Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 8. (Budapest, 1955)
GARAS, CLAIRE: Oeuvres inconnues de Maulbertsch au Musée des Beaux-Arts
Ignazio de Rome et finalement à la composition de Giov. Batt. Pittoni, étant dans toutes les mains grâce à la gravure de Pietro Monaco. 12 Maulbertsch est le plus proche de la conception de Pittoni, particulièrement dans la variante de Székesfehérvár (le Christ se tenant devant la porte, le grand ange ailé regardant vers le spectateur), pour l'essentiel cependant, il forme librement les groupes, il est plus uni et dramatique créant en même temps un effet d'ensemble plus profond et plus intime. La « Mort de Saint Joseph » de Budapest-Nagytétény est plus simple et plus réduit, que le tableau de même sujet de Székesfehérvár (l'esquisse de cette dernière se trouve au Stiftsmuseum de Withering?). Le dessin de la scène est plus économique, la porte grillée ouverte, la tête du lit avec la draperie, etc. y font défaut et le nombre des figurants est lui aussi réduit. Le peintre a avancé l'action plus au premier plan, il a agrandi les proportions des figures, en quoi faisant l'ensemble du tableau est devenu plus monumental et plus vigoureux. C'est avec les oeuvres de Maulbertsch peintes dans la seconde moitié des années 1760 que les tableaux d'autel de Nagytétény et de Székesfehérvár, représentant la Mort de Saint Joseph, montrent des concordances du style et de la conception. Les tableaux peints aux environs de 1760, tels par exemple le «Saint Thomas » de Brünn, daté de 1763, les tableaux d'autel d'Orlát (à condition que l'on puisse les considérer comme des oeuvres sorties de sa propre main), sont bien plus agités, plus visionnaires ; ils appartiennent donc, en ce qu'ils ont d'essentiel, encore à la phase du style qui commençait à se faire valoir, autour de 1755, dans les tableaux d'autel de Maria Treu. Le tableau de Nagytétény, ainsi que les quelques tableaux qui peuvent être mis en rapport chronologique avec celui-ci — la « Mort de Saint Joseph » de Székesfehérvár, 1'« Annonciation » de Vienne et le tableau d'autel représentant le Christ sur la Croix de l'église des Dominicains de Znaim, montrent par rapport à ces ouvres, évidemment un certain apaisement du style. L'agencement diagonal ne se fait plus valoir dans la composition avec un tel accent décisif, l'action se déroule plutôt parallèlement au plan pictural et s'avance vers le premier plan du tableau. Les proportions ne sont de loin aussi allongées, les figures sont plus trapues, les contours sont plus tendres et plus arrondis. Le traité de la lumière n'est plus aussi excessif et dramatique. A la place de l'éclairage zig-zagué et phosphorescent, presque fantomatique, les surfaces éclairées se détachent clairement et nettement de la pénombre d'un ton chaud enveloppant la scène et les apparitions. En général, la richesse capricieuse des détails est remplacée par des formes plus tranquilles et par des surfaces plus grandes, peintes d'un style plus matériel. Nous ne connaissons authentiquement la date d'aucune des oeuvres apparentées à l'autel de Nagytétény, nous ne saurons donc dater qu'approximativement le tableau d'autel « Saint Joseph » de la fin des années 1760, en nous basant sur une comparaison des styles. 13 Autour des années 1770 les tableaux de Maulbertsch deviennent de plus en plus clairs et apaisés, les traits du baroque tardif se font, dans leur facture, de plus en plus rares et les traits classicistes deviennent plus nombreux. Le « Saint Joseph » est sans aucun doute antérieur à ces oeuvres. Malheureusement, nous ne sommes pas en 12 Le tableau de Paul Tróger, représentant la Mort de Saint Joseph, peint pour l'église de Neulerchenfeld à Vienne (son esquisse est à Graz), est le plus proche de l'oeuvre de Trevisani. C'est également ce tableau qu'imite le maître du « Saint Joseph » des Dominicains de Szombathely. Le tableau de l'autel latéral de l'église de Pápa, peint par Johann Zirckler, élève de Kracker, est une variante de la composition de Pittoni, gravée par Monaco. 13 On date en général l'activité de Maulbertsch à Székesfehérvár de la fin des années 1760. K a p o s s y, J. : A barokk mennyezetfestés emlékei Székesfehérvárott (Les monuments de la peinture de plafonds baroque à Székesfehérvár). Magyar Művészet, 1930, p. 467. L'article sur Maulbertsch de 1771 dans Allergnädigst Privilegierte Anzeigen mentionne déjà les fresques de l'église des Carmélites de Székesfehérvár, (p. 91)