Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 4. (Budapest, 1949)

ANDRÉ PIGLER: Le tableau vénitien le plus ancien du Musée Hongrois des Beaux-Arts

inconnue, mais elle présente encore des statues de bois et des tableaux que les recherches antérieures n'ont point traités selon leur mérite. Elle permettra peut­être un jour, à l'aide des collections du Musée de Bártfa, la reconstruction de l'ancien autel ou des anciens autels à volets de Palocsa. DENIS RADOCSAY LE TABLEAU VÉNITIEN LE PLUS ANCIEN DU MUSÉE HONGROIS DES BEAUX-ARTS Jusqu'à nos jours la série des tableaux vénitiens de la Galerie des Maîtres Anciens du Musée allant jusqu'à Tiepolo et Guardi, s'ouvrait par la «Madonna deU'Umiltà», attribuée à Jacobello del Fiore. Malgré de nombreuses lacunes, cette série est indéniablement riche et variée ; en général elle montre bien, par des oeuvres considérables, souvent de premier ordre, le développement de la peinture vénitienne du début de XV e siècle jusqu'à l'épanouissement tardif du XVIII e siècle. A présent nous sommes à même de placer à la tête de cette série un tableau qui en fait considérablement reculer le point de départ jusqu'au milieu du Trecento. Cet enrichissement de la collection vénitienne s'est fait sans frais puisqu'il ne s'agit pas d'une nouvelle acquisition mais bien plutôt de l'identification exacte d'un tableau méconnu des entrepôts du Musée. C est un fragment d'un tableau représentant la Vierge entrônée, portant l'Enfant dans les bras (peuplier, H. 70, 8; L. 49,5 cm). Originairement il représentait la Vierge entière et faisait partie d'un rétable. Il fut découvert dans une collection particulière de Hongrie et acheté en 1890 pour la Galerie Nationale par Charles Pulszky qui, induit en erreur par les retouches, l'avait pris pour l'oeuvre d'un peintre hongrois puisqu'il l'a fait en effet comprendre dans l'inventaire (No 1412) comme oeuvre d'un peintre hongrois du XVII e siècle. Cette erreur d'identification semble pouvoir expliquer le fait que le tableau passa inaperçu au cours des soixante ans écoulés depuis son entrée aux entrepôts du Musée bien que ceux-ci fussent explorés par de nombreux spécialistes hongrois et étrangers. Tout récemment, cédant à notre demande, M. Kákay Szabó a bien voulu procéder à la restauration en bonne règle de ce fragment. Les deux photo­graphies publiées ci-dessous (fig. 16 — 17) nous renseignent suffisamment de l'ampleur de son travail. La première photographie prise immédiatement après l'enlèvement des repeintes prouve en outre que les dommages subis antérieurement par le tableau n'affectent pas, dans les limites du fragment, les détails essentiels des figures. Pour compléter les renseignements fournis par les photographies, nous devons ajouter que sur une surface assez considérable, à gauche de la tête de la Madone, la première couche de peinture même fait défaut et qu'au cours de la restauration nous n'avons pas jugé nécessaire de repeindre cette partie à l'état cru de la planche. Dans le coin droit du haut du tableau la première couche ancienne tient toujours, mais la couche de peinture et la dorure originales ne font sur elle que des îlots. Les deux piliers de côté du trône sont presque intacts. La date, le lieu et le milieu d'origine du tableau nous peuvent être donnés par le nom de Paolo da Venezia. Comme on sait, le maître fut le représentant

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