Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 5. (Budapest, 1954)

LAJTA, EDITH: Trois scenes de la légende de St. Stanislas

C'est également à cette légende de St. Stanislas que se rattachent les deux autres scènes. Le deuxième tableau représente un miracle qui dut se produire après la mort de l'évêque, tandis que le troisième montre de toute évidence, les événements qui ont précédé la mort du roi. D'après une variante de la légende, l'assassinat commis, le roi fut excommunié par le Pape Grégoire VÎI et dut se réfugier en Hongrie où il aurait été mis en pièces par des chiens. Une autre variante des traditions littéraires qui s'attachent au destin du roi veut que Boleslas se soit aventuré jusqu'en Carinthie et qu'il s'y soit retiré dans un couvent pour y faire pénitence jusqu'au jour où, sentant venir la mort, il appela ses compagnons, se fit connaître d'eux et leur avoua ses cri­mes. Le troisième tableau représente un vieillard à la barbe blanche ; des mouvements vifs accompagnent la scène créant ainsi une atmosphère de tension qu'on peut attribuer au récit de la vie du roi. L'interprétation de l'iconographie des panneaux nous fournit un point d'appui pour résoudre les questions de la provenance du maître et de l'école dont il fit partie, ainsi que de l'origine des panneaux. Les rapports de la Hongrie médiévale, surtout ceux de la région de Szepes avec le royaume de Pologne, sont universellement connus. Le culte de ce saint polonais très populaire a l'époque s'est répandu aussi en Hongrie. La«canonica visitatio» de 1700, due à Sigray, mentionne deux communes dans lesquelles l'église était vouée au culte de Stanislas. A Pongrácfalva et à Fridman (Frigyesvágás), on pouvait voir encore en 1700, les autels consacrés à Stanislas. Aujourd'hui ils ne sont connus que par des sources littéraires. 10 L'analyse du style des tableaux nous renvoie à l'école des maîtres polonais établis dans le Nord de la Hongrie. Le type des visages, les traits assez grossiers, les têtes larges et le manque de rapports réels entre le premier plan et le fond dans le deuxiè­me et dans le troisième panneau, de même que la composition, apparentent nos tableaux aux oeuvres du peintre de la Passion du maître-autel de Casso­vie, et à celles du maître des Martyres des Apôtres qui, lui aussi avait travaillé à Cassovie. 11 L'historié de l'art hongrois considère depuis longtemps la Passion du maître-autel de Cassovie comme l'oeuvre d'un maître ayant reçu sa formation artistique en Pologne. Aussi fut-elle attribué à Jan Pollack qui s'est fixé en Bavière après avoir travaillé en Pologne. Tibor Gerevich l'iden­tifie avec le maître Petrus Polonus qui travaillait à Cassovie et y obtint droit de cité en 1474, date à laquelle l'exécution du maître-autel fut entreprise. 12 Sous le rapport du style, le maître que M. Genthon a nommé le «maître des martyres des apôtres» se rattache lui aussi au maître de la Passion de Casso­vie ; la série composée de 7 tableaux fut découverte aux environs de Kassa avant d'entrer au Musée d'Art Chrétien de Gran ce qui permet de supposer que le maître avait travaillé dans cette région. 13 Toujours d'après Tibor 10 Canonica visitatio Sigray 71 — 72 et 127. Bibliothèque Széchényi. 11 Cf. avec le tableau représentant le martyr de l'apôtre St. André et reproduit dans Archeológiai Értesítő (Bulletin de la Société d'Archéologie de Budapest) XLIII, 1929. planche XXIII. 12 G e r e v i c h, T. : A lengyel és a magyar művészet kapcsolatai. (Rapports entre l'art polonais et l'art hongrois.) Magyarország és Lengyelország. (La Hongrie et la Pologne.) Budapest­Warszawa, 1936. p. 121. 13 G e n t h o n, I. : Le maître des martyres des apôtres. Archeológiai Értesítő. (Bulletin de la Société d'Archéologie de Budapest.) XLIII, 1929. 156— 181. et G e n t h o n I. : La pein­ture hongroise ancienne. Vác, 1932. pp. 81 — 83.

Next

/
Thumbnails
Contents