Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 21. (Budapest 1962)
GARAS, CLAIRE: Le plafond de la Banque Royale de Giovanni Antonio Pellegrini
thèque royale, la représentation d'un mauvais souvenir sera vite éloignée. 10 L'atmosphère publique trouvera son expression dans les pamphlets d'un ton aigre et dans les gravures d'une ironie mordante, et il ne manque pas d'intérêt de confronter l'allégorie glorificatrice de Pellegrini avec les gravures de Gillot, lui-même ruiné par l'agiotage, symbolisant la chance et la faillite de l'agioteur. 11 Pellegrini fut d'ailleurs lui aussi lésé et victime du mirage, et malgré toutes les démarches et procès il ne réussit pas à obtenir la somme totale qui lui était due pour son travail. 12 Donc le plafond de Paris a été perdu pour toujours à peine deux années après son exécution. Il subsiste par contre une description détaillée manuscrite que B. Lépicié avait publiée dans son ouvrage sur la vie des peintres de la cour, en supplément de la conférence que le baron Caylus fit à l'Académie sur François Lemoyne. 13 C'est cette description qui nous permet de reconnaître dans une esquisse de Pellegrini portant le groupe de l'Histoire, de Chronos et de la Vérité (fig. 53) ainsi que dans un dessin, conservé au Musée de Besançon, interprêté jusqu'à présent erronément comme Tobie et l'Ange, des études de détail du plafond en question. 14 On suit sur l'esquisse de motif en motif le détail se trouvant en face du groupe principal au-dessus des fenêtres, que la description mentionne comme il suit : «... on voit l'Histoire qui écrit sur les ailes du temps après avoir trempé la plume dans un cornet que la Vérité a dans ses mains ... à la droite de l'Histoire, après la Vérité, suivent diverses Sciences parmi lesquelles est la Poésie. On voit Pallas sur des nuées qui envoie Mercure et l'Éloquence pour louer le héros qui est vis à vis. A la droite de la Poésie, l'Attention est représentée par deux femmes qui écoutent avec surprise. » Quant au dessin de Besançon figurant aussi à l'exposition Pellegrini de Venise (fig. 55) nous n'avons pu accepter l'interprétation de Tobie déjà du fait que l'enfant y apparaît sans motivation aucune auprès des deux personnages principaux. Pourtant on ne peut méconnaître ses rapports avec le détail suivant de l'allégorie de la banque : « Au-dessous la Religion on a représenté le Génie avec ses ailes et un casque ; il conduit par la main le Commerce, au pied du Génie, un enfant tient un arc à la main, symbole de l'invention. » La technique du dessin, son style pittoresque sont très proches de l'esquisse de Dresde, exécutée, probablement, en 1725 ; en sa qualité d'une oeuvre 10 B r i c e, G. : Description de la ville de Paris. Paris, 1752. I, p. 363. Pellegrini, pendant son séjour à Paris, fit don au cloître des Petits Augustins d'un tableau aujourd' hui inconnu. 11 «L'agioteur élevé par la Fortune au plus haut degré de la richesse et de l'abondance», «La Justice qui détruit d'un seul de ses raions la fortune des Agioteurs». V. D i m i e r, L. : Les peintres français du 18. siècle. Paris, 1928. I, p. 177, pl. XXXI. 12 Pierre Crozat, dans ses lettres adressées à Rosalba Carriera demande à plusieurs reprises si Law, qui à sa connaissance se trouvait à Venise, a déjà satisfait Pellegrini. « On nous a assuré que depuis qu'il a été appelé en justice par M. Pellegrini il a satisfait le dernier en lui faisant payer 25.000 francs» (le 19 Juillet 1721, S e n s i e r, A. : op. cit. p. 317). Rosalba elle-même fit tout son possible dans l'intérêt de son beau-frère, or Pellegrini diligenta en vain, même l'année suivante, le règlement de l'affaire. Il ressort de sa lettre datée du mois d'août 1722 (v. le supplément), qu'il s'est efforcé d'obtenir de Law se trouvant à Londres, une attestation. Pellegrini en ces temps-là se préparait à présenter son ouvrage de réception à l'Académie (v. la lettre de Nicolas Vleughels adressée le 22 oet. 1722 à Rosalba. S e n s i e r, A.: op. cit. p. 93); agréé en 1720, sa réception à l'Académie Française n'a eu lieu qu'en 1733. 13 L é p i c i é, B. : Vies des premiers peintres du roi. Paris, 1752. II, p. 122. Publié en outre dans l'Abecedario de J. P. M a r i e 11 e. Archives de l'Art Français 1857 —1858. IV, p. 95. 14 Huile s. toile, 33 X 57 cm. Venise, collection particulière. Publié par M o r a s s i, A. : Pellegrini e Guardi. Emporium CXXVIII, 1958. p. 199, fig. 13. «on présume qu'il a été fait pour un plafond en Allemagne ».