Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 21. (Budapest 1962)

GARAS, CLAIRE: Le plafond de la Banque Royale de Giovanni Antonio Pellegrini

authentique et exactement datable (1720), il a une importance décisive pour la chro­nologie des dessins de Pellegrini. A côté de ces ébauches une esquisse de François Lemoyne, faite pour le même plafond, nous aide à évoquer le plafond de Paris, détruit, esquisse qui nous est connue aussi par un dessin et par la gravure de Nicolas Silvestre (fig. 54). 15 Selon son biographe, le jeune peintre français a voulu prouver par cette composition qu'il était capable de se charger de travaux importants et « qu'il était injuste de donner à des étrangers des ouvrages que les gens de la nation pouvaient exécuter». Lemoyne, pour faciliter la comparaison, a choisi la même représentation. «L'objet étant le même, elle renferme absolument les mêmes détails que la description dont je vous ai parlé » souligne le baron Caylus, qui estimait la composition du peintre français à maints points de vues mieux réussie que le plafond de Pellegrini. 10 Ce dernier fut accueilli par les critiques français avec une certaine aversion, et bien qu'en général ils déploraient sa perte, tout en appréciant ses vertus — le mouvement des masses, l'effet agréable du coloris, le modelé tendre, etc. — ils ne supprimaient ses défectuosités non plus. « Une composition trop nue, un défaut de correction dans le dessin et surtout le ca­ractère et la couleur des nuages, qui trop pesans interrompaient la vaguesse du ciel tenu fort clair. » 17 Tel qu'il ressort de la description et de la composition de Lemoyne, le plafond de la banque se rattachait aux allégories pures, en vogue dans la première moitié du XVIII e siècle, où les idées sont personnifiées par des figures symboliques et où les personnages se rangent l'un à côté de l'autre inorganiquement, sans faire partie d'une action quelconque. Le thème est une version spécifique de l'allégorie glorifiant le souverain et les bienfaits d'un bon gouvernement, généralement répandue et domi­nant dans les représentations artistiques de l'époque. 18 Bien entendu, nous ne préten­dons pas d'analyser ici l'ensemble de ces oeuvres, qui jusqu'ici n'est pas encore dépouillé dans sa totalité. Nous ne nous occuperons en ce lieu que des motifs et des corrélations qui sont importants au point de vue du dit plafond de Pellegrini. On rencontre dans la première moitié du XVIII e siècle, conformément aux données spé­cifiques propres à l'époque et aux efforts absolutistes, en premier lieu la glorification des vertus martiales et l'apothéose des victoires sous la forme de l'allégorie d'Hercule ou de marches triomphales célestes. Presque aussi fréquentes sont les représentations du 15 L'esquisse : Musée des Arts Décoratifs. N" du Cat. 53, huile s. toile, 48 X 76 cm. Le dessin : Paris, Louvre, Cab. des Dessins, N" 30.596, lavis, 375 X 542 mm. Publié : S u t t o n, D. : French Drawings of the Eighteenth Century. Londres, 1949. p. 56, pl. XXXVI, sans la définition de la destination du dessin. L'esquisse de plafond de Lemoyne publiée dans M i c h e 1, A. : Histoire de l'art. Paris, 1925. VII. p. 145, fig. 80 (citéo dans l'article sur Lemoyne du Lexique de T h i e m e—B e c k e r XXIII, p. 31) est une représentation absolument différente; elle n'a pas été faite pour le plafond de la Banque Royale. 16 L é p i c i é, B. : op. cit. p. 93. 17 L é p i c i é, B. : op. cit. p. 92 ; M a r i e 11 e, J. P. : op. cit. p. 92, dit du plafond de la Banque : « L'invention en étoit assez heureuse. Il y avait de fracas et des groupes agréables, mais il n'auroit pas fallu examiner de trop près les ensembles des figures ; on n'y auroit pas trouvé compte. » Mariette porte un jugement très sévère sur Pellegrini : «Le temps effacera bientôt tout ce qu'il a produit et il ne restera de sa mémoire que d'avoir été le beau frère de la Rosalba». Malgré cela il désapprouve l'éloignement du pla­fond de la Banque. 18 Sur les types les plus importants v. M r a z e k, W. : Die barocke Deckenmalerei in der ersten Hälfte des 18. Jahrhunderts in Wien . . . Wien, 1947. Dissertation ; T i n­telnot, H. : Die barocke Freskomalerei in Deutschland. München, 1951, ainsi que Schmitt, O. : Reallexikon zur deutschen Kunstgeschichte. Stuttgart, 1954. III, p. 1176.

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