Radocsay Dénes - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 13.(Budapest, 1958)

GARAS, CLAIRE: Felix Ivo Leicher

constaté que le tableau était l'esquisse de la « Sainte Barbe », tableau d'autel signé et authentique de Félix Ivo Leicher, de l'église de Königsfeld (Brünn). La solution structurale du tableau d'autel et de l'esquisse, avec à l'avant-plan les marches d'escalier disposées diagonalement et les personnages sur les deux bords servant de repoussoir, repètent la structure des premiers tableaux d'autels de Maulbertsch. Aussi les types et les personnages nous sont-ils bien connus par les œuvres de ce maître (à droite au premier plan, la femme vue de dos est analogue à la figure fémi­nine de l'esquisse représentant le Mariage ele la Vierge, le cavalier dans l'arrière plan figure sur les tableaux ele «Saint André » et de « Judas Tadée », à Vienne, etc.). Leicher s'efforce de rester fielèle à Maulbertsch aussi dans les mouvements elrama­tiques et dans le traitement eles couleurs et de la lumière, sa facture toutefois manque de la verve prenante et de la légèreté géniale caractérisant les tableaux de son maître. Ses formes sont plus grossières et lourdes, le tracé est moins sûr, les pro­portions sont parfois déformées et l'exécution est plus faele et plombée que de n'im­porte quelle œuvre authentique sortie de la main de Maulbertsch. L'esquisse de la «Sainte Barbe» témoigne tant dans son ensemble que elans ses détails, de l'insuf­fisance de l'imitateur d'un talent modeste et manquant d'audace. Félix Ivo Leicher est né en 1727 à Wagstadt, en Moravie. Elève eles Piaristes à Freiberg, c'est avec ses décors exécutés pour un drame scolaire qu'il attira sur lui — selon les données biographiques de Cerroni — l'attention élu peintre Franz Schaffer chez qui il étudia ensuite la peinture pendant quatre ans, jusqu'à 1749. 3 Dès 1751 il poursuivit ses études à l'Académie de Vienne. En 1754, le deuxième prix lui a été attribué pour son tableau intitulé « L'Onction ele Saul », et il devint le « Schutzvervvandte », membre aux droits limités, de l'Académie. 4 Nous ignorons les débuts de ses relations avec Maulbertsch, il est toutefois probable qu'il soit entré, tout jeune encore, comme il est à présumer, immédiatement après ses années aca­démiques, en rapport avec la maître à peine de trois ans son aîné et dont la carrière commençait alors à prendre un essor. Il paraît que les deux peintres sont entrés en contact l'un avec l'autre par l'intermédiaire des Piaristes ; c'est dans l'église des Piaristes de Vienne que Maulbertsch a peint sa première grande fresque en 1752—53, et les premières œuvres indépendantes de Leicher, les tableaux d'autel de l'église Sainte Thekla an der Wieden, ont été exécutées elles aussi en 1755—56 sur commande des Piaristes. Leur première œuvre commune était également due à une commande des Piaristes : les décors de l'église des Piaristes de Nikolsburg datant de 1759. Comme le témoignent certaines données, Leicher a collaboré aussi à l'exécution des fresques décorant l'église, vu cependant que nous ne possédons en dehors de celles-ci aucune donnée indiquant qu'il ait fait des fresques, il est plus vraisemblable qu'on le chargeait seulement de peindre une partie des tableaux d'autel. 5 Le tableau du maître-autel représentant le Baptême du Christ et l'Apo­3 Cerroni, J. : Geschichte der Bildenden Künste in Mähren und dem Österr. Schlesien. Brünn, Archives Ms. I. 35, J47. La première biographie de Leicher est due à L u c a, I. de : Das gelehrte Österreich II. Vienne, 1778. p. 325. 4 Weinkopf, A.: Die Geschichte der K. K. Akademie der Künste, Vienne, 1783. p. 49, 98. Les données relatives aux conditions de vie de Leicher sont assez rares. Le N° 23 (du 18 mars), 1772 du Wienerisches Diarium nous renseigne sur la. mort d'un enfant du peintre, âgé de trois ans, et le N° 35 du 30 avril 1777 de la mort d'un autre enfant âgé de deux ans. Le peintre habita en ces temps dans sa propre maison dans le Neubau, périphérie de Vienne (N" 149). 5 C e r r o n i : op. oit, p. 147, « La mort de Saint Joseph » et le « Saint Philippe de Neri », ,,und zum Theil die Kirchendecke in Fresco". La « Mort de Saint Joseph » ne nous est parvenue que dans une variante plus récente.

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