Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 18. (Budapest 1961)

RADOCSAY, DENIS: Le probleme des confins de la sculpture en bois gothique de Hongrie. II.

du visage taillés avec une habileté caractéristique de portraitiste, rayonnent un calme pondéré, la douleur pathétique exprimée par le visage et habituelle dans les années précédentes, lui est étrangère. Le torse droit, largement modelé et couvert de gouttes de sang, dénote un calme semblable aux traits du visage, le tourment convulsé de l'agonie ne contracte pas les muscles. Comme la plupart des Christ en Croix ses contemporains, il pend sur la croix avec une douce résignation presque indifférente. Ces mêmes particularités stylistiques caractérisent le Crucifix repeint de L'ubica-Leibic (fig. 47). 25 La différence entre ceux-ci est en tout que contraire­ment aux proportions trapues du corpus de Belá, celui de L'ubica est plus élancé, les bras du Christ de Belá forment un angle obtus, tandis que les bras du Christ de L'ubica dessinent une ligne presque horizontale ; le perizonium du premier est plus lourd, celui du dernier est plus léger et plus élégant. La différence d'âge est entre les deux crucifix minime, et bien que celui de L'ubica ne soit pas intact de l'influence du style de Paul de Levoca, ils se rattachent, quant à leurs formes princi­pales, à des tendances communes. Notre troisième crucifix, jusqu'ici inédit et acces­sible seulement par sa photographie, est conservé peut-être dans l'église de Podolinec­Podolin, et il se peut qu'il soit identique avec la statue gothique mentionnée par Divald comme étant à Podolinec et datée erronément de l'époque baroque (fig. 50). Il représente, à l'intérieur du prototype commun, une nouvelle variante ; le torse est plus plastiquement modelé que les deux précédents, ses extrémités sont plus fines, les lignes de contours plus mouvementées, or le perizonium est, contrairement aux formes du corps, plus lourd et d'un tissu plus grossier. Ce perizonium est grosso modo du même âge que les deux autres, mais le corps indique éventuellement une date quelque peu antérieure. Les traits communs aux trois crucifix sont : le calme réfléchi, le traitement sommaire, négligeant les détails, du corps pendant en ligne droite, les extrémités et les articulations finement taillées et leur modelé précis, semblable au réalisme des visages. Ces mêmes traits stylistiques principaux se répètent sur le crucifix de grandes dimensions, passé de Gyöngyös au Musée des Beaux-Arts (fig. 51—52). 26 Nous rappellerons brièvement leurs traits communs : le calme monumental du torse, l'attitude analogue de la tête, les traits du visage pénétré d'une forte expression, le même angle formé par les bras et les froissures du perizonium ressemblant à celles de Belá. Il convient cependant de mentionner, à côté de la composition et des formes identiques ou analogues, les différences de style qui rendent invraisemblable que les trois corpus mentionnés et ce dernier aient été exécutés dans le même temps. Les extrémités du Christ de Gyöngyös sont plus lourdes et plus bâclées, ses articu­lations sont plus grossières que celles de n'importe lequel de nos Christ médiévaux, le torse s'incline de la ligne auparavant régulièrement verticale, doucement à droite, le visage — les yeux sont clos —- est plus douloureux et inanimé qu'il n'était de coutume chez nos crucifix du début du XVI e siècle. Ces différences et concordances principales, brièvement esquissées, déterminent la sphère à laquelle la statue de Gyöngyös se rattache d'une façon qui semble toute naturelle : la sphère des sculptu­25 S c h ü r e r, O. — W i e s e, E.: op. cit. p. 204 ; Kampis, A.: op. cit., repr. sur p. 245. 26 j^o (j e l'inv.: 55.836. Le corpus est haut de 195 cm, la hauteur de la croix est 255 cm. Le repeint postérieur de la statue fut éliminé 1957 par Kálmán Németh. Le Musée des Beaux-Arts en 1957. Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts n° 12, 1958. p. 82. Le crucifix est peut-être identique avec celui qui était visible dans le réfectoire du couvent des Franciscains à Gyöngyös. Tóth, B.: Egyházmegyénk és a művészet (Notre diocèse et l'art). Egri Egyházmegyei Közlöny XLI, 1929. p. 143.

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