Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 4. (Budapest, 1949)

DENIS RADOCSAY: Deux volets du retable de Hervartó et la statue de Sainte Catherine de Palocsa

bilatéraux se réduisent en substance à l'acceptation d'un style à la mode par le maître de Hervartó. En effet, le petit autel de la Vierge de Szent-Mária et les figures qui ornent le tabernacle de Nagyőr d'une part, et les quatre saintes de Hervartó d'autre part se distinguent plus qu'ils ne se ressemblent. Les deux premiers sont caractérisés en général par des figures minces, hautes, allongées, racées et par des mouvements exécutés avec souplesse. Par contre, les saintes des tableaux de Hervartó sont plus robustes, plus lourdes. Tandis que sur les premiers les corps élancés sont couronnés de têtes relativement petites, sur les derniers, les têtes sont trop grandes par rapport aux corps. Les proches parents de ces types de Hervartó sont à chercher plutôt sur les volets du maître-autel de Németlipcse (Partizanska L'upca) datant de la même époque (fig. 11 —12). L'exa­men qui les met en parallèle prouve que non seulement la construction et les pro­portions des figures représentées rapprochent intimement les deux oeuvres l'une de l'autre, mais que la ressemblance physionomique des types de femme elle aussi témoigne d'une conception identique. La comparaison qui met les portraits à tête arrondie, au nez en forme d'arc allongé de la Vierge de l'Adoration des Mages ou de l'Annonciation de Liptószentmária en présence des portraits correspondants des tableaux de Hervartó, démontre clairement que ces derniers ne sont que des répliques exécutées avec moins de talent, d'une façon plus provin­ciale. Si nous mettons maintenant la Ste Sophie d'un des tableaux de Németlipcse en parallèle avec la Ste Sophie polonaise de Grybow, 10 nous voyons se dessiner le chemin qui devait conduire notre peintre de Hervartó aux tendances de l'art polono-silésien (fig. 13). A propos du parallèle entre Németlipcse et Grybow, bornons-nous à mentionner que ces deux représentations sont exactement identiques non seulement du point de vue de la composition, celle-ci se pratiquant ailleurs aussi, 11 mais également et mieux encore par la grande ressemblance des types de leurs figures. La Ste Sophie de Grybow est généralement datée de 1440 environ, les tableaux de Németlipcse se situent vers 1450. En nous appuyant sur les résultats de nos comparaisons et supposant que notre maître de Hervartó fut l'élève du maître de Németlipcse, nous pouvons dater les deux volets de Hervartó en question de la décade qui va de 1450 à 1460. Comme nous l'avons déjà noté, St. Pierre et St. Paul représentés sur l'extérieur des volets sont de la main d'un autre maître. Ils se distinguent en effet des saints des peintures intérieures par les proportions de leurs figures, et aussi par le type de leurs physionomies. Mais, sans sortir du cercle des tableaux de Németlipcse, nous retrouvons leur analogie dans la figure du roi à genoux du tableau qui représente l'Adoration des Mages. Cette confrontation démontre non seulement que les maîtres des deux volets de Hervartó se rattachent tous les deux à celui du maître-autel de Németlipcse, mais encore que les vingt tableaux de Németlipcse, et ce chiffre peut s'aug menter si nous ajoutons la prédelle et les tympans égarés, sont la production d'un des premiers ateliers connus des historiens de l'art du tableau en Hongrie et que cet atelier employait plusieurs artistes. Pour terminer, nous devrions mettre en lumière les attaches de l'ancien maître-autel de Hervartó et de définir sa date. Nous devons y renoncer puisque l'examen des deux volets repeints et de la photographie ancienne ne promet pas de résultats sûrs. Selon le témoignage de la photographie, il semble que 10 Walicki, M.: Malarstwo polskie XV wieku. Warszava, 1938. planche 9. 11 V. l'autel Ste Sophie à Szászfalva (Sásova).

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