Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 9. (Budapest, 1956)

CASTIGLIONE, LADISLAS: Deux nouveaux exemplaires de l'Aphrodite d'Alexandrie

et acheté ces statuettes pour que l'effigie de la déesse assure, dans les maisons 31 ou bien gardée sur le corps, le bonheur et la tranquillité delà vie conjugale et fami­liale. Les statuettes d'Aphrodite exécutées en métal précieux ou en bronze figu­rent souvent sur les contrats de mariages et les documents 32 dans l'énumération des objets possédés ou reçus en dot par la fiancée. Grâce à ces données la supposi­tion selon laquelle les statuettes d'Aphrodite furent la possession privée des femmes, devient une certitude en soi-même. Elles étaient en cette qualité les effigies de la divinité protectrice des femmes, donc des objets cultuels. 33 A l'époque romaine un changement important peut être observé aussi dans le rapport entre les imitations et le modèle. La revue de ces statuettes nous con­vainc qu'elles ne furent en aucun cas fabriquées sous l'influence directe du modèle original, mais qu'elles étaient les résultats indirects d'une longue suite d'imitations. Les artistes qui les ont exécutées n'avaient plus compris et apprécié la beauté artis­tique, ni la conception et le sujet du modèle original, aussi est-il probable que la plupart d'entre eux n'ont jamais connu la statue d'Alexandrie. Les représentations de l'Anadyomène de l'époque romaine sont rattachées l'une à l'autre par le schéma de l'effigie d'Aphrodite, fixé, dans les arts mineurs, et non par leur rapport avec le modèle original. Etant donné qu'il est difficile de supposer que les fondeurs de bronze et les céramistes, travaillant dans les diverses régions du pays, aient imité la grande statue d'Alexandrie — ce qui fut sans aucun doute le cas pour les sculp­teurs et tailleurs de pierre hellénistiques — il faut croire qu'ils ont dû copier les imitations exécutées plus tard et répandues dans l'Egypte entière. Grâce aux sta­tuettes de bronze et de terre cuite, l'image de la statue cultuelle d'Alexandrie, exécutée probablement sur commande royale, est parvenue, à l'époque romaine, dans les maisons des gens simples par l'intermédiaire des imitations faites pour les Grecs immigrés. Ces statuettes qui jadis furent la possession culturelle des Grecs, tombèrent dans le domaine public de toute la population de l'Egypte. Le torse en albâtre est le produit de cette petite sculpture de l'époque romaine. Dater ce fragment de plus près est encore plus difficile que la datation du fragment de tête. On ne pourrait que déterminer les limites probables du temps de son exé­cution en l'attribuant au II e ou au III e siècle. LADISLAS CASTIGLIONE ber: Berl. . Phil. Wochenschr. 1903, p. 306 ; Reinach, S. : RA 1903, L, 391; Perdrizet: Bronzes Fouquet (1911) p. 2 ; et particulièrement Eurem­Amundsen: Papyri Osloenses II (1931) p. 109 — 117, note 46,6. 31 Un exemplaire en terre cuite fut trouvé à Tebtunis, parmi les ruines d'une maison: Breccia: Terrecotte figurate, II, N° 1. Pl. II. 2 (Alexandria 22572). 32 E i t r e m : loc. cit. 33 Les papyri mentionnent, en même temps que les statuettes d'Aphrodite, les coffrets dans lesquels elles étaient gardées. V. P. Rain, I, p. 124; Rein ach: RA 1903, I. 391 ; Eitrem: loc. cit. — Ces données permettent de répondre à la ques­tion de savoir quelle a été la destination des boîtes en terre cuite dont les couvercles furent ornés de l'effigie d Aphrodite Anadyomène (Acta Antiqua I (1953). p. 471 — 493). Les dimensions et les représentations de ces bo'tes permettent de supposer qu'elles renfermaient les statuettes d'Aphrodite qui elles servaient aussi de bijoux ou d'amu­lettes.

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