Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 5. (Budapest, 1954)

GERSZI, THÉRESE: Un dessin d'Aldegrever cru perdu, découverte au Musée Hongrois des Beaux-Arts

ses oeuvres datant de 1530. trahissent plutôt l'influence de maîtres italiens et flamands, et celle de H. S. Beham en particulier, et réhaussent le manié­risme de son art, plus que ses ouevres de jeunesse. 7 Notre dessin est une composition imposante, à plusieurs figures qui se distinque dans l'oeuvre d'Aldegrever autant par son thème que par sa forme. Aucune des gravures et des peintures du maître, ni aucun de ses des­sins ne rappelle la composition retrouvée à Budapest. Ces gravures se rap­prochent des oeuvres des petits maîtres nurembergeois, de ces compositions modestes à peu de figures et dont le thème est emprunté a la mythologie, à l'ancien Testament ou à l'histoire de l'antiquité. Exception faite de quelques gravures exécutées vers 1550, Aldegrever ne s'inspira guère du Nouveau Testament. Lorsqu'il entreprit ce dessin, il se chargea sans aucune doute d'une tâche qui, en un certain sens était unique dans sa pratique, dépas­sant de beaucoup, par son envergure, tout ce qu'il avait fait jusque-là ; il dut donc, pour la mener à bonne fin, s'inspirer plus que de coutume, de modèles étrangers. L'idée fondamentale et la tectonique de la composition du dessin ainsi que l'exécution grandiose et plastique des figures apparentent cette oeuvre à une Adoration des Mages de Dürer, gravure sur bois exécutée en 1511 (fig. 18). 8 La corrélation des deux oeuvres ne se fond pas sur l'exacte identité de certains motifs, mais elle est due plutôt à la parenté des conceptions artistiques prises dans leur ensemble. Les détails nous renvoient de préférence à d'autres oeuvres de Dürer. Ainsi le type, la disposition et les attitudes de certaines figures attestent la parenté de ce dessin avec la série dite «La vie de la Vierge» et avec les gravures représentant l'Adoration des Mages et la Nativité, tan­dis que certains motifs, tels que le valet porteur d'un sac et les cavaliers du fond témoignent que le maître avait étudié et mis à profit la technique de certains détails de l'«Adoration des Mages», tableau conservé aux Offices à Florence. 9 Notons encore que la ressemblance due au pur hasard mais moins frappante pour cela, entre le portrait du roi Melchior et le portrait dit celui du maître d'oeuvres qui fût la plus belle étude de tête pour le «Rosenkranz­fest» 10 (fig. 20—21). C'est toujours Dürer qu'Aldegrever imite tant dans la technique soignée, que dans le souci du détail. Comme Dürer, il cerne les formes de lignes fines •et accusées et il ombre de traits les surfaces pour mettre mieux en relief leur plasticité apportant toujours un grand soin à ce que les traits restent, même là où ils sont rapprochés, nets et distincts. C'est l'architecture qui peut être ramenée aux motifs de Dürer, quoi­que la construction fondamentale de l'édifice montre une certaine affinité avec la conception architecturale des gravures de la série «La vie de la Vierge». Cependant sur aucune des oeuvres de Dürer l'architecture n'a la même impor­tance et n'est aussi imposante que sur le dessin d'Aldegrever dont le fond -d'architecture grandiose en style Renaissance est un motif qui par suite de l'expansion de l'art italien, souvent se retrouve aussi dans les oeuvres des maîtres allemands et flamands contemporains. 7 Zschelletszchky, H. : op. cit. pp. 52—87. 8 B. 3. 9 B. 87. B. 85. 10 W. 382.(W i n k 1 e r, F.: Die Zeichnungen Albrecht Dürers. Berlin, 1936-1939.)

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