Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 9. (Budapest, 1956)

KAPOSY, VÉRONIQUE: Les dessins de Jacob de Wit au Musée des Beaux-Arts

LES DESSINS DE JACOB DE WIT AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS Jacob de Wit fut dans la première moitié du XVIII e siècle un peintre fort ap­précié et recherché en Hollande. On l'a surnommé le « Rubens de son époque », titre qu'il mérita plutôt par son style se rattachant à celui de Rubens et à ses activités multiples que par la grande qualité de son art. Une partie de ses oeuvres est constituée par des tableaux commandés par l'église, tandis que l'autre partie figure des scènes mythologiques et allégoriques, sujets chers à l'artiste. Il fut chargé de décorer plusieurs palais et de peindre des plafonds de grandes dimensions, mais il créa en même temps nombreux tableaux de caractère décoratif, des grisailles représentant des putti enjoués, ainsi que des sopraportes. Les putti rondelets tenant des guirlandes de fleurs et des fruits apparaissent dans ses gravures également. Les dessins occupent dans son oeuvre une place importante tant pour leur nombre que pour leur qualité. Le nombre relativement grand et les types variés des dessins attestent que Wit prêta beaucoup d'importance aux dessins préliminaires. C'est le développement et les diverses étapes d'une composition soigneusement préparée que l'on peut suivre à propos d'un dessin du Musée des Beaux-Arts de Budapest (fig. 32), daté de 1732 et représentant l'Annonciation. 1 Le dessin figure la Vierge agenouillée sur un prie-Dieu disposé devant une colonne. Elle lève un regard étonné du livre dans lequel elle lit, elle élève légèrement son genou gauche comme si elle voulait se dresser de sa position agenouillée. Elle tient la main droite devant elle d'un geste étonné et effrayé, consternée par l'apparition inattendue de l'Ange. L'Ange se penche un peu en avant et tient de ses mains ses voiles richement drapés, en avançant vers la Vierge. Le profil à la grecque au front abrupt, encadré de boucles flottantes contraste avec les traits plus fins et féminins de la Vierge. L'effet théâ­tral du tableau est augmenté encore par un angelot planant, qui, devant la scène, tire de côté le rideau richement drapé et retombant de l'angle supérieur gauche. C'est derrière cette draperie que se répend la lumière céleste rayonnée par le Saint Esprit apparaissant sous l'image d'une colombe entourée d'angelots planant dans les nuages. Le dessin à l'aquarelle a été exécuté en couleurs gaies et vives. La robe d'un brun grisâtre clair est avivée par un manteau bleu cobalt, et l'ange est enveloppé de voiles roses et d'un jaune chaud. Le rideau est d'un vert sal. et les rayons éclairant la Vierge sont rehaussés d'un blanc opaque. L'esquisse est d'un travail soignée, la composition est réfléchie et le dessin n'est nulle part corrigé. Son fini atteste que l'aquarelle a été précédée de croquis et de compositions préli­1 Signé : « J. d. Wit invt et F. 1732. » 448 X 290 mm. No de l'inv. 1916 — 78. r- Le dessin est entré au Musée en 1916 par voie d'achat. Il a figuré auparavant à la vente d'Amsterdam, reproduit dans le « Catalogue de feu M. Vincent van Gogh. III e partie. MM. R. W. P. de Vries. Amsterdam, 1913. No 904. Pl. XXV. Il a figuré aux expositions suivantes d'oeuvres graphiques du Musée des Beaux-Arts : Nouvelles acquisitions. 1917. No 91 ; LXIV. Dessins néerlandais. 1932. No 241 ; LXVII. Procédés graphiques. 1934. No 222.

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