Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 15. (Budapest 1959)

TAKÁCS, MARIANNE: Un tableau de Nicolas Poussin au Musée des Beaux-Arts

UN TABLEAU DE NICOLAS BEAUX POUSSIN -ARTS AU MUSÉE DES Le jeune Poussin arrive à Rome en 1624. Admirateur du monde antique et des maîtres Renaissance, mais connaissant aussi les tendances de l'art vivant, il végète, entre 1624 et 1627, comme étranger inconnu dans la ville de ses rêves. 1 Son protecteur G. B. Marino, auteur de « Adone », quitte Rome bientôt après l'arri­vée de Poussin, pour se rendre dans sa ville natale où il meurt en Mars 1625. 2 Il n'a donc pas le temps de recommander le jeune peintre aux mécènes romains. Le cardi­nal Eederigo Barberini, neveu du pape Urbain VIII, chez lequel il introduit le jeune Français, 3 s'embarque à Civitavecchia pour Paris et Madrid où il passera dix-huit mois. L'artiste pauvre et solitaire se trouve dans une situation telle qu'il est obligé de vendre deux tableaux de bataille pour quatorze écus en tout. 4 Malgré tous ses efforts il ne peut gagner les amateurs sur lesquels il avait compté. Le goût du public sera mieux servi par ses tableaux religieux, destinés pour des demeures modestes. L'artiste qui cultive avec une âme fervente les traditions de la Renaissance, fait valoir aussi dans ceux-ci la grâce française, la pureté des formes et les couleurs claires et brillantes. C'est la raison pour laquelle les ouvrages traitant de Poussin tiennent à jour plus de trente versions des compositions de jeunesse de la « Sainte Famille». Plusieurs douzaines existent des «Vierge» et des «Fuite en Egypte» d'un esprit analogue, qui avec les « Bacchanales » de petit format mais différant à peine de ceux-ci quant à leur conception et exécution, sont très affectionnées par la classe moyenne plus éclairée et possédant une culture humaniste. E. Magne écrit que les dessins faits pour les compositions de la « Sainte Famille », sont aussi nom­breux que les flots de la mer. 5 Le monde des formes antiques, les résultats de la Renaissance, la plasticité ro­maine, la grâce de Raphaël, les couleurs et les formes de Titien caractérisent ses tableaux qui nous sont connus surtout par des gravures. Quelques-uns de ses tableaux existent au Louvre, 6 dans la collection Thyssen-Bornemissza de Lu­1 Grautoff, O. : Nicolas Poussin. Soin Werk und sein Leben. München —Leip­zig, 1914. p. 64. 2 Grautoff écrit que Marino avait présenté le peintre au cardinal avec ces mots : « Vederete un giovane, che a una furia di diavolo ». Op. cit. 3 Cf. B a 1 d i n u c c i, F. : Notizie de' Professori del disegno. Torino, 1770. p. 354. 4 Les deux tableaux de bataille sont, comme il est à supposer, identiques avec le •« Josué vainqueur des Amélécites» de l'Ermitage de Leningrad (N° de l'inv. 6741) et le « Josué vainqueur des Amorrhéens » du Musée Pouchkine de Moscou (N° de l'inv. 1064). Cf. Grautoff: op. cit. p. 65. Tous deux tableaux étaient alors à l'Er­mitage. s M a g n e, E. : Nicolas Poussin premier peintre du roi . . . Bruxelles —Paris, 1914. p. 214. 6 « Sainte Famille dans un paysage » ; petite « Sainte Famille >>.

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