, parfois d'une légèreté impressionniste, de Fyt. Malgré ceci noiis estimons possible •que plusieurs tableaux de ce peintre soient cachés sous le nom de Jan Fyt dans les différents musées ou mieux encore dans le commerce d'art. C'est comme l'oeuvre de David Seghers que figurait, en 1893, à une vente d'Am­sterdam le beau tableau représentant le buste de la Vierge entouré de guirlandes de fleurs (fig. 61). 33 que le conservateur d'autrefois du Musée des Beaux-Arts de Buda­pest avait acheté également à Amsterdam, à Goudstikker. Le tableau a été inven­torié avec un point d'interrogation comme une oeuvre de David Seghers. Etant donné que K. Zoege v. Manteuffel, dans le Lexique de Thieme-Becker, a mentionné le tableau sous le mot rubrique Seghers, l'ayant reconnu ainsi comme l'oeuvre de ce peintre, il a été inscrit au catalogue de 1954 de la Galerie des Maîtres Anciens égale­ment comme étant dû à Seghers. En dépit de cette attribution nous ne considérons le tableau pas comme l'oeuvre de Seghers, mais comme la création de Nicolaes van Veerendael, d'une génération plus jeune. Il est inconcevable que Seghers ait arrangé d'une façon si embrouillée les fleurs occupant tout le tableau, les petits bourgeons, les rameaux et les tiges des fleurs flottant comme secoués par le vent et qu'il ait posé les couleurs en faisant percer la préparation, ce qui évoque déjà les natures mortes aux fleurs de style rococo. Veerendael ne disparaît au fait qu'à la fin du siècle, et le tableau conservé au Musée de Bruxelles, représentant également un buste entouré de fleurs — d'ailleurs une bonne analogie à notre tableau — avec son ordonnance asymétrique rayonne déjà l'esprit du XVIIP siècle. Nous ne comprenons pas pourquoi M. Hairs se prononce-t-il en termes déprédateurs sur le tableau de Bruxelles. 37 et pourquoi est-ce justement ce tableau qu'il cite à titre d'exemple pour illustrer que Veerendael avait selon Jacques Campo Weyerman. mis quatre jours à peindre un oeillet. Le grand souci qu'il a porté à la peinture des diverses fleurs ne fait pas un effet sec. ni désagréable, même pas méticuleux, ce qui est dû à l'exécution où sous les couleurs perce la préparation, comme nous venons de le mentionner. Sans cette envergure et avec ce soin de l'exécution il n'a pas dû être facile pour le peintre de prêter à ses créations une telle aisance et légèreté. 33 AGNÈS C Z O B O K 36 Le 7 Nov. 1893. 37 Hairs, M. L. : Les peintres flamand de fleurs au XVII e siècle. Paris —Bruxelles, 1955. p. 114. 38 Plusieurs des tableaux ici étudiés ont été présentés à l'Exposition de Natures Mortes, organisée par l'auteur de cet article, en 1962, au Musée des Beaux-Arts de Budapest (Musée des Beaux-Arts, Catalogue de l'Exposition de Natures Mortes, XV e —XVIII e siècle, Budapest, 1962). Ces tableaux sont les suivants (entre parenthèse le n» du Cata­logue) : Abraham Bisschop (75), Christian van den Perre (8), Adriáén van Utrecht (12), Clara Peeters (9), Jan van Kessel l'Ancien (21 et 24), Jacques van de Kerckhoven (10 et 13), Nicolas Veerendael (35b

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