Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 16. (Budapest 1960)

GERSZI, THÉRESE: Dessins de peintres maniéristes de l'Allemagne du Sud

DESSINS DE DE PEINTRES L'ALLEMAGNE MANIÉRISTES DU SUD Les centres d'art de l'Allemagne du Sud, florissant au XV e et au début du XVI e siècle, étaient, dans la seconde moitié du XVI e siècle poussés à l'arrière plan par la cour de Munich. Grâce à la générosité des mécènes Albert V et Guillaume V, Munich s'est acquis pendant quelques dizaines d'années une importance qui rivalisait avec celle de Prague. Tout en ayant nombreux traits communs, ces deux grands centres d'art différaient l'un de l'autre dans un point essentiel. La société d'artistes qui se rassemblait à Prague était, dès le début, plus internationale que celle de Munich, où, en dehors de quelques artistes étrangers, ont exercé pour la plupart des maîtres allemands. A côté des étrangers, comme Sustris et Candid très fêtés dans la capitale bavaroise, de tâches importantes revenaient aux membres de la famille Bocksberger, à Hans Mielich, Christoph Schwarz, qui s'élevait loin au-dessus de ses contemporains allemands, à ses élèves, ainsi qu'à Rottenhammer, qui débutait à Munich. Semblablement aux peintres de Prague, les maîtres de l'Allemagne du Sud subirent eux aussi l'influence des artistes néerlandais. Presque tous connaissaient l'Italie. Au cours de leur voyages, et grâce à Sustris et à Candid, exerçant à Munich, ils eurent l'occasion de connaître les résultats du maniérisme néerlandais, et assimilè­rent les influences étrangères mieux que leurs compatriotes de Prague. Ayant con­tinué dans un entourage allemand la pratique artistique, en son essence locale, les traits spécifiquement allemands de leur art sont plus apparents et leurs attaches avec les traditions sont plus nettes. Christoph Schwarz, qui fut très estimé même par ses contemporains et que les experts mentionnaient comme « la perle de la peinture allemande », eut pour maître Melchior Bocksberger qui travaillait à Munich. La relation entre maître et apprenti a elle aussi renforcé la continuité de la tradition locale. Les années d'apprentissage servaient non seulement à acquérir les notions élémentaires de la peinture, mais aussi à mettre en pratique la tradition artistique. Le séjour en Italie fut aussi pour Christoph Schwarz un événement d'une importance décisive, mais bien qu'il subît fortement l'influence de la peinture vénitienne, la tradition de son pays ne cessait de s'affirmer dans son art. Ridolfi écrit qu'il fut l'un de ces Allemands qui arrivèrent en Italie en apportant avec eux un style artistique pas trop bon, « ma educati in quella scuola divennero valorosi, e riportavano aile case loro ed in particolare lo Swarc un accrescimento di molta virtù. » x Schwarz fut saisi surtout par le pittoresque des oeuvres tardives de Titien, l'élégance des types du Veronese et les compositions dramatiques du Tintoret. C'est d'eux qu'il apprit de rendre sensible par le clair-obscur l'espace et l'atmosphère, c'est à l'étude des oeuvres de 1 Ridolfi, C: Le meraviglie dell'arte . . . Padova, I. 1835. p. 292.

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