Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 22. (Budapest 1963)
CASTIGLIONE, LADISLAS: Quelques tetes de terre cuite hellénistiques
chaque détail du visage les vestiges d'un remaniement. Au-dessus du côté droit du front une mèche plus grande est cassée, et le menton, le nez et la chevelure sont à plusieurs endroits détériorés; 20 La tête de jeune homme aux cheveux en coup de vent et d'un pathétique ardent est sortie presque en entier de la main habile de son maître et l'on pourrait guère la considérer comme une pièce reproduite en nombreux exemplaires. Elle nous conduit dans un monde tout autre que la tête d'homme ci-devant étudiée. A l'encontre de la structure solide de l'autre, de ses contours fermés, de son caractère organique accentuant la structure du crâne, les formes rebondissantes de la tête de jeune homme ne sont pas liées par les normes classiques de la sculpture, se conformant aux formes spatiales régulières et exprimant la structure du corps avec une objectivité sévère : sa plastique mouvementée est motivée uniquement par l'expression d'une passion impétueuse. Le contour relâché, les boucles telles des flammes, l'énergie vibrante des parties du nez et de la bouche, fortement en saillie sur la surface du visage sommairement traitée, représentent le sommet de l'évolution de la sculpture hellénistique, le style du grand autel de Pergame. 21 Uanastolê constitué des boucles montant et retombant sur le front, ainsi que le geste de la tête tournée vers la droite — le fragment du cou permet de le constater —- nous invitent à la rapprocher du groupe nombreux des statues d'Alexandre le Grand. Le pathétique de l'expression dépasse même celui des têtes les plus ardentes d'Alexandre le Grand : les fragments de marbre de Pergame 22 et de Volantza. 23 Bien que l'expression pathétique ait déjà effacé tous les traits des modèles lysippiens, nous serions enclins à voir dans la petite tête l'effigie du grand Macédonien si l'absence des attributs royaux et la vaste diffusion du type d'Alexandre le Grand ne nous conseillait pas la prudence. C'est de l'influence suggestive de l'effigie d'Alexandre le Grand que témoigne aussi la tête d'Hélios de Rhodes, 24 l'un des représentants originaux les plus remarquables du style de la pièce analysée. Néanmoins ce n'est pas parmi les produits des ateliers principaux de l'Asie Mineure ou de la Grèce que nous retrouvons les analogies exactes de la petite tête en terre cuite. Les formes largement traitées et leur indépendance relative des traditions classiques ne permettent pas de supposer que ces traits soient exclusivement les résultats de son genre et de sa technique. Le témoignage indubitable de sa matière nous amène à considérer la pièce comme un produit de l'art italique qui a emprunté à l'asianisme le pathétique avec une intensification spécifique propre à lui, mais sans les contraintes des traditions des ateliers centraux grecs. En cherchant les analogies stylistiques de la tête de Budapest, nous devons nous adresser aux monuments de la sculpture en calcaire de Tarente, d'un pathétique intense, 25 ou à la 20 Oroszlán, Z. : op. cit. p. 53, n» C. 32 : « elle peut être mise en rapport avec les têtes de tritons hellénistiques ou avec les jeunes titans de la frise de Pergame ». 21 Nous retrouvons dans la statuaire le modèle le plus caractéristique du style et de l'expression de la petite tête de Budapest dans la tête, d' Alcyone de la frise de l'autel. L i p p o 1 d, G. : Die griechische Plastik. München, 1950. pl. 124, 3 ; L u 1 1 i e s, R. : op. cit. fig. 244. 22 G e b a u e r, K. : Alexanderbildnis und Alexandertypus. AM 63/4. 1938/9, pp. 56 et 57, 93 et 94, n° K. 47 ; Lauren z i, L. : op. cit. n» 87 ; B u s c h o r, E. : op. cit. fig. 27 ; B i e b e r, M. : op. cit., p. 120, fig. 455. 23 Gebauer, K.: op. cit. pp. 79, 105, n° K. 80 ; B u s c h o r, E. : op. cit. p 23, fig. 22 ; Cf. encore P o u 1 s e n, V. : op. cit. n° 52. 24 L u 11 i e s, R. : fig. 249. 25 Cf. Wuilleumier, P. : Tarente. Paris, 1939. p. 296, pl. XIII/1 ; B r e a, L. B. : I rilievi tarantini in pietra tenera. Riv. Ist. N. S. I. 1952. p. 117, fig. 80 et 81. 2 Bulletin 22. 17