Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 22. (Budapest 1963)
KATONA, EMERIC: La Prédication de Saint Jean-Baptiste de Bruegel
par le fait que les Bruxellois étaient en relations directes avec Mathias et Jean de Ley de qui partout, donc aussi aux Pays-Bas, recrutaient des fidèles qu'ils voulaient persuader d'aller à Münster et de l'occuper. 65 Le représentant le plus important du projet de Münster était Cornelius Valconisse, qui connaissait personnellement Jean de Leyde et était en relations avec lui. 66 Jean de Leyde, les chiliastes — donc Hans Hut et Melchior Hofmann aussi — annonçaient que le temps de la fin du monde, de la nouvelle Jérusalem était arrivé. A l'encontre d'Hofmann, d'après lequel le point de départ de la destruction serait Strasbourg, Jean de Leyde enseignait que l'extermination des mécréants aurait lieu à Münster, ainsi que Münzer l'avait annoncé : avec la participation active des fidèles. Après la catastrophe de Münster par suite des persécutions croissantes l'enseignement münzérien — leydien sur la participation des fidèles au jugement dernier passa au second plan et ce fut la doctrine de Hans Hut et de Melchior Hofmann, selon laquelle ce ne seraient pas les fidèles, mais des puissances, c'est à dire des êtres (anges) envoyés par Dieu qui seraient chargés de l'extermination, qui passa au premier plan. De plus, les enseignements des mennonites et des sectes semblables où le jugement dernier se dissout déjà dans une mystique spirituelle se répandirent. 67 Cependant, au cours du temps, la brèche entre le melchioritisme et le mennonitisme s'élargit de plus en plus. L'antagonisme entre les deux tendances se manifeste par de vives discussions. A l'encontre des melchiorites, le mennonitisme adopte le point de vue de la pacification sociale et rompt catégoriquement, non seulement avec les idées miinzériennes, mais aussi avec celles des melchiorites, et ne menace pas l'ordre social existant. Ceci est prouvé par le fait qu'à Bruxelles, de 1539 à 1560, au temps de la prospérité du mennonitisme, on ne mentionne aucune exécution d'anabaptiste, comme Braekman le constate. 68 Après les persécutions qui suivirent la catastrophe de Münster, au temps de la consolidation, les doctrines chiliastiques revinrent au premier plan, aussi bien à Bruxelles qu'en Suisse, en Allemagne du Nord-Ouest et en Hollande. A la discussion de 1538 à Berne, les Frères suisses s'efforcèrent de démentir les chiliastes vis à vis de Melchior Hofmann et déployèrent une propagande intense pour empêcher que les idées chiliastiques en recrudescence ne se répandissent. 69 La renaissance des idées chiliastiques est en rapport avec le début de la guerre d'indépendance. Les Habsbourg qui subjugaient la moitié de l'Europe essuyent de graves échecs, non seulement en orient — en Hongrie — mais encore la guerre d'indépendance des Pays-Bas immobilise sensiblement leurs forces militaires. Les Turcs profitant de la situation attaquent les forteresses de Hongrie pendant que les Habsbourg combattent à l'Occident. C'est cette campagne des Turcs qui aboutit en 150f 3 à la chute de Gyula et de Sziget. L'opinion publique des Pays-Bas — en premier lieu celle des humanistes — considéra cette attaque des Turcs comme un secours venu de Dieu. Les tracts écrits à l'Occident et d'abord aux Pays-Bas sur la chute de Szigetvár — que Zrinyi utilisa pour composer son épopée — attribuent aux Turcs une mission divine. 70 Cette conception concordait au point de vue protestant officiel. A la suite de la proclamation de Luther et Melanchton en 1528 la con65 Ibid. pp. 149—152. 66 Ibid. 67 Menn. Encykl. IV. pp. 705 — 708. 68 B r a c k m a n, P. : op. cit. pp. 152 — 153. 69 Menn. Encykl. II. pp. 779 — 785. 70 Nous pensons au volume intitulé « De Sigetho Hungáriáé propugnaculo », paru à Wittenberg en 1586.