Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 4. (Budapest, 1949)

AGNES CZOBOR: Les natures mortes de Floris van Dyck

Les historiens d'art doivent entrependre encore d'importantes recherches sur l'activité des maîtres franconiens et nurembergeois du XV e siècle. A présent, la carrière et l'oeuvre des plus importants même d'entre eux ne sont pas connues authentiquement, dans tous leurs détails ; quant aux maîtres de moindre impor­tance, les données sur eux nous font sensiblement défaut et les attributions restent très douteuses. Nous ne sommes pas en mesure de désigner sans équivoque dans les pages du présent Bulletin, le maître à qui nous devons le Calvaire de Londres, la Lamentation de Wilton-House et l'épitaphe Tücher-Gundelach de Nuremberg. Nous nous bornons à le placer aux années 1470, dans l'entourage immédiat, l'atelier même de Pleydenwurf. A notre avis, ce fut un peintre qui propageait la peinture flamande en Allemagne et ne fit point partie du groupe des maîtres franconiens qui, tel que le maître de Hersbruck, s'attachaient for­tement aux traditions et aux formes d'expression locales. CLAIRE GARAS LES NATURES MORTES DE FLORIS VAN DYCK • La collection réservée aux spécialistes de la Galerie des Maîtres Anciens du Musée Hongrois des Beaux-Arts possède une nature morte que l'inventaire attribue à un «peintre hollandais de la première moitié du XVII e siècle» (Inv. N° 327. Sur bois. H. 47 : L. 58.5). Le tableau représente, sur table couverte de damas blanc, un broc d'étain, un plat d'étain chargé de fromages entassés les uns sur les autres, des tranches de beurre dans un beurrier, des pains, puis des pommes et des noix sur un plat. Ces objets divers disposés avec une précision pénible et artificielle en deux rangs presque parallèles, semblent, en raison de la perspective défectueuse du dessin du plateau, glisser en bas de la table, qui se penche en avant. Pourtant, le peintre s'efforça d'intensifier l'effet de la pro­fondeur. C'est dans ce but qu'il mit obliquement, sur le bord du plateau de table un couteau au manche sculpté, de façon qu'une partie du manche dépasse la table et se prolonge dans le vide (fig. 22). Nous retrouvons cette manière de peindre maladroite, presque gauche, cette disposition artificielle, ces formes dures et rudes dans une autre nature morte de Floris van Dyck, signée FVD et datée 1613, conservée au Musée Frans Hals de Haarlem (fig. 23). Sur celle-ci l'effet de perspective est renforcé par la pelure de pomme qui dépassant la table semble tomber dans le vide et par un plat savamment disposé sur le bord de la table. Sur celle-ci aussi nous retrouvons le couteau au manche sculpté obliquement disposé, les noix coupées en deux soigneusement rangées et les pommes que leur dureté d'émail faillit faire prendre pour des coings. La parenté très frappante des éléments de style des deux tableaux nous autorise à attribuer à Floris van Dyck la nature morte conservée à Budapest. Les Encyclopédies d'art fournissent très peu de renseignements sur Floris van Dyck. Wurzbach mentionne en 1906 (v. t. I. p. 475.) que vers 1600 Floris van Dyck lié d'amitié avec le Chevalier d'Arpino travaillait à Rome pour le Pape Clément VIII. Il connaît seulement trois de ses oeuvres ; la nature morte de Haarlem que nous venons de mentionner et qui se trouvait alors dans la collection particulière de D. Francken à Paris, une nature morte conservée à Amsterdam (dont on a depuis démontré qu'elle n'est pas de Floris van Dyck) et une page d'album représentant une table dressée pour le déjeuner avec fraises et airelles, datée 1624 et appartenant à la collection Ridder Haggard à la Haye.

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