Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 16. (Budapest 1960)
BOSKOVITS, NICOLAS: Un „Christ de Pitié" bolonais
La confrontation des textes d'indulgence permet de constater que certaines formules, données et noms s'y répètent, et qu'ils remontent à un prototype supposé. La variété extraordinaire des textes d'indulgence s'expliquent par les modifications apportées en effet par les divers pontifes, ainsi que par les passages apocryphes joints à l'ancien texte d'après quelque tradition orale ou croyance publique. Il est toutefois surprenant que l'un des types de textes se réfère réitérément à Saint Pierre qui aurait accordé ces indulgences. 20 Ce type de texte cite un nombre déterminé de papes et d'évêques, nommément Innocent IV, qui ont tous confirmé et prolongé ce texte d'indulgence. A ceci vient s'ajouter encore la signification apotropaïque ci-dessus mentionnée, donc l'aide qu'apportent les «armes» à l'accouchement, et leur protection contre la mauvaise mort. 21 Rodolphe Berliner, qui a récemment étudié la question, ne connaît de texte analogue que du milieu du XV e siècle, 22 et considère ainsi ce type comme relativement tardif. La nouvelle acquisition do Quirizio da Murano, à l'Académie de Venise (repr.: Critica d'Arte IV, 1939. p. 36), pour ne citer que quelques exemples. Tel que le montre ce dernier, ce type a survécu au XV e encore, alors que naquirent l'un après l'autre les exemples parfaits de la composition : la fresque de Lorenzo Monaco au cloître degli Oblati, à Florence (repr.: S i r é n, O.: Don Lorenzo Monaco. Strassburg, 1905. pl. I), le tableau de ce maître conservé à l'Académie de Florence (repr.: P a n o f s k y, E.: op. cit. p. 269), le tableau de Domenico di Michelino au Musée Benoît-Molin à Chambéry (repr.: Rivista d'Arte XVII, 1935. . . .), ou le panneau d'un maître inconnu de la Pinacothèque de Crémone (repr.: P u e r a r i, A.: La Pinacoteca. di Cremona, Cremona, 1951, fig. 29) et le panneau dû à un maître de l'Italie Centrale, du XV 15 siècle, se trouvant au Musée Schnütgen à Cologne (repr.: B erliner, R.: op. cit. p. 83). Ces deux derniers portent une inscription contenant une indulgence. — La représentation augmentée de la messe de Saint Grégoire est rare en Italie. J'ai trouvé une telle sur une gravure datant de la seconde moitié du XV e siècle. (Voir: Hind, A: Early Italian Engraving. II. London —New York, 1938. p. 43). Je ne citerai qu'un seul exemple où la scène de la Descente de Croix ou de la Déploration du Christ est rattachée aux « armes du Christ » : le panneau de Fra Angelico, se trouvant dans la collection Kress de New York (repr.: Painting and Sculpture from the Kress Collection. National Gallery of Art, Washington, 1949. p. 31). 20 Quant à la variété des textes de l'indulgence, déjà le pape Innocent III s'en plaint dans le 62^ canon du (quatrième) concile du Lateran, en accentuant qiie dorénavant seules seront valables les indulgences confirmées par le pape ou par l'évêque du diocèse. (Cf.: Gottlob, A.: Kreuzablass und Almosenablass. Stuttgart, 1906 p. 250 et suiv.). Les règlements rencontrés plus tard à maintes reprises permettent de conclure que ce ne fut pourtant pas le cas. Toujours est-il que pour prouver leur validité, les indulgences se réfèrent au XIV e siècle si possible aux papes et aux évèques. Il existe, en effet, des données selon lesquelles quelques papes avaient accordé des indulgences en honneur de certains tableaux (cf.: Paulus, N.: op. cit. II, p. 20 et III, p. 431). D'autre part l'indulgence se référant à Saint Pierre ne doit pas être considérée comme absolument apocryphe ; on peut supposer dans de tels cas, comme aussi dans le cas de notre tableau, que le pape qui avait édité la formule originale de l'indulgence, en se référant au pouvoir de lier et de dispenser, attribué à Saint Pierre, a désiré de renforcer, en évoquant l'autorité du premier pape, le droit de la concession de l'indulgence. Dans les textes édités plus tard, transformés et abbréviés selon le style populaire, cette explication sera, par amour de la simplicité, omise. 21 Voir le versioule du XV e siècle publié dans Blume — Dre v es: Analecta Hymnica Medii Aevi. Leipzig. 1886. 31. p. 98: « Portans secum arma digne / A perioulo et igne / Et ab aquis est securus / Cum est vitam redditurus / Saeramentis non carebit / Nec daemonium pavebit, / Mulier in partu stricta / Portans secum arma picta / Contuenda reverenter / Mox solvetur eius venter.» (Cf.: en outre: Berliner, R.: op. cit. p. 64 et note n» 307). -- Op. cit. p. 129, note n° 310 : « Wer unsern herren waffen altag ansieht mit sampt der parmherzigkeit vnd spricht mit dem psalm Deus misereatur nostri mit dem hernach geschriben gebetten der hatt von sant Peter dem zwölfbotten vier Jar antlass vnd von dreysig bäbsten nach y m von yedem hundert tag. Item von acht vnd zwanzig bisehoffen von yedem XL tag antlass. Innocentius der vierd babst hat den obgenannten antlass