Antall József szerk.: Orvostörténeti közlemények 125-132. (Budapest, 1989-1990)

TANULMÁNYOK - ESSAYS - Le Calloc'h, Bernard: Alexandre Csoma de Kőrös n'est pas mort du paludisme

plus tard par le pasteur Maian 4 \ qui eut tout le temps de le bien connaître pendant son séjour à Calcutta, puisqu'il en fut l'élève. Il est certain que l'organisme du voyageur est affaibli par toute une vie de privations, qui n'a pas commencé à Calcutta ni au Zanskar, mais dès son entrée au Collège de Nagyenyed en 1799. C'est un homme qui a très souvent souffert de la faim, qui n'a vécu pendant toutes ses années d'études, tant en Allemagne qu'en Transylvanie, que de pain et de quelque pauvre brouet. Il s'est refusé les plaisirs de la table comme il s'est refusé tous les autres plaisirs de la vie, possédé uniquement par son idée. Son tem­pérament porté à l'ascétisme l'a volontairement exposé dès son jeune âge aux mortifications. Alexandre de Ujfalvy, et à sa suite ses autres condisciples, nous le disent expressément dans leurs mémoires ou leurs nécrologies. Pendant et après son voyage en Asie, il a été soumis des années durant à des souf­frances inouïes, exposé aux rudesses extrêmes de tous les climats, les plus torrides comme les plus froids, les plus secs comme les plus humides, acceptant de ne se nourrir que des mets les plus vils, s'exposant aux intempéries, traversant des déserts, couchant à la belle étoile là où ses pas l'avaient porté, vivant dans la promiscuité immonde des caravansérails. Condamné à s'isoler plusieurs années au Zanskar dans des conditions qui défient l'imagination, il a dû ensuite subir la lourde moiteur de la vallée du Gange et de Calcutta. A Titaliah, pendant deux ans, il s'est délibérément exposé aux „miasmes" des marécages du Terai tout proche, vivant aussi humblement que le plus humble des paysans bengalis. A cela, il convient d'ajouter une malnutrition pemianente, source d'avitaminoses et de cachexie, une diététique absurde qui l'amena à se priver systématiquement de protéines animales, de fruits, de douceurs, de nourritures fraîches; mais en revanche, l'abus du sel et des graisses animales par l'usage inconsidéré qu'il faisait du „thé à la tibétaine", origine, bien connue des médecins, de nombreux maux tels que l'athérosclérose, les troubles vasculaires et cardiaques, l'hypertension artérielle, l'hypercholcs­terolémie. Et que dite de l'hygiène déplorable, ou plutôt inexistante, qui fut la sienne jusqu'au bout? En mars 1842, il vient d'être exposé, après des années de vie totalement et anormalement séden­taire (il ne sort pratiquement pas de l'immeuble de la Société asiatique où il a son logement), aux ru­des fatigues d'un voyage de plus de six cents kilomètres, que selon son habitude il a fait à pied; fatiques NOTE REIATIVE A LA CARTE CI-APRES - Il s'agit de la carte d'état-major anglaise du Terai du Sikkim, au 1:253 440-ème, établie une première fois en 1861 et révisée depuis lors plusieurs fois. Nous avons affaire ici à 1 'édition de 1911. Ni le tracé de la route, ni le peuple­ment du Terai ne correspondent exactement à ce qu'ils étaient en 1842, du fait des travaux de défrichement et d'assainissement enterpris depuis lors; mais ce document n'en donne pas moins une idée assez juste de ce qu'était la région au Csoma, et de la manière dont se répartissent les zones couvertes par la jungle. - J'ai souligné la vallée de la rivière Balasan parce que c 'est par cette voie que Taylor, puis à sa suite Grant et Herbert, ont atteint, le premier le site de Nagri, les seconds celui de Dardjiling. C'était avant que la construction d'une route macadamisée ait été commencée en 1835. - J'ai noté en ligne discontinue l'itinéraire que Csoma de Kőrös se proposait de suivre, par Kalimpong et Yatung, pour gagner la vallée de Chumbi, au Tibet, itinéraire qui, traversant en diagonale une partie de la principauté du Sikkim,lui faisait obligation de solliciter un visa de transit du gouvernement de Gangtok. - Enfin, j'ai entouré d'un cercle deux des grandes plantations de quinquinas établies par les Anglais près de Dardjiling, à Mangdu et à Chansong, puisqu'il y est fait allusion dans le texte. Bien entendu.elles n'existaient pas à l'époque de Csoma. 43 Notamment dans ses lettres des 15 octobre et 8 décembre 1883 publiées par Térjék dans ,J(őrösi Csoma doku­mentumok az akadémiai könyvtár gyűjteményeiben" MTA könyvtár Budapest 1976.

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