Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 18. (Budapest 1961)

PUPPI, LIONELLO: Une ancienne copie du „Cristo e il manigoldo" de Giorgione au Musée des Beaux-Arts

UNE ANCIENNE COPIE DU «CRISTO E IL MANIGOLDO » DE GIORGIONE AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS Lors de mon récent séjour à Budapest j'eus la possibilité de visiter les riches réserves bien tenues du Musée des Beaux-Arts. Parmi les tableaux, sous tant d'as­pects remarquables, que je pus y voir, une belle peinture figurant : «le Christ qui porte la croix avec trois personnages» (fig. 29), attira particulièrement ma curio­sité et mon intérêt. Je pense, maintenant, en rangeant les notes et le matériel photographique recueilli au cors de ce voyage, qu'il vaut la peine de la présenter à l'attention des amateurs d'art, en essayant de résoudre le problème d'iconographie et, ensuite, d'attribution qu'elle constitue. Il s'agit manifestement d'une copie assez fidèle, et de quelques années plus tardive du très célèbre tableau « Cristo e il manigoldo » conservé à la Scuola di S. Rocco à Venise (fig. 28) et justement attribué à mon avis à la dernière période de l'activité de Giorgione •} copie due à un maître de qualité certes mais tout à fait étranger à la culture figurative vénitienne de la première moitié du XVI e siècle. La question qui se présente apparaît singulière : en effet la fidélité, parfois ponctu­elle, avec laquelle est répété le motif iconographique de Giorgione entraînerait facilement à supposer une expérience directe de l'original ; et, en conséquence, un séjour à Venise de l'auteur de la copie. Bien qu'il n'ait pas connu le tableau de Budapest, comme d'ailleurs la plupart des spécialistes en matière d'art, Richter 2 a fait la liste d'un bon nombre de répé­titions du «Christ» de S. Rocco : 1. Une xylographie anonyme, mais datée de 1520, du Musée Correr de Venise ; 2. Une xylographie au frontispice d'une édition non datée de «Li stupendi et marauigliosi miracoli del Glorioso Christo de Sancto Roccho Nouamente Impressa » de Eustachio Celebrino, signée : Eus. F.; 3. Une xylographie dans une réimpression successive de l'édition de Celebrino : « Li stupendi et marauigliosi miracoli di Sancto Rocho nouamente stampati »; ni datée, ni signée ; 4. Une peinture à la Galerie Nationale de Parma (inv. n° 197) ; 5. Une peinture à Villa di Poggio Impériale à Florence, que l'on peut dater d'avant 1594 ; 6. Un relief en marbre conservé dans l'église de S. Rocco à Venise ; 7. Un relief en marbre du Musée Correr de Venise ; 1 Ce n'est pas mon intention, de toutes façons, d'aller au fond d'une question quel­que peu controversée, depuis l'époque des incertaines et équivoques citations de Vasari. Pour une bonne récapitulation du problème, cfr. Zampetti, P.: Catalogo délia Mostra «Giorgione e i giorgioneschi ». II. Venezia, 1955. p. 114. 2 R i c h t e r, G. M.: Giorgio da Castelfranco. Chicago, 1957. p. '246.

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