Palla Ákos szerk.: Az Országos Orvostörténeti Könyvtár közleményei 42. (Budapest, 1967)

Sournia, J. C.: Pierre Franco et la Chirurgie Française de la Renaissance

la cavité abdominale, pas plus que nous ne le faisons aujourd'hui, la plaie extra-séreuse pouvait guérir par seconde intention aussi bien que la plaie perineale, dès lors le geste pouvait être indéfini­ment répété. FRANCO ne sut pas le voir. On pourrait décrire de la sorte d'innombrables anecdotes, médi­cales ou non, qui prouvent à quel point le décalage est long entre l'observation d'un phénomène et son entrée dans le monde rationnel, scientifique; nous ne saurons jamais combien de siècles se sont écoulés entre Adam qui le premier vit tomber une pomme d'un arbre, et Newton qui en tira la loi de la gravitation universelle. Ainsi l'histoire de FRANCO est pour nous une leçon de modestie : nous sommes entourés de phénomènes que nous regardons sans les voir réellement, nous autres chirurgiens sommes entourés de possi­bilités que nous ne savons pas déceler, et nous devrions beaucoup plus souvent que nous ne le faisons, passer au crible de la raison, juger d'un regard neuf, nos raisonnements et nos méthodes, nos décisions comme nos hésitations; et cette remise en question per­manente serait beaucoup plus féconde que les certitudes qui forment la substance de nos enseignements. Enfin le dernier aspect de l'œuvre de FRANCO que je voudrais évoquer, est son caractère moral. Si FRANCO tout au long de son œuvre prend si souvent à partie les faussaires, les ignorants, les incultes, ce n'est pas qu'il défende les privilèges d'un homme de métier: les chirurgiens-barbiers du genre de Pierre FRANCO ne faisaient partie d'aucune corporation, ils n'avaient aucun monopole à défendre; FRANCO agit ainsi parce qu'il respecte l'homme. Il n'admet pas que l'on fasse semblant d'abattre la cataracte si on ne l'abat pas réellement, il n'admet pas que l'on castre un malade en l'opérant d'une hernie puisqu'on peut aussi le guréir en conser­vant le testicule, il déctir les impostures des charlatans, il proteste contre les audaces de ceux qu'aucune expérience ne les autorise à entreprendre. A une époque où protestants et catholiques se massacraient, où FRANCO put entendre le récit du supplice de Michel Servet protestant brûlé vif par Calvin autre protestant, et aussi le récit de la St-Barthélémy où le roi de France fit massacrer ses sujets hugue­nots, à une époque où l'on se déchirait dans les Pays-Bas comme à 3* 35

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