Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 8. (Budapest, 1955)

GARAS, CLAIRE: Oeuvres inconnues de Maulbertsch au Musée des Beaux-Arts

air juvénile, aux cheveux sombres, vêtue d'un manteau jaune et d'une robe bleue. Elle tend les jambes croisées en avant. A côté d'elle, à gauche, dans l'axe central du tableau, Marie enfant, vêtue d'une robe blanche, feuillette un livre dans lequel elle apprend à lire. A gauche d'elle, dans le fond du tableau se tient debout Saint Joseph vêtu d'un manteau rouge, et au-dessus de lui plane un ange ailé, représenté en raccourci hardi. La disposition des personnages, les proportions et les types accusent une parenté proche avec les oeuvres de jeunesse de Maulbertsch, déjà mentionnées (l'ange planant est apparenté à l'ange du « Saint Etienne » de Munich, la Sainte Anne à la Vierge du tableau de Kolozsvár, etc.). L'exquise qualité artistique du tableau, le langage des formes indentique avec celui des oeuvres de jeunesse du maître, ainsi que la circonstance, qu'il a passé comme don de Paul Balassa à l'église de Balassagyarmat, en même temps que le tableau d'autel « Saint Paul » signé du chardon, probablement en pendant de celui-ci, nous permettent de supposer qu-il est lui aussi une oeuvre de Maulbertsch, exécutée au début des années 1750. A côté de ces tableaux inconnus de Balassagyarmat, il convient de mentionner une autre oeuvre inédite du maître ; une esquisse en grisaille de petit format (43 x 36 cm) qui figurait auparavant dans la collection Back de Szeged (fig. 37). 7 L'esquisse d'un gris-bleuâtre (mêlé par endroit d'un brun-verdâtre) représente une scène de légende dont l'interprétation ne peut pour le moment pas encore être établie. 8 Au premier plan du tableau, à droite, on voit agenouillée sur un prie-Dieu une jeune femme, la tête couverte d'un fichu et enveloppée d'un manteau ample, les mains jointes pour la prière. Derrière elle, dans le plan central du tableau, sur une élévation étagée, un vieillard barbu, aux pieds nus est agenouillé devant un autel : il tourne le regard vers le haut où plane un ange éclairé d'une vive lumière, indiquant la Vierge qui apparaît dans une gloire rayonnante. Sur le côté droit du tableau on voit un socle surmonté d'une urne, et au premier plan la tige de chardon mentionnée, la marque du jeune Maulbertsch. La forme du tableau terminé en cintre permet de conclure qu'il a été peint pour une esquisse de tableau d'autel. L'esquisse en grisaille n'est pas rare dans l'oeuvre de Maulbertsch. C'est avec la même technique que furent exécu­tées l'esquisse de Graz, représentant la Sainte ïrinitée avec saints trinitaires — se rapprochant de notre tableau quant au style et à l'époque — et l'esquisse représen­tant Saint François Xavere et Saint Ignace de Loyola, conservée au Barockmuseum de Vienne (esquisse faite pour le plafond de Komárom, détruit) etc. 9 Le tableau de Budapest est une oeuvre virtuose, d'une aisance extraordinaire, exécutée avec peu de moyens. Le facteur dominant de la composition est l'éclairage dramatique qui permet aux personnages de se détacher d'une façon effective 7 Catalogue de l'Exposition d'Art sacré et profane. Szeged, 1938. p. 31. 8 II arrive assez fréquemment que l'identification iconographique des esquisses de Maulbertsch se heurte à des obstacles. Ainsi on ignore ce que représente le tableau con­servé au Barockmuseum de Vienne, intitulé « Femme devant les juges », ou le tableau de la Galerie de Munich considéré de manière erronée, comme 1'« Ascension de la Vierge ». L'interprétation des tableaux allégoriques et mythologiques est parfois encore plus difficile. Ceci est dû en partie au fait que la facture extraordlnairement esquissée ne nous permet pas toujours de reconnaître les détails, mais il peut être attribué aussi au fait que Maulbertsch a souvent créé des solutions iconographiques inaccoutumées et a donné libre cours à son imagination créatrice. Dans les personnages de la grisaille de Budapest l'on pourrait peut-être discerner Joachim et Sainte Anne. L'auréole flottant au-dessus de la tête de la jeune femme ainsi que la Vierge apparaissant dans le ciel excluent la supposition selon laquelle le tableau représente le Sacrifice de Manoah. 9 Une partie des esquisses en grisaille de Maulbertsch servaient d'esquisses prépa­ratoires pour des gravures, tel le Christ et le capitaine de Capernaum, Nuremberg, Ger­manisches Museum, N° 1089 ; l'esquisse marquée du titre de « Maximus in Sanctis . . . ». Nuremberg, Germanisches Museum, N° 1173, etc.

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