Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 22. (Budapest 1963)

RADOCSAY, DENIS: Une statue d'apôtre tcheque inconnue

Saint Jean figurant sur un bas-relief accusent plus de parenté avec nos statues, et la tête de femme, en calcaire, trouvée au même endroit présente moins de ressem­blance. 13 La liaison entre cette dernière et nos sculptures est en tout cas problématique: il n'y a que le front haut et les cheveux stylisés qui rappellent de loin les types de visages de nos statues. 14 L'aire des sculptures mentionnées. Horni Drkolná, Schaunberg et Hartkirchen, peut être englobée dans un cercle dont le rayon est à peine 80 km. Ce n'est, au moyen âge, pas un phénomène inhabituel, qu'alors qu'à l'intérieur d'un même pays une distance plus grande résulte plusieurs différences stylistiques, le voisinage peut créer, même dans une zone appartenant à deux pays différents, une concordance harmonieuse du style. Il est peut-être inutile de signaler que l'Autriche et la Bohême étaient, dans les temps précédant l'exécution de nos statues, réunies pour une période plus ou moins longue sous le règne d'un souverain commun. Le règne d'Ottokar II, durant jusqu'à 1270, puis celui d'Albert Habsbourg, allant de 1300 à 1307, s'est étendu et sur la Bohême et sur l'Autriche. 11 n'est guère dû au hasard qu'un autre monument des rapports artistiques entre la Bohême et l'Autriche, le «Chevalier» de St. Florian, bien plus important que notre série d'apôtres, ait été exécuté à l'intérieur de ce même cercle à un rayon de 80 km, ci-dessus mentionné. C'est G. Schmidt qui a démontré la dépendance de la statue de St. Florian d'un groupe caractéristique des Vierges de la Moravie du Sud, en attribuant la sculpture datée de la seconde moitié du XIV 0 siècle au même atelier que la Vierge de Michle, dans la Moravie du Sud. 15 Et bien que la distance entre la statue autrichienne et la région morave de la source de son style soit plus grande que celle qui séparait la série d'apôtres de la Bohême du Sud des sculptures de pierre de la contrée d'Eferding. il n'est pas douteux que, malgré les formes différentes, tous deux groupes de statues témoignent des mêmes liaisons plastiques et d'une attraction analogue. Les mouvements des vagues stylistiques qui les formaient sont parallèles et ils se suivent dans le temps. Bien plus moderne et plus parfait que celle des apôtres était l'habileté plasti­que que le « Chevalier » de St. Florian a entremise de la Moravie du Sud à la Haute Autriche. Aussi la qualité supérieure signifie-t-elle en général une priorité dans l'évo­lution et une plus forte puissance dans le rayonnement du style. Du rôle important de la sculpture de la Bohême du Sud et de la Moravie du Sud témoignent les Vierges moraves mentionnées et le « Chevalier », ainsi que notre série d'apôtres, ce qui fait preuve de la prééminence des statues de Budapest, de Ceské Budèjovice et de Linz en comparaison avec les sculptures apparentées de l'Autriche. Pour terminer nous citerons encore brièvement, en vue de rendre sensible ces liaisons, trois Vierges de Majesté. La première, une statue datée par Kieslinger des environs de 1280, est apparue au début des années 1920 dans une collection particu­lière de Vienne ; 16 la seconde située vers 1300, a été conservée, ily a plus de dix ans, dans une collection privée de Prague, et la troisième — datée par Kutal du pre­mier quart du XIV e siècle — enrichit actuellement la collection de la Narodni Gale­13 Communication de M. Benno Ulm. 14 La tête livrée par les fouilles de 1958 a été datée par G. Schmidt de la fin du XIV e siècle, donc de plus tard que nos sculptures. S c h m i d t, G. : Frühgotische Kunst in Oberösterreich. Oberösterreich XI, 1961. Fase. 1/2, p. 6 et fig. 16 Schmidt, G. : Der « Ritter » von St. Florian und der Manierismus in der gotischen Plastik. Festschrift Karl M. Swoboda. Wien—Wiesbaden, 1959. p. 249. 16 Kieslinger, F. : Zur Geschichte der gotischen Plastik in Österreich. Wien, 1923. pp. 10—11, fig. 6.

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