PALOTAY GERTRUD: OSZMÁN-TÖRÖK ELEMEK A MAGYAR HÍMZÉSBEN / Bibliotheca Humanitatis Historica - A Magyar Nemzeti Múzeum művelődéstörténeti kiadványai 6. (Budapest, 1940)

PARTIE HISTORIQUE

— 71 — ce qu'il faul conclure de l'annexe d'une lellre écrite en 1604 par Ali, pacha de Bude, dans laquelle il fait 1'énuméralion de ses biens emportés par les soldats et les heidu­ques hongrois. 1 7 Panni les vétements em­portés avec d'autres ob jets de valeur, fi­gurenl aussi des caftans de diverses con­leurs, en satin et en taffetas, parmi lesquels se trouve un « caftan cn kamuka ä fteurs rouges et ä boutons dargent», et un tas de manches de caftan á part .... II y a aussi quelques vestes, on note ä propos de l'une d entre elles qu'elle est emproyée sous le dolman. Nous ne savons pas quelle espéce de vétement a pu étre le «kürdieh en satin vert double de peau de liévre blanche» et le «ferradsse » employ é en plusieurs cou­leurs. La signification du «venise» figurant sur nos inventaires du XVI e siécle et men­tionná ici également, est inconnue. Parmi les costumes d'homme il figure un « man­teau double de fourrure violacée, avec bou­tons en fit dor», en outre, un pantalon, et parmi les panlalons de toile, deux en taf­fetas et quelques panlalons blancs. L'énumé­ration des vétements de femme est intéres­sante: «Ferradsse rouge pour femme, bor­dé de satin jaune», diverses coiff es ornées de perles de tous les jours et un dolman de drap vert ä boutons dargent, un vétement de dessus en «éearlale» également de couleur verte, deux «Szag ah» (?) blancs également pour femme, voire aussi trois garnitures de «chemises et pantalons pour femmes». On mentionne aussi diverses ceintures et une chemise faite de «bybor jaune.» 1 8 La symbiose turco-hongroise, l'échange des biens culturels, sont mis en lumiére sous un jour intéressant par le fait qu'en mérne temps, et également par voie des pa­chas de Bude, des vétements lures ont passé en possession de gentilhommes hongrois aussi comme présen Is. De plus, on envoie de pareils présents jusqu' ä la cour de Vi­enne. danssa leltre datée de Bude en 1583, le pacha Ali éerit — en hongrois — ä l'empereur Rodolphe:» ... nous avons m'ain­lenant envoyé ä Votre Majesté du velours broché dor, pour deux habits, t un rouge l autre bleu.»™ Un autre pacha de Bude, ap­1 7 Magyar Nyelvőr, Année 42, p. 25—26. 1 8 Ii est remarquable qu'ici le lerme «bibor» (pourpre) désigne encore une matiére, oorame, dans un passé recent, on a conservé au Sárköz — avec beaucoup de traditions lurques — une signification pareille de ce mot: on appelait ainsi la toile fine (turque, mais adopté probablemenl par l'inlermé­diaire des Balkans) pareille ä la sada (toile de lin turque). La designation «éearlale» parait se rap­porter ici également ä une maliere. 1 9 Takáts-Eckhardl-Szekfü: A budai basák magyar nyelvű levelezése. (La correspondanee en langue hongroise de pachas de Bude.) I. Bpest, 1915, p. 278. 2 0 Takáts S.: A török hódoltság korából. (De lepoque de la domination turque). Bpest, sans date p. 518. pelé également Ali, envoie en 1606 a l'archi­duc Mathias un beau caflan broché d'or, 20 mais les pachas de Bude offraient souvent aussi aux conseillers de Vienne des «biens turcs précieux». Evlia Csel ebi mentionne également qu'un pacha a fait cadeau, aprés le diner, á un pacha envoyé chez lui en ambassade, et a sa suite, de 40 habits de gala. 2 1 Parmi les présents diplomatiques, c'est le caftan turc qui figure le plus souvent. Miklós Zrínyi, le héros de Szigetvár, a éga­lement recu des Turcs beaucoup de man­teaux de parade. 2 2 Lors de l'é ection du prince György Rákóczi jeune, a l'occasion de la íete d'installation d'usage qui était toujours organisée lors de la réception de Pathname confirmant l'élection, selon un témoin ocu­laire, le pacha, comme représentant de la Porte, aprés avoir présenté la lettre du sul­tan, offrit des caftans á György Rákóczi I er ainsi qu'au jeune. prince qiF «il coiff a en outre du bonnet orné de fii d'or envoyé par Pempereur.» 2 3 Farkas Bethlen qui en 1678 était en ambassade á Constantinople avec plusieurs grands seigneurs de Transylvanie, fut mé­content de l'accueil peu amical qui leur était fait de la part du grand vizir: «. . .011 ne nous offrit ni des szeges, ni des caftans» — dit-il dans sa lettre adressée aux siens. 24 II ressort clairement de cela que c'élait une coutume trés générale de faire cadeau de caf­tans, ou «la caftanation», comme les gen­tilhommes hongrois appelaient cet acte a Pépoque de la domination. Par occasion. István Báthory reyoit des habits de gala du sultan Selim, et en mé­rne temps 25 personnes de sa suite ont recu en cadeau des caflans. 2 5 Comme nous le savons, Thököly adopla les coutumes turques dans sa propre cour, et c'est surtout dans les contacts avec les Turcs qu'il tächait de se conformer ä leurs usages. «Jai caftané de mon propre man­teau l'agha Hassan, mon interpréte de la Porte qui me rendit visite — écrit-il — en le confirmant, pour ainsi dire pour l'avenir aussi, dans son interprétariat ä la Porte». 26 Cette donnée démontre clairement — 2 1 Karácson, Imre: Evlia Cselebi török világ­utazó magyarországi utazásai. 1660—1664-. (Voyages en Hongrie du globe-trotter turc, Evlia Cselebi, 1660—1664.) Bpest, 1904. vol. II. p. 128. 2 2 Takáts S.: op. c., p. 19. 2 3 Szilágyi, S.: Rajzok és tanulmányok (Dessins et éludes), L p. 238—244, cilé par I. Lukinich: A bethleni gróf Bethlen család története. (Histoire de la famille des comles Bethlen de Bethlen.) Bpest, 1927. p. 86. 2 4 Ibid. p. 347. 2 5 Szalay, László: Erdély és a porta. 1567—1578. (Transylvanie et la Porte.* 1567—1578). Pest, 1862. p. 20. 2 6 Mon. Hung. Hist. Scriplores. II vol. XV. p. 661.

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