Radocsay Dénes - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 13.(Budapest, 1958)
GERSZI, THÉRESE: Contributions a l'art des peintres allemands de cour de Rodolphe II.
notre dessin ont été dessinées d'après celles des deux personnages principaux de la composition conservée dans la gravure. Ce fait, ainsi que la faible qualité portent à croire que le dessin n'est pas une œuvre sortie de la main de l'artiste, mais une copie d'atelier, ou encore mieux, la compilation d'éléments empruntés aux œuvres de Hans von Aachen. Les deux dessins de sujet biblique qui conservent la composition d'un tableau de jeunesse perdu d'Aachen, diffèrent des créations plus tardives de sa période de Prague non seulement par leur sujets, mais aussi par leur caractère et style. Ces créations premières, inspirées par le Tintoret, ne trahissent encore rien de l'esprit profane, mythologisant et allégorisant, de l'érotisme, de la vive imagination et de l'habileté décorative de ses œuvres tardives, ni de sa sensibilité subtile qui, cependant, n'a jamais diminué son goût des aspects grossiers et grotesques de la réalité. Cette souplesse spirituelle, réagissant délicatement aux diverses influences, est un trait des plus caractéristiques de la société internationale d'artistes travaillant dans la cour de Prague. Dans ce centre d'art devenu le foyer des influences artistiques nordiques, méridionales et occidentales, le maniérisme rodolphien fondant ensemble presque toutes les tendances artistiques de l'époque, mais gardant malgré cela une teinte spécifique propre à lui, s'est évolué relativement de bonne heure. Dans l'évolution de cet art un rôle important revenait à l'empereur Rodolphe lui-même dont le goût raffiné et les exigences artistiques particulières ont régi non seulement le thème, mais aussi le style des œuvres d'art. Une des tâches principales des artistes de la cour était de perpétuer les traits de l'empereur et des personnes de son entourage. Notre collection renferme elle aussi un portrait en pied à l'aquarelle de l'empereur Rodolphe, classé comme l'œuvre d'un peintre inconnu de Prague (fig. 17). 25 Le costume de guerrier avec la cuirasse, le sabre et le bâton de maréchal, ainsi que la couronne de laurier sur la tête, symbolisant la victoire, n'était pas le costume caractéristique de l'empereur, il n'est que le signe d'une concession faite aux demandes des temps de guerre. L'harmonie étouffée et atone des couleurs du portrait dessiné avec de traits tantôt s'amincissant, tantôt grossissant, légèrement lavés de brun, jaune et rouge, dénote la main d'un artiste qui possédait une culture picturale maniériste. Les portraits en pied de l'empereur sont peu nombreux, d'autant plus fréquents sont les portraits en buste. Les portraits peints ou dessinés d'après nature sont fort rares, les peintres ont, pour la plupart, copié les ouvrages l'un de l'autre, c'est pourquoi la majeure partie des portraits présentent l'empereur dans la même attitude, avec la tête tournée un peu à droite. Le dessin de Budapest est le plus proche du portrait en buste d'Aachen exécuté en 1603, — à l'occasion de la victoire de l'empereur sur les Turcs 26 — qui nous est resté grâce à la gravure de Sadeler. Le dessin de Budapest a dû lui aussi être fait dans ces années et nous présumons que son auteur était un des peintres travaillant dans l'entourage d'Aachen. Notre collection conserve quelques beaux dessins à la sanguine et pierre noire de Joseph Heintz, qui travailla à Rome comme apprenti d'Aachen : l'un représente une femme debout se peignant les cheveux et une femme assisse (fig. 18). 27 Le revers 25 N° de l'inv. 310. Atelier d'Aachen : L'Empereur Rodolphe II en armure. Dessin à la plume et au pinceau; sépia et bistre, rehaussé de rouge et de blanc. 185x125 mm. De la collection Delhaes. 26 Peltzer, R. A.: Der Hofmaler Hans von Aachen . . . Jahrbuch der Kunsthistorischen Sammlungen . . . XXX, Vienne, 1912. fig. 36. 27 N° de l'inv. 83. Joseph Heintz : Femme se peignant les cheveux. Dessin à la sanguire et pierre noire 210x183 mm. Des collections Wiesböck et Delhaes.