Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 8. (Budapest, 1955)

GARAS, CLAIRE: Oeuvres inconnues de Maulbertsch au Musée des Beaux-Arts

fortement Ja tête de Saint Paul, le visage cordiforme de la sainte, les pau­pières baissées aux ombres profondes, rappellent le visage de la Vierge du tableau de Kolozsvár, et le dessin des mains rappellent le « Saint Narcisse » ou le «David » de Nuremberg, etc. Bien entendu, l'esquisse est plus relâchée, plus pittoresque et hardie que le tableau d'autel achevé, peint à l'huile, aussi paraît-elle plus évoluée. En exami­nant les oeuvres de Maulbertsch, il ne faut jamais perdre de vue que le style des esquisses peintes à la légère, et celui des tableaux d'autel soigneusement travaillés, exécutés à la même époque, est souvent différent et que les particularités des fresques sont autres que celles des tableaux de chevalet. 10 Les divergeances entre les oeuvres de catégories différentes datées authentiquement, sont étonnamment grandes. En raison de ceci, pour arriver à établir la chronologie juste et la datatation exacte des oeuvres de Maulbertsch, il nous faut comparer les ouvrages de même genre et partir des oeu­vres datées authentiquement. D'arèps ceci, la comparasion entre la grisaille de Buda­pest et les esquisses exécutées entre 1755 et 1756 pour les autels de l'église des Piaristcs de Vienne (les « Fiançailles de la Vierge », « Saint Joseph de Calasance ») nous permet de conclure que la première esquisse plus serrée, moins mouvementée et d'une facture plus homogène, date de plus tôt, et tel que le « Saint Paul », elle a dû faire partie des oeuvres exécutées au début des années 1750. Le troisième tableau de Maulbertsch, en possession du Musée des Beaux-Arts, tableau d autel de grandes dimensions, jusqu'à présent inédit, représentant la mort de Saint Joseph, a passé au Musée de l'église paroissiale de Nagytétény, de la collection de G. Dáni (fig. 38). Sur le tableau, au millieu de la chambre s'élevant en échelons dans une ligne diagonale allant de gauche à droite, on voit un lit sur lequel est couché le saint moribond, accoudé et regardant vers le ciel. A droite de lui se tient debout la Vierge plongée en soi-même, la tête doucement inclinée, les mains jointes, tandis qu'à gauche apparaît le Christ, vu de profil, émergeant d'une ombre profonde, la main levée pour la bénédiction. En haut, dans le lobe terminant le tableau, plane le Dieu père au front radieux, entouré d'angelots. Maulbertsch a peint plusieurs fois le même sujet ; Les églises des Carmélites de Vienne, des Piaristes de Nikolsbourg, l'église paroissiale de Prerau étaient décorées de tableaux représentant la mort de Saint Joseph. 11 Le même sujet, dans une composition analogue à celle de Nagytétény est visible sur le tableau de l'un des autels latéraux de l'église du Séminaire, autrefois des Carmélites, de Székesfehérvár (Albe Royale). Saint Joseph, à côté de Saint Jean Nepomucène, fut, au milieu du XVIII e siècle, l'un des saints les plus populaires de la monarchie austro-hongroise. La maison impériale, les ordres religieux et les institu­tions pieuses ont tous sollicité sa popularisation et lui consacrèrent en masse des sta­tues et des tableaux. La plupart des tableaux représentant Saint Joseph remontent à trois types fondementaux ; au tableau de Carlo Maratta, peint pour la chapelle de la cour de Vienne, au tableau d'autel de Francesco ïrevisani, conservé à l'église San 10 Ceci est frappant si nous comparons par exemple le tableau d'autel d'Ebenfurt avec le plafond peint également à Ebenfurt en 1754, représentant Diane et Actéon, ou bien les esquisses faites pour les tableaux d'autel de l'église des Piaristes, avec les fresques de Hciligenkreuz-Guttenbrunn, exécutées un ou deux ans plus tard. 11 Le tableau d'autel peint pour l'église des Carmélites de Vienne, représentant la Mort de Saint Joseph, est mentionné déjà dans les Allergnädigst Priv. Anzeigen, en 1771 (p. 91). La composition est grosso modo semblable à celle de Nagytétény. Une autre solution du même sujet nous est connue aussi par les gravures de Maulbertsch. Une description de 1910 mentionne le tableau d'autel de l'église des Piaristes de Nikols­burg, représentant la Mort de Saint Joseph, comme étant dans un fort mauvais état de conservation. Mitteilungen des Erzherzog Rainer Museum, 1910, XXVIII, p. 97. Un des­sin de Maulbertsch, à la craie rouge et à la plume représentant également la Mort de Saint Joseph a figuré à la vente de Mars 1921, à la maison Hirsch de Munich (N° 213).

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