Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 17. (Budapest 1960

GARAS, CLAIRE: Carlo Innocenzo Carlone

désirées. 31 Il est naturel que dans de telles conditions, certains traits et données se sont stabilisés dans ses fresques, et bien que sa conception et sa manière de repré­sentation dénotent incontestablement un développement et un certain changement, les transitions du style sont modérées. Ayant réussi, vers le milieu des années 1720, à atténuer définitivement le caractère massif et la pesanteur baroque de ses oeuvres, de jeunesse, ce sera dorénavant une manière rococo plus relâchée, plus aérée et plus légère dans les proportions et structures, qui caractérise ses créations. Il restera jusqu'à sa dernière période fidèle à" la représentation décorative, peu dynamique, d'un rythme agréable et rayonnant d'une sérénité et d'un charme attrayant, mais modeste en sentiments et actions. Cet art courtois et aristocratique, par excellence décoratif, cristallisé dans ses formes propres à lui, art dont Carlone était lui aussi un représentant, manquera dès le milieu du siècle, de plus en plus d'attaches et perdera sa raison d'être. Dans la nouvelle phase de l'évolution, dans la situation historique et sociale changée, les solutions des peintres décorateurs italiens semblables à Carlone seront dépassées. L'artiste, le contemporain de Mengs et de Winckelman, qui disparaît en 1775, survécut de loin à la période que son art représentait. Dès les années 1730 les con­ditions devinrent de plus en plus défavorables, les commandes s'amenuisèrent et passèrent de plus en plus aux maîtres locaux et du pays. Les fresquistes allemands et autrichiens non seulement qu'ils pouvaient en ces temps se mesurer déjà avec les maîtres italiens, mais les dépassaient bien souvent avec leur art plus individuel, plus original et plus poussé. La sensibilité plus riche des écoles locales nouvellement formées, leur manière d'expression d'une teinte populaire et réaliste répondaient mieux aux exigences artistiques touchant des milieux plus vastes, et au programme devenant de plus en plus ample. Aussi le caractère des commandes était-il consi­dérablement changé : la majeure partie des constructions princières étant terminée, la décoration artistique des centres princiers touchait, à quelques exceptions près, à sa fin. 11 est vrai que les artistes italiens les plus illustres, comme Giovanni Battista Tiepolo par exemple, obtiendront encore des commandes à l'étranger (Würzburg, Madrid, etc.) mais les sources jusqu'alors si abondantes pour l'armée des peintres, sculpteurs et stucateurs italiens sont taries. Vers la fin des années 1740, nous avons vu, Carlone retourne lui aussi en Italie où il essaye de s'adapter aux conditions plus modestes de la Lombardié. Il reprend et varie dans les oeuvres exécutées dans les églises des petites villes et villages et dans les résidences des nobles de Milan et de Brescia, avec peu de modifications les formes artistiques et les com­positions qu'il s'était habituées pendant toute sa vie. Et bien que sa maîtrise et ses connaissances techniques éprouvées furent pleinement appréciées par ses contem­porains, ayant été le représentant d'une époque disparue à côté du nouveau qui se dé­veloppait rapidement, il fut bientôt relégué au second plan, et tombé dans l'oubli 31 II suffit de mentionner parmi les nombreuses imitations les suivantes : le groupe de Minerve et des arts sur le plafond de l'Ahnengalerie de Ludwigsburg est presque identique avec celui de l'escalier de Brühl, les deux figures de femmes médianes du groupe d'Apollon et les muses, sur un autre plafond de Ludwigsburg, figurent sous une forme analogue dans la salle de musique de Brühl, la fresque de l'hôtel Daun à Vienne se répète dans la fresque du Palais Clam-Gallas de Prague, etc. Füssli (op. cit. p. 228) mentionne que le legs de Carlone comprenait environ 500 esquisses exécutées avec beaucoup de som, et nous savons par les notices de Frisoni que Carlone, lors de ses voyages, «schöne Sachen mit etlichen Modellen bey sich führe. » Fleischhauer, opÜ cit. 312.

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