Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 4. (Budapest, 1949)

CLAIRE GARAS: Une Lamentation de la Galerie des Maîtres Anciens

l'expliquer de cette façon : le Calvaire et les Lamentations d'une part, les tableaux de Hersbruck d'autre part se distinguent plus qu'ils ne se ressemblent. Pour nous en convaincre, il suffit de com­parer le Calvaire de Londres avec le Calvaire de Hersbruck et avec celui de St. Florian du maître franconien. Dans le premier, une disposition claire, facile à suivre ; dans les der­niers, un encombrement impé­nétrable pour le regard, un dessin agité, toute la surface du tableau couverte de sinuo­sités, de lignes onduleuses, pas d'air, pas d'espace libre. Les dimensions elles aussi sont autres ; les figures sont en général plus tassées, plus trapues. Bien que les types se ressemblent, ils diffèrent net­tement par la manière dont ils furent exécutés. Ici le modelé des visages est plus vigoureux, les expressions sont grotesques, caricaturales même, à l'en­contre des portraits languis­sants, diffus du Calvaire et de la Lamentation d'Angleterre. 8 Le maître de l'autel de Hersbruck est plus rustique, plus vigoureux, plus âpre que celui du Calvaire. Ses connaissances du dessin sont défectueuses, sa façon d'exécuter maladroite, rude même. Ce qu'il a de commun avec le maître du Calvaire (les types etc.), s'explique par la source commune, par le modèle commun. Manifestement, nos maîtres s'inspirent tous les deux de Pleydenwurf et leurs Calvaires se ratta­chent au Calvaire de Pleydenwurf à Munich. Cependant, il est incontestable que le maître du tableau de Londres est plus proche du premier grand maître de la peinture nurembergeoise et surtout de ses oeuvres de jeunesse que le maître de Hersbruck. De toute évidence, chronologiquement il dut le précéder. On date les Passions de Hersbruck des années 90 ; le Calvaire et la Lamentation se situent aux années 70; l'épitaphe de Nuremberg est de 1473. Sans aucun doute, notre maître doit beaucoup à Pleydenwurf. Il s'est inspiré de lui non seulement dans l'iconographie de son calvaire, mais aussi dans la composition, dans la disposition des figures, dans le choix des types, la re­8 L'opinion de Thode sur les tableaux de Hersbruck est très caractéristique : «Entsetzt wendet man sich von diesen jeden Adels und jeder Schönheitsempfindung baren, widerwärtigen Gestalten ab...» Thode, H. : Die Malerschule von Nürnberg im 14—15. Jahrhundert. Francofort, 1891. 145. «Die Handlung raumlich zu entwickeln vermag dieser Künstler nirgends. . . » A b r a h a m, E. : Nürnberger Malerei der zweiten Hälfte des 15. Jahrhunderts. Strasbourg, 1912. 197. 21. Maître de Nuremberg : Lamentation sur le Christ mort. 1475. Nuremberg, collection particulière. Nürnbergi festő : Krisztus siratása. 1745. Nürnberg, magángyűjtemény.

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