Radocsay Dénes - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 13.(Budapest, 1958)

FENYŐ, IVAN: Dessins italiens inconnus

non plus être considéré comme une œuvre authentique de Jacopo Tintoretto, mais comme un morceau d'atelier de bonne qualité. On déplore qu'il est en mauvais état de conservation, et les déchirures et manques sur le verso — ici non reprodu it •— de la feuille influencent désavantageusement l'effet du visage. 4 La feuille représentant la « Multiplication des pains et des poissons » (fig. 38 et 39) ne fait pas partie des dessins récemment découverts, mais elle a été achetée l'an dernier. Le propriétaire précédent de ce dessin, autant important que la tête de Vitellius, l'a attribué à l'atelier de Jacopo Tintoretto, attribution qui, en tant que désignation du style, est bien juste, permettant de reconnaître clans la feuille un bel exemple de la manière de Palma le Jeune, élève du Tintoret. 5 Le recto comme le verso du dessin plein de force et de verve, est tellement caractéristique du style du maître maniériste que l'attribution est, même seul sur la base d'une critique du style, parfaitement convaincante. Nous possédons toutefois aussi une preuve maté­rielle : en recherchant l'œuvre pictural de Palma le Jeune, nous étions en mesure de constater que le dessin a été exécuté pour le tableau d'autel de l'église des Carmin: de Venise (fig. 37). 6 L'opinion selon laquelle Palma le Jeune était en général plus important comme dessinateur que comme peintre, est valable aussi dans le cas présent. Le dessin d'esquisse et le tableau achevé ele la « Multiplication des pains et des poissons », bien que dans leur composition ils montrent une concordance extrême, la structure de l'esquisse est plus claire et plus lucide, la représentation ele la foule est plus compacte que dans le tableau. L'esquisse élu verso est une « Pietà » des plus touchantes du maître. L'expression de la tête barbue rappelle les portraits, souvent exquises, figurant dans les tableaux du peintre maniériste vénitien. Nous ignorons si la date ele l'exécution du tableau de l'église des Carmini est connue ou non, vu que la littérature, ni ancienne ni récente, n'en fournit de donnés. Le 4 Nous avons trouvé parmi ees feuilles récemment mises à jour encore une tête de Vitellius dessinée avec une technique identique (N° de l'inv. 58.81 I.K.), un exemplaire bien plus faible que celui publié. Ce dessin exécuté sans aucun doute déjà au XVII e siècle, porte les indices d'une étude scolaire. Ce n'est pas seul dans l'atelier du Tintoret qu' on avait dessiné la tête de Vitellius. Un exemple en est le dessin de Jacopo Bassano au Louvre, publié par Michelangelo Muraro dans le Vol. 1952 de ,,Arte Vencta" (p. 55, fig. 45.)—-Hans et Erika Tietze dans leur étude intitulée ,, Tizianstudien" (Jahrb. der Kunsthist. Sammlungen, Vienne, 1936, p. 190) ont par contre démontré que la tête de Vitellius, souvent dessiné par le Tintoret a dû être connue aussi par Titien. — Je me réfère fináléméit au beau dessin d'Auuibale Cara'^ci, du Musée Boymans de Rotterdam, qui représente selon toute probabilité, la tête de Vitellius en question. La feuille est publiée par Michael Jaffè dans le N° de Nov. 1956 de la revue Paragone. 5 N° de l'inv. 57.1.K.; le verso porte une Pietà et une tête barbue.: 168 X 445 mm. — Dessin à la plume au bistre. Le recto est lavé, sur la tête barbue du verso on voit les traces de sanguine. Jadis dans la collection de Fritz Hasselmann (Marque Lugt 1012). Le Cabinet des dessins du Musée des Beaux-Arts conserve nombreuses feuilles de Palma le Jeune ; beaucoup parmi celles-ci posent des problèmes sérieux quant à la paternité de Palma le Jeune, ainsi qu'à la question si elles sont des copies ou des originaux. Je tiens à signaler que je suis en train de préparer un ouvrage synthétique sur les dessins de l'Italie du Nord — en premier lieu vénitiens — compris dans la collection de Buda­pest. Cet ouvrage demandera aussi une étude approfondie des questions qui se po­sent en rapport avec nombreux dessins appartenant au cercle de Palma le Jeune. 6 Giuiio Lorenzetti, dans son ouvrage intitulé « Venezia e il suo Estuario" (Rome, 1956. p. 552), mentionne le tableau de l'église des Carmini — différemment de la tradition et de sa désignation générale dans l'histoire de l'art — tomme l'oeuvre d'Andréa Schiavone. Or, le dessin de Budapest ici publié met la paternité de Palma le Jeune hors de doute. — Je remercie vivement M. Giuseppe Fiocco, directeur de la Fonda­zi one Giorgio Cini de Venise et le Docteur Lino Moretti pour la photographie du tableau de l'église des Carmini qu'ils ont bien voulu m'envoyer.

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