Radocsay Dénes - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 13.(Budapest, 1958)

AGGHÁZY, MARIE: Les modeles des statues du monument funéraire de la famille Esterházy

aussi de la fonte de canons et comptait parmi ses clients, déjà en 1663, les Ester­házy, seigneurs de Forchtenstein — Fraknó. 9 Le magnat hongrois, mécène d'art, a pu toutefois recevoir aussi ailleurs une impulsion de faire fondre des statues. C'est de l'atelier de Herold que sortit entre 1665 et 1667 la colonne de bronze de la Vierge érigée sur la Place Am Hof à Vienne, avec sa figure principale et ses quatre putti ailés et armés ; 10 le socle de pierre a été exécuté par Carlo Martino Car lone qui conclut, en 1663, un contrat avec Paul Ester­házy pour faire le projet de son château de Eisenstadt. 11 Les rapports de Paul Ester­házy avec la fonderie de Balthazar Herold seraient donc de date plus ancienne et multiples. Après 1681, date de la décoration de la Toison d'or, et 1682, année de son second mariage, l'exécution des statues n'a plus pu avoir lieu, le maître directeur de l'atelier étant décéelé en 1683. Les modèles de bois, sculptés peut-être à Bratislava, n'ont guère pu arriver elans l'atelier installé à Vienne, ou bien c'est de là qu'ils sont pas­sés à Bratislava, mais sous cette forme provisoire. Aussi la question de leur mise en place et de la personne de leur sculpteur ou de leur tailleur n'est-elle pas encore éclaircie. Grâce à des analogies étrangères le premier problème peut-être aisément résolu, tandis que l'on ne pourrait approcher le second que par des suppositions. On rencontre au nord des Alpes également les figures, disposées de manière analogue et dues à des maîtres italiens, du type ele monument funéraire mural baroque évolué en Italie. L'exemple le plus caractéristique en est la série de statues de la cha­pelle funéraire des princes de Saxe à Freiberg, œuvre de G. M. Nosseni et de C. de Cesare. datant des années entre 1585 et 1594. 12 Les figures agenouillées n'ont pu être in­tégrées dans le cadre architectural près du mur qu'en leur coupant les pieds (fig. 34). Quant à la personne du sculpteur ou du tailleur on ne peut l'approcher qu'au moyen des analogies du style. Une statue funéraire de structure et de proportions semblables, mais datant de quelques dizaines d'années plus tard, de 1722, celle du général Radwit de Souches notamment, se trouve dans l'église Saint Jacob à Brno. 13 Le corps allongé, la taille longue, les extrémités longues et minces et la tête relati vement grande, ainsi que l'attitude maladroit du corps sont parfaitement identiques dans les statues de Brno et de Bratislava. Le sculpteur de la statue de Brno est Johann Christian, ou Johann Kaspar Pröbstl. 14 Ce sculpteur devint en 1682 citoyen de Brno et fournit en 1720 au fondeur Siegmund Kercker, d'origine nurembergoise, le modèle du monument de Souches. Il n'est pas impossible que Pröbstl, avant d'arriver à Brno, ait travaillé pour l'atelier de \ienne de Balthazar Herold, également d'origine nurembergoise, et ce n'est qu'au début des années 1680, après la liquielation de cet atelier, qu'il s'est rendu à Brno. Le premier travail qui lui fut confié était l'exécution de la figure secondaire de la colonne de la Vierge, érigée -à Brno également. Les solutions analogues à celles de la fonderie de Vienne per­mettent de supposer que le sculpteur Pröbstl a eu un rôle dans la genèse des moelèles des statues funéraires de la famille Esterházy. MARIE AGGHÁZY 9 Thieme — Beeker: Alig. Lexikon XVI. Leipzig, 1923. p. 520. 10 L i s t, C. : Bildhauer Arbeiten in Österreich—Ungarn. Vienne, 1897. Pl. 20 el 21. "Melier, S. : Az Esterházy képtár története (Histoire de la Galerie Esterházv). Budapest, 1915. XV. v- B r uh n s, L. : Das Motiv der ewigen Anbetung in der römischen Giabplastik . . . Römisches Jahrbuch für Kunstgeschichte. IV Vienne, 1940. p. 295 — 296., fig. 216. 13 P r o k o p, A. : Die Markgrafschaft Mähren in Kunstgeschichtlicher Beziehung. IV. Vienne, 1904. p. 1253 — 1254., fig. 1538 et 1539. 14 T h i e m e — Becker: Alig. Lexikon XX. Leipzig, 1927. p. 160 et XXVII. Leip­zig, 1933. p. 418.

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