Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 8. (Budapest, 1955)
SOÓS, JULES-SZILÁGYI,JEAN GEORGES: Les statuettes de Nicolas Izsó et l'art antique
tion entre Izsó et ses modèles antiques, ainsi que de la mesure dans laquelle ces modèles l'avaient aidé à former son langage sculptural propre à lui. Izsó a transformé avec une riche invention la figure du Laocoon s'affaissant sous la morsure mortelle du serpent, en une figure assise et a changé le pathétique des trois personnages se débattant dans la convulsion de la lutte à mort, en la passion des musiciens perdus dans la musique. Le plus remarquable, cependant, est qu'il n'a pas adopté le geste de la main droite levée et tendue en avant du personnage principal, débordant le cadre de la composition — tel qu'elle fut visible dans la reconstitution d'alors du groupe — en rendant par cela la composition plus fermée de par ses contours. Le fait que cette modification dictée par sa propre volonté artistique était due à une compréhension plus juste de la forme originale de la statue antique, se trouve attesté par la nouvelle reconstitution authentique du groupe de Laocoon, sur laquelle l'attitude tendue du bras est en effet changée en donnant lieu à une composition plus fermée. 7 C'est encore un trait caractéristique de l'art individuel et de la personnalité décidée d'Izsó qu'il a relâché d'une manière hardie, rapellant l'Apoxyomène de Lysippe, la composition frontale sévère à deux dimensions — le trait le plus classicisant du groupe du Laocoon — par l'attitude tendue de la main gauche du musicien tzigane du milieu, et rendit ainsi la composition interprête de sa propre imagination. Le « Laocoon tzigane » ne présente pas encore l'art de la petite sculpture d'Izsó à son apogée. Par contre les représentations de danseurs, également inspirées par l'art hellénistique et par l'intérêt surgi en ces temps pour la petite sculpture en terre cuite antique, comptent parmi les créations les plus importantes de la petite sculpture européenne contemporaine. Les représentations de danseurs d'Izsó rappellent les figurines en terre cuite hellénistiques, non seulement par leur caractère, par leurs dimensions et par leur matière, mais suivent en maints points quant à leur solution sculpturale les lois de celles-ci. Izsó a représenté les mouvements des danseurs au moment où la figure du danseur arrive, entre les deux phases de mouvements, au point mort. Ainsi, la figure fait un effet sculpturalement équilibré et en même temps rend sensible l'action. Chaque morceau de la série de paysans dansants est bâti sur ce principe. Izsó a fixé dans chaque cas le moment où l'envolée a atteint le point extrême et où commence, au moment suivant, une nouvelle cadence. La représentation transfert par ce moyen la tension au spectateur. Elle comprend les marques les plus typiques du mouvement. Le corps se tord en vis et se fait jour à travers les vêtements avec une vigueur plastique. Suivant les modèles grecs, Izsó a créé du costume un moyen de la représentation sculpturale. Le mouvement violent des plis, non seulement qu'il suit l'envolée de la figure, mais le met aussi en relief. Les muscles tendus et relâchées ne sont pas groupés sur le même côté, aussi l'attitude des mains et des pieds est-elle antithétique. L'un des pieds constitue l'axe et assure l'équilibre du corps, mais cette attitude est telle qu'au moment suivant elle peut être interchangée. Les contrastes de lumière et d'ombre entourant les formes signifient bien l'espace, manière valable surtout pour la vue frontale : c'est là que le motif de l'envolée se fait le mieux valoir, et c'est là qu'elle est presque d'un effet monumental. En même temps que l'étude de l'art antique, Izsó a exécuté aussi des études d'après nature et particulièrement des études de draperie. Déjà pendant ses années d'études il s'est procuré un costume hongrois : un pantalon large et un justaucorps, dont il a vêtu ses modèles. Il a tout observé jusqu'aux moindres détails, observations qui lui permirent de distinguer les traits essentiels des traits insignifiants. ' Vergara Caffarelli, E. : Nota sul restauro del Laocoonte. Arch. Class. 1 (1949), p. 75—7; Studio per la restituzioiie del Laocoonte. Ri v. 1st. Arch. Stor. d. A N. S. 3 (1954) p. 29-69.